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Traduction de la presse russe (janvier 2019) (25)
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Les messages incohérents des États-Unis concernant leurs actions à venir dans le nord-est de la Syrie provoquent la colère de leurs alliés au sein de l’Otan, écrit le quotidien Nezavissimaïa gazeta.

La visite à Ankara de John Bolton, conseiller à la sécurité nationale de la Maison-Blanche, et de Joseph Dunford, chef d'état-major des armées des États-Unis, n'a pas dissipé l'inquiétude des autorités turques concernant l'avenir du nord-est de la Syrie, selon le quotidien Nezavissimaïa gazeta.

Le projet d'évacuation des troupes américaines de Syrie, annoncé récemment par Donald Trump, serait visiblement revu. Washington réfléchit non seulement aux délais du retrait, mais aussi à la protection des zones où se trouvent les instructeurs américains. Selon John Bolton, «les USA ne quitteront pas la Syrie sans garanties de sécurité des Kurdes syriens», leurs «alliés fidèles dans la lutte contre Daech*».

Ces accusations de persécution des Kurdes ont provoqué l'ire des autorités turques. La position de ces dernières est tout à fait compréhensible: les propos de John Bolton indiquent que Washington doute qu'il faille en réalité abandonner le nord-est de la Syrie. Suite à cette dispute indirecte avec ce représentant de l'administration américaine, Recep Tayyip Erdogan a tout simplement renoncé à s'entretenir avec lui à Ankara.

Les autorités turques espéraient visiblement que les Américains leur transfèrent leurs bases syriennes après leur retrait du pays. Le sort de la ville syrienne de Manbij, qui pourrait faire l'objet d'une nouvelle opération de la Turquie, reste également incertain.

«Il est difficile d'établir les motivations de cette annonce de Donald Trump: soit il s'agit d'une initiative populiste qui se heurte actuellement à la réalité dure et à la position de l'establishment militaire et politique américain, soit d'une ruse visant à intensifier les contacts entre les acteurs impliqués et à sonder leurs réactions, explique Anton Mardassov, expert du Conseil russe des affaires internationales. Recep Tayyip Erdogan a clairement fait monter la mise en annonçant une nouvelle opération, et Donald Trump a voulu atténuer les tensions en intensifiant les contacts turco-américains, mais on a l'impression que personne ne sait pour le moment ce qu'il faut faire avec le nord-est de la Syrie».

L'expert ajoute que le scénario de transformation de ces territoires en protectorat de la Turquie se heurte à la volonté de Damas de reprendre les gisements locaux de pétrole et à celle des Kurdes d'y rester: «Ce scénario suscite l'opposition d'autres forces régionales, notamment de l'Arabie saoudite, des Émirats arabes unis et de l'Égypte. Elles s'opposent au renforcement non seulement de l'Iran, mais aussi de la Turquie sur le territoire syrien. Encore plus important: les Turcs-mêmes ne sont pas prêts à un tel scénario car il faut beaucoup de ressources pour contrôler ce territoire, et la volonté de céder définitivement Idlib pour évacuer l'opposition syrienne à l'est du pays».

*Organisation terroriste interdite en Russie

Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur de l'article repris d'un média russe et traduit dans son intégralité en français.

Dossier:
Traduction de la presse russe (janvier 2019) (25)

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Tags:
base militaire, Kurdes, John Bolton, Recep Tayyip Erdogan, Donald Trump, États-Unis, Turquie, Syrie
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