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    Nouvelle plainte contre Booking.com pour sa politique de parité tarifaire

    © Sputnik . Grigory Sysoev
    Lu dans la presse
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    Kommersant
    Traduction de la presse russe (février 2019) (28)
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    Le service de réservation d'hôtel en ligne Booking.com profite de sa position de monopole pour imposer aux propriétaires d'hôtel sa politique de parité tarifaire, estime l'organisation russe Opora Rossii, qui a déjà déposé une plainte à ce sujet au Service fédéral antimonopole de Russie (FAS).

    L'intervention du Service fédéral antimonopole de Russie pourrait s'avérer bénéfique pour les hôtels dans l'affaire de Booking.com, mais risque de compliquer le travail de ce dernier et d'autres services de réservation pour qui la parité tarifaire est généralement bénéfique, écrit le quotidien Kommersant

    «La clause de parité tarifaire imposée par Booking.com lors de la signature de contrats avec les hôtels et les auberges de jeunesse est contraire à la législation antimonopole», affirme la lettre d'Opora Rossii envoyée au directeur du FAS Igor Artemiev. Le service de presse du FAS a confirmé la réception de cette lettre, en précisant qu'elle serait examinée dans les délais établis. Booking.com n'avait pas répondu à nos questions au moment de la publication de cet article.

    La clause de parité tarifaire inscrite dans les contrats avec les hôtels permet à Booking.com de garantir aux utilisateurs le meilleur prix, dans le sens où il est impossible de trouver des tarifs plus bas pour des chambres similaires avec les mêmes dates de séjour et conditions de réservation, indique le communiqué d'Opora Rossii.

    En cas d'infraction, l'hôtel descend dans le classement général du tri et la dynamique de réservation diminue. En cas d'infractions systémiques, Booking.com rompt sa coopération avec l'hôtel en question.

    Il s'avère qu'en même temps, le tarif inclut la commission de l'opérateur, dont le montant minimal atteint 15%. «Et les hôtels ne peuvent pas vendre les chambres moins cher sur leurs propres sites», déplore Opora Rossii.

    Mais la rupture de la coopération avec Booking.com est également problématique pour les hôtels. D'après le service Travelline, en 2018 il représentait 67,6% du total de la demande.

    Cette part, selon Opora Rossii, fait de Booking.com un monopole sur le marché russe. Par conséquent, stipule la lettre, l'activité de cette compagnie doit être régulée par la loi sur la protection de la concurrence.

    La parité tarifaire est pratiquée par tous les services de réservation d'hôtel en ligne, mais ces derniers se sont refusés à tout commentaire officiel. Officieusement, ils disent que certains pays adoptent des restrictions législatives, après lesquelles cette clause a été rayée des contrats — par exemple en Géorgie. L'un des interlocuteurs reconnaît que cette politique accroît la compétitivité sur le marché. L'existence de la parité, selon un autre acteur du marché de réservation d'hôtels en ligne, à la fois complique et facilite le travail.

    «D'un côté, les hôtels ne peuvent pas afficher des offres plus bénéfiques par rapport à d'autres services de réservation et les publier sur leur propre site. De l'autre, grâce à la parité tarifaire, chaque système de réservation peut appliquer un programme de meilleur tarif», explique-t-il.

    Le service Tvil.ru indique qu'actuellement l'activité de Booking.com ne crée pas d'obstacles au développement de plateformes alternatives: les propriétaires d'hôtel préfèrent publier leurs offres sur plusieurs services.

    Un autre représentant du marché hôtelier doute que la régulation de la politique de Booking.com permette de réduire significativement sa part sur le marché russe.

    Ce n'est pas la première fois que le secteur touristique russe se plaint de Booking.com. En 2015, l'agence touristique OnlineTur.ru avait déjà saisi le FAS au sujet de l'imposition de la parité tarifaire, sans que le Service fédéral antimonopole ne décèle aucune infraction dans le travail du service. Au printemps 2018, le directeur de l'opérateur touristique SvoïTS, Sergueï Voïtovitch, a suggéré au ministère de la Culture de restreindre le travail de Booking.com dans le contexte des sanctions antirusses. Le ministère, tout comme l'agence Rostourism, s'était opposé à une telle interdiction.

    Mais aujourd'hui les chances de la communauté touristique sont plus grandes, estime Opora Rossii. L'organisation se réfère à l'expérience internationale: les régulateurs de l'Italie, de la Belgique de la République tchèque, de la France et de la Suède se sont déjà opposés à la clause de parité tarifaire. Mais une source du marché touristique explique que même en cas de restrictions, Booking.com pourrait garantir les meilleurs tarifs:

    «Le service dispose d'autres outils de pression commerciale, par exemple en menaçant de ne pas inclure les hôtels dans les sélections spéciales dont tout le monde voudrait faire partie.»

    Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur de l'article repris d'un média russe et traduit dans son intégralité en français.

    Dossier:
    Traduction de la presse russe (février 2019) (28)

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    Tags:
    parité tarifaire, plainte, hôtel, tourisme, Booking.com, Russie
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