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Traduction de la presse russe (juillet 2018) (69)
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Jeudi 20 juillet, un groupe de congressistes démocrates américains a exigé de convoquer pour un interrogatoire officieux la collaboratrice du département d’État américain Marina Gross, qui avait traduit la conversation entre Donald Trump et Vladimir Poutine à Helsinki.

Des congressistes US ont appelé à interroger la traductrice du Président américain quant aux pourparlers avec son homologue russe, ils voudraient également savoir quelles notes ont été prises par l'interprète pendant l'entretien. L'objectif consiste à savoir si Trump a fait des concessions majeures au profit de la Russie.

Le diplomate Dmitri Riourikov, qui a été pendant 7 ans assistant aux affaires internationales du Président russe Boris Eltsine et, à l'époque soviétique, avait participé à plusieurs pourparlers de Leonid Brejnev, d'Alexeï Kossyguine et d'Andreï Gromyko en tant que traducteur-interprète, se livre au quotidien Vzgliad:

«Je n'ai jamais entendu parler d'une telle pratique, que ce soit chez nous ou à l'étranger. En Occident, je pense, les règles sont les mêmes. Le fait même qu'un tel interrogatoire puisse avoir lieu est complètement scandaleux».

En général, dans la diplomatie russe et soviétique, les traducteurs étaient des collaborateurs du ministère des Affaires étrangères. Ils ne parlaient pas seulement bien les langues: ils avaient déjà fait leurs preuves.

Aux USA, le code professionnel exige des traducteurs-interprètes qu'ils respectent la confidentialité des pourparlers, mais le Congrès a le droit de convoquer Marina Gross pour une audience — à condition qu'elle se déroule à huis clos. Si la traductrice refusait, elle pourrait faire l'objet de poursuites judiciaires. Mais dans toute l'histoire des États-Unis, aucun interprète des chefs d'État n'avait encore jamais été interrogé au Congrès.

Évidemment, des notes sont prises pour faciliter la traduction. Mais il est impossible de prendre des notes détaillées lors d'un dialogue intense parce que la vitesse du dialogue dépasse la capacité de rédaction. Généralement, ces notes sont jointes à l'enregistrement officiel des pourparlers. Mais parfois l'interprète les emporte.

«Je serais incapable d'imaginer le ministre soviétique Andreï Gromyko me demander le contenu de la conversation qui venait d'avoir lieu, par exemple, avec le secrétaire général Leonid Brejnev. Par principe, le traducteur ne doit pas servir de source d'information à qui que ce soit», explique l'interlocuteur du journal.

Le chef de l'État doit avoir une totale confiance en son traducteur en tant que professionnel, et en son profil politique. L'interprète doit être parfaitement fiable du point de vue du dirigeant et des personnes qui le recommandent, conclut celui qui travaillait à l'époque comme l'interprète de Brejnev.

Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur de l'article repris d'un média russe et traduit dans son intégralité en français.

Dossier:
Traduction de la presse russe (juillet 2018) (69)

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Tags:
interprétation, diplomatie, scandale, Dmitri Riourikov, Marina Gross, Léonide Brejnev, Donald Trump, Boris Eltsine, Vladimir Poutine, Helsinki, URSS, États-Unis, Russie
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