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    Explosion d'une bombe nucléaire (image d'illustration)

    Comment l'humanité va-t-elle s'éteindre? Les quatre plus grands risques

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    Traduction de la presse russe (juin 2019) (26)
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    Pendant que les scientifiques de différents pays débattent des scénarios de fin du monde, aucune organisation internationale ni aucun État n'a encore réfléchi de manière systémique à la garantie de la sécurité de la civilisation en tant que telle. Cependant, l'humanité disposera toujours d'au moins une option pour survivre.

    L'agence britannique Blueclaw a dressé la liste des catastrophes potentielles susceptibles de détruire la vie sur Terre en compilant les données de 50 sources différentes. De quelles catastrophes s'agit-il exactement?

    Réchauffement climatique

    D'après le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), d'ici 2055 la température globale pourrait augmenter de 2°C par rapport à l'époque préindustrielle. Si la planète continuait de se réchauffer au même rythme qu'aujourd'hui, dans 2.136 ans la température sur terre augmenterait de 44 degrés, ce qui est considéré comme un niveau critique pour l'humanité.

    Selon les experts, une telle hausse de la température conduirait à l'inondation de la majeure partie de la surface de la planète et à des tsunamis réguliers.

    Maladies mortelles

    La tuberculose, la malaria, la fièvre de Lassa et le virus Ebola, la peste bubonique et pneumonique, le choléra et d'autres virus font également partie de la liste des plus grandes menaces pour la civilisation. D'après les médias, en 2017 seulement, plus de 10 millions de personnes ont été contaminées par la tuberculose, et près de 2 millions en sont morts.

    Les maladies mortelles menacent avant tout la partie de la planète où vit près de la moitié de la population: la Chine, l'Inde, l'Indonésie et d'autres pays de la région Asie-Pacifique, ainsi que les pays d'Afrique.

    Catastrophe nucléaire

    Rien n'a autant effrayé les populations pendant la seconde moitié du XXe siècle que le risque d'une guerre nucléaire entre les États-Unis et l'Union soviétique. Le risque de conflit armé nucléaire persiste à ce jour, notamment parce que de plus en plus de pays se dotent d'armes nucléaires.

    A l'heure actuelle, les USA occupent la première place en matière d'essais nucléaires avec 1.030 explosions au compteur. L'URSS et la Russie en ont organisé 715, tout en sachant que Moscou dispose de la plus grande Tsar-Bomba, dont l'explosion pourrait emporter près de 18,3 millions de vies. 4.206 explosions de telles bombes suffiraient pour détruire toute la planète, écrit le média RBC.

    Menace venue de l'espace

    Selon la NASA, l'impact de la planète avec un grand corps céleste est peu plausible, mais l'agence spatiale américaine a découvert le plus grand astéroïde, baptisé Florence, d'un diamètre d'environ 5 km. D'après les scientifiques, si Florence percutait la terre il tuerait au moins 1,2 milliards d'habitants.

    Avis de Stephen Hawking

    A travers les époques, de nombreux scientifiques se sont penchés sur les scénarios d'extinction de la civilisation, notamment le célèbre physicien britannique Stephen Hawking. Étonnamment, ses scénarios coïncident à 75% avec ceux de l'agence Blueclaw, mais divergent néanmoins sur un point: Hawking n'attendait pas une menace de l'espace mais percevait un risque dans l'intelligence artificielle (IA).

    «Le développement d'une véritable IA pourrait signifier la fin de la race humaine», avait-il déclaré à la BBC en 2014. «L'IA se développerait seule et se redéfinirait de plus en plus vite. Les humains, limités par leur lente évolution biologique, ne pourraient pas rivaliser et seraient dépassés», pensait Stephen Hawking.

    Avis des scientifiques russes

    «Tous ces articles à sensation des médias sur les scénarios de fin du monde résultent du fait qu'aucune organisation internationale ni aucun État ne se soit encore penché sérieusement sur le problème de la modélisation des menaces pour la civilisation. Mais ces questions sont prises en charge par certains chercheurs, moi y compris», a déclaré au journal Vzgliad Alexandre Kononov, membre de l'Association des futurologues, chercheur à l'Institut d'analyse systémique affilié à l'Académie des sciences de Russie.

    «Selon mon modèle de menaces, ces dernières sont innombrables. Leur nombre est si élevé que les suppositions concernant seulement quatre ou cinq types de risques, comme le font les chercheurs britanniques, paraissent cognitivement déformées. Une partie des menaces est ignorée et l'accent est porté sur une autre partie», explique le futurologue.

    D'après ce dernier, les risques évoqués par les experts britanniques et Stephen Hawking sont superficiels, et certains se complètent. Par exemple, l'IA est étroitement liée au risque nucléaire et à l'autodestruction de la civilisation.

    «De plus en plus de solutions dans le domaine de l'utilisation de l'arme nucléaire sont laissées à la charge de systèmes informatiques et de l'IA qui y est intégrée. Et si par malheur une erreur se produisait dans ces systèmes, nous pourrions ne pas avoir le temps de reprendre le contrôle», estime le spécialiste.

    «Mais le plus dangereux, pour la civilisation, est le fait que personne ne traite sérieusement le problème de sa sécurité. Il existe pourtant une approche classique, qui repose sur trois critères. Premièrement, c'est la simulation des risques; deuxièmement, la simulation de la défense; et troisièmement, la prise de décisions permettant au mieux de contrer les menaces. Rien de cela n'est fait par rapport à la civilisation. C'est ce qui frappe le plus», déplore Alexandre Kononov.

    «Quant aux menaces qui n'ont pas été mentionnées, il s'agit avant tout des risques géophysiques et géocosmiques - que nous ne contrôlons pas du tout. Parmi les premiers se trouvent notamment les volcans et la déstabilisation de la croûte terrestre. En cas de lancement de l'activité volcanique et d'éruptions à travers la planète, nous risquons l'extinction. Et de telles menaces sont nombreuses», poursuit l'expert.

    De plus, les risques géocosmiques n'incluent pas seulement certains astéroïdes mais également beaucoup d'autres menaces. «Étudier toutes ces menaces représente un travail sans fin. Toute déstabilisation du nuage de Oort, de la ceinture du Kuiper, une explosion de supernovas, des trous noirs errants et un comportement imprévisible de la matière sombre pourraient nous anéantir en un instant», ajoute Alexandre Kononov.

    «Mais la plupart de ces menaces peuvent être contrées grâce à l'expansion spatiale - la colonisation de nouveaux espaces vitaux et des programmes d'évacuation. Si nous colonisons l'espace, nous pourrons alors contrer tous les risques», conclut l'expert.

    Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur de l'article repris d'un média russe et traduit dans son intégralité en français.

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    Tags:
    maladies, Ebola, IA, Stephen Hawking, espace, réchauffement climatique, nucléaire, catastrophe
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