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Traduction de la presse russe (juillet 2019) (45)
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Le baril de Brent a dépassé la barre des 67 dollars ce jeudi 11 juillet, avec des pics à 67,5 dollars pendant la journée.

Le Brent profite de tous les prétextes pour augmenter, et ils sont nombreux, écrit le site d'information Gazeta.ru.

Le pétrole est un actif financier car son cours est établi à partir du prix des contrats dérivés sur le marché à terme. Et vu l'euphorie qui règne aujourd'hui sur les marchés financiers, le cours pétrolier, lui aussi, monte en flèche.

Le départ à la hausse de tous les instruments financiers a été donné dans la soirée du 10 juillet par le président de la Réserve fédérale américaine (Fed) Jerome Powell.

Ses insinuations concernant l'assouplissement de la politique monétaire des autorités américaines et le fait que le taux de la Fed sera réduit pour la première fois depuis 10 ans lors de sa réunion du 31 juillet ont provoqué un achat massif de tous les actifs à risque.

Lorsque les taux directeurs des Banques centrales des pays développés diminuent, le rendement des actifs émis dans la monnaie de ces pays suit toujours le même mouvement - que ce soit le dollar, l'euro, le yen ou le franc suisse. Et puisque le rendement diminue, par exemple celui des obligations américaines, la demande pour les actifs des pays où le rendement est plus élevé augmente - c'est-à-dire pour les actifs russes, brésiliens et même turcs.

Le président de la Fed a souligné que l'assouplissement était motivé par «l'incertitude commerciale, la faiblesse de l'économie dans d'autres pays et l'inflation modérée».

De plus, le cours pétrolier a également été poussé vers le haut par les statistiques américaines faisant état d'une forte réduction des réserves. 

En une semaine, les réserves de pétrole brut ont diminué de 9,5 millions de barils, soir le triple par rapport aux attentes des experts. Ainsi, au 5 juillet, les réserves commerciales pétrolières des États-Unis s'élevaient à 458,99 millions de barils, d'après le ministère de l’Énergie. Sachant que les réserves d'essence ont diminué de presque 1,5 million de barils.

Сataclysmes dans le golfe du Mexique

Ensuite, l'attention des marchés est attirée actuellement par la nouvelle tempête tropicale dans le golfe du Mexique, qui pourrait dégénérer en ouragan, souligne Anton Pokatovitch, analyste de BKS Premier. Selon lui, avec le début de la saison des ouragans les risques augmentent traditionnellement pour le secteur pétrolier américain.

A l'heure actuelle, la production a été suspendue à cause des conditions climatiques dans plusieurs champs pour un total d'environ 600.000 barils par jour. Ce qui joue également en faveur de la montée des prix.

Les compagnies Chevron Corp, Royal Dutch Shell, BP et BHP Groupe travaillant dans le golfe du Mexique évacuent leur personnel de 15 plateformes maritimes, déclare Alen Sabitov, analyste de Freedom Finance.

Exxon Mobil a rapporté qu'elle surveillait attentivement la situation pour savoir si ses sites étaient susceptibles d'être touchés.

Facteur iranien

Un autre facteur impactant le cours pétrolier reste la géopolitique, et avant tout la tension croissante autour de l'Iran.

Les nouveaux épisodes de tension dans le détroit d'Ormuz contribuent également à l'augmentation du prix du baril, estime Anton Pokatovitch. 

La semaine dernière, les autorités de Gibraltar ont arrêté avec l'aide des forces spéciales britanniques un cargo soupçonné de transporter du pétrole iranien vers la Syrie. L'Iran augmente la production d'uranium enrichi. L'attente, par le marché, d'un renforcement de l'instabilité géopolitique, et l'apparition d'un éventuel conflit militarisé sur l'axe iranien, propulsent également le cours pétrolier vers le haut.

L'accord Opep+ et son dépassement par les pays membres est un facteur supplémentaire en soutien à la conjoncture tarifaire du marché. Le 11 juillet, l'Opep a annoncé qu'en juin les membres du cartel avaient rempli l'accord de réduction de la production pétrolière de 122%.

«Nous nous attendons à un cours du baril à hauteur de 70 dollars et à son dépassement dans un mois, un mois et demi», note Anton Pokatovitch. D'après lui, à ce rythme on peut s'attendre à ce que le baril atteigne 70-75 dollars d'ici 2-3 mois.

Le renforcement à court terme de la monnaie russe contribue également à la hausse du cours pétrolier. 

Toutefois, la Commission européenne a revu à la baisse ses prévisions concernant le cours pétrolier pour ces deux prochaines années. A présent, le régulateur prévoit un prix moyen du baril de Brent de 64,7 dollars l'an prochain - contre la prévision de 69,2 formulée au printemps - et l'estimation pour 2020 a été abaissée de 67,8 à 61,5 dollars.

Récemment, les analystes de la banque d'investissement américaine Morgan Stanley ont revu à la baisse les prévisions du prix du baril pour le second semestre 2019, se référant à la décision de l'Opep+ de prolonger l'accord sur la réduction de la production jusqu'à fin mars 2020. Ainsi, la banque s'attend à ce qu'à cette période le baril de Brent coûte 65 dollars, contre l'estimation précédente de 67,5 dollars. Les prévisions pour le cours du baril de WTI ont diminué de 65 à 60 dollars.

Les facteurs qui poussent actuellement le cours pétrolier vers le haut sont temporaires, estime Alen Sabitov. D'après l'expert, pour que commence un véritable rallye pétrolier il faut que la situation de la demande mondiale en hydrocarbures s'améliore, alors qu'elle reste limitée aujourd'hui parce que l'économie mondiale continue de ralentir.

Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur de l'article repris d'un média russe et traduit dans son intégralité en français.

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Traduction de la presse russe (juillet 2019) (45)

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Donald Trump, prix, Brent, baril, pétrole
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