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    Un sous-marin de type 212A

    «La flotte sous-marine de l'Allemagne sort de son coma»

    CC BY 2.0 / Bundeswehr/B.Wilke
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    Nezavissimaïa gazeta
    Traduction de la presse russe (avril 2019) (19)
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    Trois sous-marins allemands non nucléaires viennent d'être mis en service simultanément: une première pour la marine du pays depuis 2010.

    La mise en service de trois sous-marins allemands est un événement qui est loin d'être ordinaire car malgré l'exigence du ministère de la Défense de maintenir en permanence 3 à 4 sous-marins en état opérationnel, il y a encore peu de temps les six bâtiments du projet 212A construits entre 1998 et 2015 étaient hors service et nécessitaient des réparations, écrit le quotidien Nezavissimaïa gazeta.

    Grâce à l'allocation de fonds supplémentaires, la réparation des sous-marins U-36, U-33 et U-31 a été accélérée et ils ont déjà repris du service: le U-36 participe aux exercices Joint Warrior, le U-33 participe aux exercices communs avec la flotte norvégienne et le U-31 assure la permanence en mer Baltique.

    Les gros travaux s'achèvent sur le U-34, le U-32 sera en cale sèche d'ici la fin de l'année et le U-35 se prépare pour la maintenance. Ce dernier a récemment percuté un rocher lors d'une manœuvre au large de la Norvège, ce qui a endommagé ses gouvernails.

    D'après la Bundeswehr, en 2017 le parc de la marine disposait de six sous-marins non nucléaires, mais pratiquement tous étaient en maintenance ou en phase de modernisation. Selon les représentants de la flotte, l'état non opérationnel de ces sous-marins était dû à la suspension des fournitures de pièces détachées à cause des coupes budgétaires. Au lieu d'en acheter, il avait les fallu prélever sur d'autres sous-marins.

    L'Allemagne fait autorité en matière de construction sous-marine, même si elle ne dispose pas de flotte sous-marine nucléaire. L'efflorescence de la flotte sous-marine allemande date de la première moitié du XXe siècle, et la construction sous-marine allemande a connu un nouvel élan dans les années 1970.

    Après la Guerre froide, l'Allemagne est devenue l'un des leaders en matière de construction de sous-marins non nucléaires. Les bâtiments du projet 212A à propulsion anaérobie avec des piles à combustible ont littéralement marqué une révolution dans la construction sous-marine et ont permis non seulement d'accroître le potentiel opérationnel de la marine allemande, mais également de renforcer les positions de Berlin sur le marché mondial du matériel et des armements navals.

    Les nouveaux sous-marins, exempts de la nécessité de refaire régulièrement surface afin de recharger leurs batteries, peuvent rester plus longtemps sous l'eau, ce qui a amélioré leur furtivité et leur a permis de remplir plus efficacement leurs missions: l'action dans la zone maritime proche et lointaine, le contrôle des communications maritimes, la reconnaissance, la formation d'un bouclier contre les attaques d'un ennemi potentiel et la participation aux exercices à l'étranger.

    Cependant, le haut niveau de technologie de ces sous-marins a joué un mauvais tour aux sous-mariniers allemands: en réduisant le financement de l'achat de pièces détachées et de la maintenance, il s'est avéré très difficile d'assurer le niveau opérationnel élevé de ces requins d'acier. Au final, pendant une certaine période, la marine allemande s'est retrouvée de facto sans flotte sous-marine.

    Aujourd'hui le financement de la Bundeswehr est reparti à la hausse, sachant que Berlin s'est engagé à augmenter ses dépenses militaires jusqu'à 1,5% du PIB d'ici 2024. En 2018, le budget militaire du pays s'élevait à 39 milliards d'euros, contre presque 43 milliards en 2019, soit 1,2% du PIB. S'il augmentait jusqu'à 2% du PIB, comme l'exige le principal allié de l'Allemagne au sein de l'Otan — les États-Unis — les dépenses pour la défense représenteraient pratiquement le double. L'an dernier, le budget militaire allemand a déjà dépassé celui de la France.

    A l'avenir, la Bundeswehr pourrait donc être dotée de plus de 60 milliards d'euros. La marine allemande pourrait avoir besoin d'un financement supplémentaire pour l'achat de pièces détachées et la maintenance, mais pas seulement: l'entretien des effectifs coûte également une somme conséquente. Les salaires des militaires allemands sont relativement élevés, et les sous-mariniers bénéficient de différentes primes.

    Par ailleurs, selon les experts, le principal problème de l'armée allemande aujourd'hui est que le gouvernement du pays ne juge pas nécessaire de développer ses forces armées, flotte sous-marine y compris. Contrairement à d'autres États membres de l'Otan, les Allemands pensent — et les sondages des médias auprès des fonctionnaires gouvernementaux le confirment — qu'il n'existe pas de menace émanant de la Russie comme l'affirme l'Otan, et que Moscou n'est pas un ennemi potentiel de Berlin.

    Dans le même temps, l'industrie navale allemande travaille activement sur le marché des armements. La compétitivité des sous-marins était traditionnellement élevée, mais avec l'apparition de sous-marins anaérobies l'intérêt pour les produits des constructeurs navals allemands n'a fait que grandir. Actuellement, des sous-marins non nucléaires allemands à propulsion anaérobie sont en service dans la marine non seulement de l'Allemagne, mais également de l'Italie, d'Israël, du Portugal, de la Turquie et de la Corée du Sud. Et d'autres pays du monde s'y intéressent également.

    Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur de l'article repris d'un média russe et traduit dans son intégralité en français.

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    Traduction de la presse russe (avril 2019) (19)

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    Tags:
    mise en service, sous-marins, guerre froide, Bundeswehr, ministère allemand de la Défense, OTAN, Allemagne, Russie
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