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    Le gouvernorat d'Idlib. Photo d'archive

    Le sommet Russie-Turquie-Iran décidera du sort de la province syrienne d'Idlib

    © REUTERS / Khalil Ashawi
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    Kommersant
    Traduction de la presse russe (septembre 2018) (33)
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    Mercredi 5 septembre, le ministère russe de la Défense a confirmé que c'étaient bien des avions russes qui avaient lancé une série de frappes dans la province syrienne d'Idlib. Le bombardement a eu lieu après trois semaines de trêve et de consultations diplomatiques intenses sur l'avenir de cette province.

    Le plan de l'opération militaire d'Idlib devrait être validé vendredi 7 septembre, par les Présidents de la Russie, de la Turquie et de l'Iran au sommet de la «troïka d'Astana» à Téhéran, écrit jeudi le quotidien Kommersant.

    Le ministère russe a officiellement confirmé les frappes portées contre Idlib le 4 septembre, précisant qu'elles avaient pour cible les entrepôts de drones des terroristes. «Toutes les frappes de l'aviation russe ont été portées uniquement contre des sites terroristes, identifiés et confirmés par plusieurs sources, et éloignés des zones d'habitation», a déclaré mercredi le porte-parole du ministère russe de la Défense Igor Konachekov. Et d'ajouter que depuis un mois, 47 drones avaient été détruits dans les environs de la 555e base aérienne russe de Hmeimim.

    Selon une source du commandement militaire, des bombardiers Su-34 ont lancé des bombes aériennes sur une usine où les terroristes du Front al-Nosra* fabriquaient des drones, et sur un entrepôt avec des explosifs qui servaient à armer ces appareils. Par ailleurs, un Su-35S a détruit avec une bombe guidée un entrepôt où étaient stockés des lance-roquettes antiaériens portatifs des terroristes.

    La source précise que ces frappes ne doivent pas être considérées comme le début d'une opération militaire dans la province d'Idlib: il s'agissait d'une réaction aux provocations liées au lancement de drones dans la région de la base aérienne russe. «Les détails de l'opération militaire doivent être convenus par les Présidents de la Russie, de la Turquie et de l'Iran pendant leur rencontre à Téhéran. Aucune action militaire directe ne devrait avoir lieu avant cela», affirme une autre source militaro-diplomatique haut placée. Par ailleurs, la Syrie a pratiquement terminé le rassemblement de l'artillerie lourde aux frontières d'Idlib, et les conseillers militaires russes se préparent à coordonner le début de l'opération.

    Le sommet des trois Présidents aura lieu vendredi. A Téhéran, Vladimir Poutine participera également à trois rencontres bilatérales: avec le guide spirituel et dirigeant iranien l'ayatollah Ali Khamenei, avec Hassan Rohani et Recep Tayyip Erdogan.

    Le plan de compromis sur l'avenir d'Idlib, qui pourrait être validé par les trois dirigeants, est apparu dans les médias arabes en juillet. Il est question du fait que les autorités syriennes pourraient reprendre le contrôle non pas du «grand Idlib» mais d'une partie de cette région, notamment des provinces de Lattaquié et de Hama, et que le reste soit contrôlé par la Turquie et l'opposition armée.

    Selon Fateh Hassoun, l'un des leaders de l'opposition armée syrienne, outre les échanges territoriaux les trois Présidents pourraient trouver «d'autres compromis». «La responsabilité du nettoyage d'Idlib des terroristes pourrait revenir à Ankara, la Russie pourrait accepter que les Turcs contrôlent temporairement ces régions à condition que les drones ne menacent pas la base aérienne de Hmeimim», analyse-t-il. D'après lui, les trois pays pourraient créer un centre commun pour coordonner les missions de renseignement et les opérations ponctuelles contre les terroristes, suppose le journal.

    *Organisation terroriste interdite en Russie

    Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur de l'article repris d'un média russe et traduit dans son intégralité en français.

    Dossier:
    Traduction de la presse russe (septembre 2018) (33)

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    Tags:
    sommet, Idlib, Turquie, Iran, Syrie, Russie
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