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    L'adhésion de la Turquie aux Brics pourrait provoquer un «choc géopolitique»

    © Sputnik . Wladimir Astapkowitsch
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    Traduction de la presse russe (juillet 2018) (69)
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    L'association des pays, qui a été surnommée à l'époque le groupe des Brics, élargit de plus en plus son influence. A présent la Turquie exprime la volonté de rejoindre ce club, comprenant entre autres la Russie.

    Ankara (membre de l'Otan) a-t-il une chance d'adhérer aux Brics et quel serait l'effet géopolitique dans un tel scénario? L'analyse du quotidien Vzgliad.

    Le Président turc a fait part de sa volonté d'adhérer aux pays des Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud), a annoncé dimanche le quotidien Hürriyet Daily News.

    «Nous faisons partie du G20 avec ces cinq pays. Je voudrais qu'ils étudient les démarches nécessaires pour nous permettre de rejoindre ce groupe et prendre notre place dans les Brics», a déclaré le dirigeant turc. Et d'ajouter: «Si vous nous acceptez dans ce groupe, il s'appellera BRICST.» D'après le chef de l'Etat turc, les membres des Brics ont positivement réagi à cette proposition. «Notamment la Chine a déclaré qu'elle était favorable à l'élargissement», a poursuivi Recep Erdogan. D'après ce dernier, il existe un immense potentiel de partenariat dans le secteur économique, d'investissement et de projets de développement.

    Par ailleurs, la Turquie est loin d'être le seul pays à témoigner beaucoup d'intérêt au travail du groupe. Il y a quelques années, l'Argentine avait également exprimé son envie d'adhérer aux Brics, or il s'agit tout de même de la deuxième économie de l'Amérique du Sud.

    Mais pour l'instant tout reste à sa place. Y a-t-il une chance que la Turquie rejoigne ce club? Le fait qu'Erdogan ait été invité au 10e sommet annuel des Brics à Johannesbourg témoigne en faveur d'une telle possibilité.

    D'un autre côté, Vladimir Poutine lors de ce même sommet a déclaré que pour le moment l'élargissement des Brics n'était pas prévu. Sans pour autant écarter complètement cette éventualité. «Nous n'avons pas l'intention pour l'instant d'augmenter formellement le nombre des membres des Brics parce que les formats actuels montrent leur efficacité. Mais cela ne signifie pas que l'organisation est close et que les portes sont fermées. Tout simplement c'est une question qui ne se règle pas spontanément. Il faut l'analyser minutieusement», a déclaré le chef de l'Etat russe.

    Pour l'instant il n'existerait pas de compréhension claire des règles et des procédures d'élargissement des Brics, quelles sont les exigences pour un nouveau membre et quelles sont ses obligations.

    Sur le plan géopolitique, aucun pays de la région n'est capable de remplacer la Turquie, c'est pourquoi l'adhésion d'Ankara au groupe avec un axe Russie-Chine serait un sérieux choc géopolitique pour l'Europe et les USA, selon le journal.

    Qu'est-ce que le groupe des Brics? Son objectif géopolitique consiste à créer un ordre mondial multipolaire pour faire contrepoids au monde unipolaire avec les Etats-Unis en tête. Ce n'est pas une histoire sur l'économie intérieure de chaque pays à part, c'est une tentative des pays émergents de se faire entendre sur la scène mondiale, de diversifier les liens économiques extérieurs et d'attirer les investissements supplémentaires.

    Pour faire contrepoids au FMI et à la Banque mondiale, dont se servent les USA et l'UE pour renforcer leur influence sur les autres pays, les Brics ont déjà créé leurs propres structures — la banque de développement et le pool des réserves de change.

    Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur de l'article repris d'un média russe et traduit dans son intégralité en français.

    Dossier:
    Traduction de la presse russe (juillet 2018) (69)

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    Tags:
    choc, adhésion, BRICS, Turquie
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