Ecoutez Radio Sputnik
    Sur les causes et les éventuelles conséquences des sanctions US contre la Chine

    Sur les causes et les éventuelles conséquences des sanctions US contre la Chine

    © REUTERS / Thomas Peter
    Lu dans la presse
    URL courte
    Izvestia
    Traduction de la presse russe (septembre 2018) (49)
    5113

    La Chine est le premier pays visé par des restrictions américaines dans le cadre de la loi «sur la lutte contre les adversaires de l'Amérique par les sanctions» (CAATSA) de 2017 pour avoir acheté des armements russes.

    Les sanctions US dirigées contre la direction pour le développement de l'équipement de la Commission militaire centrale de la Chine et son responsable Li Shangfu découlent de la fourniture de chasseurs russes Su-35S à la Chine, rappelle Izvestia.

    La loi «sur la lutte contre les adversaires de l'Amérique par les sanctions» CAATSA permet de décréter les sanctions contre les pays procédant à des «transactions conséquentes» avec le bloc militaire (y compris militaro-industriel) et de renseignement du gouvernement russe ou des structures agissant dans leur intérêt.

    Cependant, en l'occurrence, la cause de ces sanctions contre la Chine a été très mal choisie par les Américains. La CAATSA est appelée à empêcher les nouvelles transactions impliquant les armes russes pour influencer le choix des pays importateurs. Mais le contrat pour l'achat de deux régiments de systèmes antiaériens S-400 en Chine a été signé en 2014, et celui pour 24 chasseurs Su-35S en 2015, quand la CAATSA n'existait pas encore.

    D'après l'agence russe d'exportation d'armements Rosoboronexport, les armes russes sont exportées dans 70 pays. Les contrats d'armements sont presque toujours à très long terme à cause de la complexité technique et du long cycle de production des armements contemporains. Plusieurs années s'écoulent généralement entre la signature du contrat et la fourniture finale des armements complexes.

    GNL, image d`illustration
    © Sputnik . Evgeny Odinokov

    La punition de la Chine pour les contrats d'armement conclus avec la Russie avant l'adoption de la loi CAATSA signifie que les sanctions peuvent désormais être décrétées contre toute détenteur d'armements russes qui continue de dépendre des fournitures de produits ou de services russes dans le cadre des accords conclus par le passé.

    Même sous sa forme initiale, la CAATSA incarnait une idée très contestable. En fait, les USA exigeaient que des dizaines de pays sacrifient gratuitement leur propre souveraineté dans le choix des partenaires militaro-techniques. Or c'est justement dans ce secteur que les États sont enclins à défendre le plus fermement leur souveraineté.

    A en juger par la réaction du ministère chinois de la Défense, les sanctions américaines ont été perçues comme une moquerie formelle — ce qu'elles sont en effet. La seule explication rationnelle des sanctions antichinoises est que les USA cherchent simplement un prétexte pour adopter de nouvelles sanctions contre la Chine dans la guerre commerciale déjà en cours, faire pression sur le secteur chinois des hautes technologies (l'attaque contre la compagnie ZTE), etc. La coopération de Pékin avec la Russie n'est qu'un prétexte.

    L'inscription de la direction du développement de l'équipement sur la liste des sanctions ouvre la voie à un élargissement incontrôlé des sanctions secondaires contre un grand nombre d'autres compagnies chinoises travaillant essentiellement dans le secteur des hautes technologies.

    Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur de l'article repris d'un média russe et traduit dans son intégralité en français.

    Dossier:
    Traduction de la presse russe (septembre 2018) (49)

    Lire aussi:

    L'Inde et la Russie se préparent à contourner les sanctions américaines
    Un ex-diplomate US s’exprime sur les conséquences indésirables des sanctions antirusses
    Le Pentagone sera-t-il autorisé à contourner les sanctions antirusses?
    Règles de conduiteDiscussion
    Commenter via FacebookCommenter via Sputnik