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    Département du Trésor américain

    Voici ce qui pousse la Russie à se débarrasser de ses parts dans la dette américaine

    © AFP 2019 PAUL J. RICHARDS
    Lu dans la presse
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    Gazeta.ru
    Traduction de la presse russe (mars 2019) (34)
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    Moscou réduit encore ses investissements dans les obligations publiques des États-Unis.

    En mars 2019, la Russie a de nouveau réduit sa part dans les bons du Trésor américains, indique le site d'information Gazeta.ru. Déjà en 2018, ses investissements n'avaient cessé de se réduire pendant presque toute l'année. La Chine reste le principal détenteur d'obligations américaines.

    Selon les données du ministère américain des Finances, la Russie a encore réduit ses investissements dans les obligations publiques des États-Unis en janvier. Le volume des titres américains sur les comptes de Moscou a atteint 13,18 milliards de dollars — 6,32 milliards de dollars d'obligations à long terme et 6,85 milliards d'obligations à court terme — en baisse de 36 millions de dollars par rapport à décembre.

    La Russie avait déjà considérablement réduit sa part dans la dette publique des États-Unis en 2018. Ainsi, ses investissements avaient chuté de 96,1 milliards de dollars à 48,7 milliards en avril, puis à 14,9 milliards en mai. De mars à mai 2018, Moscou s'est ainsi séparé de 80 milliards de dollars d'obligations américaines. En résultat, la Russie a quitté la liste des 33 principaux pays détenteurs de la dette publique des États-Unis.

    Le sénateur russe Alexeï Pouchkov a souligné en juillet 2018 que la réduction des investissements russes dans la dette américaine limitait considérablement la vulnérabilité de Moscou face aux nouvelles sanctions éventuelles des États-Unis dans le domaine financier.

    Les investissements russes dans la dette américaine ont un peu augmenté vers la fin de l'année dernière, mais les experts ne l'ont analysé que comme une manipulation technique: la Russie a augmenté ses investissements de 400 millions de dollars, de 12,81 milliards en novembre à 13,21 milliards en décembre. Les investissements russes dans ces titres avaient dépassé 150 milliards de dollars en 2013.

    Qui plus est, les réserves de change de la banque de Russie se chiffraient à 475 milliards de dollars en février 2019. Cela dépasse considérablement le total de la dette publique russe (453 milliards de dollars) et représente près du triple des standards fixés par le FMI.

    La part de l'or est passée à 90 milliards de dollars, soit 18% du total des réserves de la Banque centrale de Russie — contre 17,7% au début de l'année 2018. L'augmentation de la part de l'or dans les réserves s'inscrit dans le cadre d'une stratégie de réduction de la dépendance envers le dollar américain.

    La Chine reste le principal détenteur de la dette américaine, et ses investissements n'ont fait que progresser au cours du premier mois de l'année: 1.127 milliards de dollars contre 1.124 milliards en décembre.

    La deuxième position revient au Japon avec 1.070 milliards de dollars, suivi par le Brésil (305,1), la Grande-Bretagne (271,6) et l'Irlande (270,1). Le top-10 des détenteurs de bons du Trésor américain comprend également la Suisse, le Luxembourg, les îles Caïmans, Hong Kong et la Belgique.
    Le volume total des investissements non-américains dans ces titres a augmenté en janvier de 42 milliards de dollars pour atteindre 6 307,2 milliards de dollars. Les gouvernements et les banques centrales des États étrangers détiennent 3 950 milliards de dollars d'obligations américaines.

    Les titres publics américains appartiennent également à des personnes physiques et morales étrangères, ainsi qu'à des fondations, des entreprises ou des investisseurs privés. Les ventes d'obligations permettent au gouvernement américain de réguler les dépenses publiques en cas de déficit budgétaire.

    Moscou n'envisage pas de se débarrasser complètement des obligations publiques des États-Unis. Les bons du Trésor américains sont considérés comme les titres les plus fiables sur le marché financier international — bien qu'on ne puisse pas dire la même chose de leur rendement.

    La dette publique américaine a atteint en février son record absolu de 22.012 milliards de dollars. Elle s'était chiffrée à 21.900 milliards de dollars à la fin de l'année 2018, soit une croissance de 2.000 milliards de dollars depuis l'investiture de Donald Trump en tant que Président américain en 2017, rapporte CNN.

    Le département budgétaire du Congrès américain a ajouté que la dette publique avait atteint 78% du PIB à la fin de l'année 2018 — un résultat inédit depuis 1950. L'élimination de la dette publique était l'une des promesses électorales de Donald Trump.
    Cette croissance rapide s'explique notamment par la réforme fiscale de 2018, qui a coûté environ 1.500 milliards de dollars au budget américain, et par la hausse des dépenses militaires.

    Certains médias ont déjà évoqué la probable faillite des États-Unis à cause de leurs énormes dépenses militaires. Ainsi, le magazine CounterPunch affirme que «le complexe militaro-industriel, ainsi que le gouvernement corrompu et les fonctionnaires peu compétents, [enfonçaient] le pays dans l'abîme de la dette».

    Surtout, l'utilité de certaines dépenses soulève des questions. Ainsi, l'enquête Open the Governement révèle l'acquisition de services en porcelaine pour les établissements gouvernementaux pour un total de 53.000 dollars. 

    Le gouvernement américain dépense beaucoup plus d'argent qu'il n'en reçoit à l'aide des impôts, ce qui l'oblige à contracter des emprunts colossaux auprès d'autres pays, explique le magazine. Ces fonds servent à financer les institutions publiques et les dépenses militaires au lieu des projets sociaux. En résultat, la dette nationale augmente de 32 millions de dollars par heure aux USA. 

    Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur de l'article repris d'un média russe et traduit dans son intégralité en français.

    Dossier:
    Traduction de la presse russe (mars 2019) (34)
    Tags:
    dette publique, investissements, obligations, Département du Trésor américain, Alexeï Pouchkov, Donald Trump, Chine, Russie, États-Unis
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