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    A la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine dans l'Aube

    Une réduction brusque du nucléaire mettrait en péril la sécurité énergétique mondiale

    © AFP 2019 ALAIN JULIEN
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    Traduction de la presse russe (mai 2019) (13)
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    L'Agence internationale de l'énergie (AIE) a averti qu'une réduction brusque des capacités du secteur énergétique nucléaire mettrait en péril les objectifs climatiques et la sécurité énergétique si les pays développés ne trouvaient pas un moyen de prolonger la durée de service de leurs réacteurs.

    Le secteur énergétique nucléaire est la deuxième plus importante source d'énergie à basse teneur en CO2. Il représente 10% de la production mondiale d'électricité. 

    «Cependant, l'avenir de l'énergie nucléaire reste incertain car les pays développés commencent à fermer leurs centrales obsolètes, en partie à cause de la politique d'abandon progressif du nucléaire, et en partie à cause de facteurs relevant de l'économie et de la régulation. Selon le nouveau rapport, si les pays développés ne changeaient pas leur politique ils pourraient perdre 25% de leurs capacités nucléaires d'ici 2025 et deux tiers d'ici 2040», a annoncé l'AIE citée par le site d'information Vestifinance.

    Si la durée de service des centrales nucléaires actuelles n'était pas prolongée et que de nouveaux projets n'étaient pas mis en place, les émissions supplémentaires de CO2 pourraient atteindre 4 milliards de tonnes.

    «Sans l'importante contribution de l'énergie nucléaire, la transition énergétique mondiale serait bien plus complexe. En plus des énergies renouvelables, du concept d'efficacité énergétique et d'autres technologies innovantes, l'énergie nucléaire pourrait apporter une contribution considérable aux objectifs en matière d'énergie durable et de renforcement de la sécurité énergétique. Mais si les barrières auxquelles elle est confrontée n'étaient pas surmontées, son rôle pourrait brutalement diminuer dans le monde entier, notamment aux États-Unis, en Europe et au Japon», a déclaré le directeur de l'AIE Fatih Birol.

    Les conditions du marché restent défavorables pour prolonger la durée de service des centrales nucléaires, indique l'agence. La longue période de prix bas de l'électricité dans la majorité des pays développés a significativement réduit la rentabilité de nombreuses technologies, ce qui a exposé les centrales nucléaires à un risque d'arrêt anticipé.

    Ainsi, aux États-Unis, près de 90 réacteurs possèdent une licence pour 60 ans d'exploitation, mais certains d'entre eux ont été arrêtés avant échéance. En Europe, au Japon et dans d'autres pays développés, les perspectives de prolongation de la durée de service des centrales nucléaires sont également incertaines.

    «Il est encore plus difficile d'investir dans les nouveaux projets nucléaires dans les pays développés. Les nouveaux projets prévus en Finlande, en France et aux USA n'ont pas encore été mis en service et ont été confrontés à un important dépassement du budget. La Corée a constitué une exception de taille car elle a terminé la construction des nouveaux sites dans les délais impartis et en respectant le budget, même si la politique de l'État est aujourd'hui de ne plus engager de nouvelles constructions nucléaires», note l'AIE.

    Pour que les sources d'énergies renouvelables compensent la réduction des capacités de l'énergie nucléaire, leur déploiement doit être accéléré d'une manière sans précédent.

    «En 20 ans, la puissance de l'énergie éolienne et solaire dans les pays développés a augmenté d'environ 580 GW. Mais ce chiffre devra être multiplié presque par cinq dans les 20 années à venir», ajoute l'AIE.

    «Une hausse aussi significative de la production d'énergie renouvelable créera de sérieux problèmes pour l'intégration des nouvelles sources dans un système énergétique plus large. Le passage à l'énergie propre dans les pays développés demandera également des investissements supplémentaires à hauteur de 1.600 milliards de dollars durant la même période, ce qui impactera les consommateurs par l'augmentation des factures d'électricité», conclut l'AIE.

    Selon l'AIE, la demande mondiale en hydrocarbures a augmenté l'an dernier de 2,3% — un record pour cette décennie.

    La production solaire et éolienne a affiché une hausse à deux chiffres. Néanmoins, cela n'a pas été suffisant pour satisfaire la demande grandissante en électricité dans le monde entier, ce qui a également stimulé la consommation de charbon. Résultat: les émissions mondiales de CO2 liées à l'énergie ont augmenté de 1,7% pour atteindre 33 gigatonnes en 2018.

    Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur de l'article repris d'un média russe et traduit dans son intégralité en français.

    Dossier:
    Traduction de la presse russe (mai 2019) (13)

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    Tags:
    nucléaire civil, réacteurs nucléaires, sécurité énergétique, énergie nucléaire, CO2, hydrocarbures, centrale nucléaire, Agence internationale de l'énergie (AIE), Europe, Japon, France, États-Unis
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