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    Exercices militaires russes

    La Russie et les USA disent NON à l'interdiction des robots tueurs

    © Sputnik . Sergey Pyatakov
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    Kommersant
    Traduction de la presse russe (septembre 2018) (34)
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    Les États qui souhaitaient interdire les systèmes d'armes létales autonomes - ou robots tueurs - n'ont pas réussi à obtenir le mandat de l'Onu pour élaborer un accord international juridiquement contraignant en la matière.

    Tel est le bilan des négociations qui se sont achevées à Genève sur la plateforme de la Convention sur certaines armes classiques (CCAC). Les délégations de 88 pays ont participé aux négociations menées à Genève sous l'égide de l'Onu. Les consultations sur l'avenir des systèmes d'armes létales autonomes (SALA) ont commencé le 27 août et devaient s'achever le 31 août, écrit mardi le quotidien Kommersant. Cependant, vendredi à 18 heures, le diplomate indien Amandeep Gill, président du Groupe d'experts gouvernementaux, a dû prendre des mesures extrêmes: comme les délégués ne parvenaient pas à mettre au point la déclaration finale afin d'éviter l'échec de l'événement, il a annoncé un «gel du temps». Les participants n'ont finalement réussi à trouver les formulations acceptables pour la majorité que dans la matinée de samedi.

    L'initiative d'interdire les robots tueurs entièrement autonomes (il est question de différents armements, des drones aux chars en passant par la défense antiaérienne) a été avancée par plusieurs États, notamment l'Autriche, l'Argentine, le Brésil, la Bolivie et le Vatican. Au total, 26 pays soutiennent actuellement l'idée de l'interdiction. La Russie n'en fait pas partie. Selon les analystes de la société américaine Markets and Markets, le marché mondial des technologies d'intelligence artificielle (IA) militaires en 2017 s'élevait à 6,26 milliards de dollars. Les experts supposent que d'ici 2025, ce chiffre atteindra 18,82 milliards de dollars.

    Les partisans de l'interdiction des robots tueurs espéraient que cette troisième réunion de Genève permettrait d'attribuer au Groupe d'experts internationaux un mandat pour élaborer un accord international juridiquement contraignant. La Russie a préalablement fait comprendre qu'elle bloquerait cette proposition. Le ministère russe des Affaires étrangères explique que le scepticisme de Moscou est dû à plusieurs facteurs. «Premièrement, il faut savoir qu'il s'agit d'un matériel qui n'existe pas encore réellement. Les notions en sont encore très superficielles et théoriques. Il y a de sérieuses difficultés même pour élaborer une version de travail de la définition du terme SALA», souligne le ministère russe.

    Deuxièmement, le ministère pointe les «difficultés liées à la séparation nette entre les élaborations civiles et militaires dans le domaine des systèmes d'armes autonomes». Troisièmement, il nourrit «de sérieux doutes concernant l'insuffisance de la base juridique pour la régulation des SALA que mettent en avant les États et les ONG radicalement orientés». «Le droit international (y compris sa partie humanitaire) s'applique parfaitement au SALA et n'a pas besoin d'être modernisé ou adapté à des systèmes qui n'existent pas encore», affirme le ministère russe des Affaires étrangères.

    Mais la réunion de Genève n'a pas été complètement vaine. Les délégués sont convenus d'une dizaine de principes potentiels pouvant servir de base à une approche des SALA par la communauté internationale. Ils ont notamment proposé que toutes les élaborations dans le domaine de l'IA à usage militaire soient menées conformément au droit humanitaire international, et que dans tous les cas l'homme devra assumer la responsabilité de l'usage de tels systèmes.

    Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur de l'article repris d'un média russe et traduit dans son intégralité en français.

    Dossier:
    Traduction de la presse russe (septembre 2018) (34)

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    Tags:
    robot, armée, États-Unis, Russie
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