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    Recep Tayyip Erdogan et Vladimir Poutine

    Quand la pression US renforce l'alliance entre la Russie, la Turquie et l'Allemagne

    © Sputnik . Sergey Guneev
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    Kommersant
    Traduction de la presse russe (août 2018) (69)
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    Les sanctions décrétées par les Etats-Unis contre la Russie et la Turquie, ainsi que les taxes douanières contre l'Union européenne, ont lancé le processus de rapprochement politique dans le triangle Moscou-Ankara-Berlin.

    Mardi, dans la capitale turque, le ministre russe des Affaires étrangères et son homologue turc Mevlüt Cavusoglu avaient fait preuve d'entente sur pratiquement toutes les questions (la Syrie y compris) en critiquant la politique de Washington qui, selon eux, effrayait toute l'Europe, écrit le journal Kommersant. En fin de semaine déjà Vladimir Poutine rencontrera à Berlin Angela Merkel, qui avait soutenu la veille la Turquie, où la livre s'est effondrée à cause du conflit avec Washington. Alors qu'en septembre prochain le Président turc se rendra à Berlin.

    C'est la cinquième rencontre de Sergueï Lavrov avec Mevlüt Cavusoglu cette année. La Turquie a organisé cette réunion à Ankara de telle sorte qu'il ne reste plus aucun doute: les relations avec Moscou sont réellement prospères.

    Sur fond de dernières querelles et guerres commerciales entre Washington et Ankara, qui sont des alliés dans le cadre de l'Otan, ce virage en direction de la Russie ne ressemble pas à un hasard. Le ministre russe a particulièrement remercié Ankara pour ne pas avoir adhéré aux sanctions contre Moscou.

    Alors que de son côté Mevlüt Cavusoglu a laissé entendre qu'un compromis était possible même concernant la province syrienne d'Idlib — une question suscitant des différends profonds entre Ankara et Damas.

    Outre la Syrie, les deux ministres ont accordé beaucoup d'attention aux Etats-Unis, qui ont offensé par leurs sanctions tant bien Moscou qu'Ankara. Les idées des diplomates étaient similaires à ce sujet.

    Sergueï Lavrov a décrit les agissements de Washington comme une «aspiration à dominer partout et dans tout, à dicter la politique, à commander la musique dans les affaires mondiales sans se concerter avec qui que ce soit afin d'obtenir des avantages sur les marchés mondiaux, des profits unilatéraux pour ses entreprises». «En punissant notamment leurs alliés», a noté le chef de la diplomatie russe en faisant allusion à la Turquie. Et de poursuivre: «Cette politique ne peut pas servir de base pour un dialogue normal. Les sanctions sont illégales et sapent tous les principes du commerce mondiale.» Sans oublier la monnaie américaine — l'abus du rôle du dollar pourrait entraîner sa chute, de plus en plus de pays renonceront au dollar, explique le ministre.

    Son homologue turc a poursuivi en disant que les sanctions américaines ne préoccupaient seulement les pays qu'elles visaient. «Tout le monde est inquiet par les sanctions. Notre président (Recep Erdogan) a déclaré à Trump qu'un tel comportement était incorrect et inapproprié.» Et d'ajouter que les restrictions énervent déjà l'UE qui sait qu'«aujourd'hui c'est la Turquie qui a été frappée, mais que demain n'importe quel autre pays européen pourrait se retrouver à sa place».

    Et ce samedi 18 août, Angela Merkel recevra le Président russe en Allemagne. D'après le porte-parole du chef de l'Etat russe Dmitri Peskov, il s'agit d'une «remise des pendules à l'heure sur les plus importants problèmes: les questions internationales, l'Ukraine, la Syrie, les restrictions auxquelles sont confrontés les différents pays et leurs conséquences.» Les deux dirigeants évoqueront notamment le gazoduc Nord Stream 2, maintes fois critiqué par les autorités américaines.

    Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur de l'article repris d'un média russe et traduit dans son intégralité en français.

    Dossier:
    Traduction de la presse russe (août 2018) (69)

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    Tags:
    alliance, sanctions, pressions, Recep Tayyip Erdogan, Vladimir Poutine, Angela Merkel, Mevlut Cavusoglu, Sergueï Lavrov, États-Unis, Syrie, Idlib, Allemagne, Russie, Turquie
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