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    Froid à Oïmiakon

    Comment expliquer l’absence inattendue de chaleur en Russie cet été?

    © Sputnik . Ayar Varlamov
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    Traduction de la presse russe (août 2019) (54)
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    Tout s'est mélangé dans la nature cet été. Au-delà du cercle polaire, les températures observées fin juillet-début août sont plus élevées que dans la bande centrale de la Russie.

    Il faisait +20,6°C au Groenland, à Quarsut (71° parallèle Nord) ce 31 juillet, alors qu'en général la température n'y dépasse pas +10°C.  En revanche, le dernier jour du mois le plus chaud de l'année, il faisait à peine +15°C à Moscou, écrit le quotidien Rossiïskaïa Gazeta. 

    «Cette température inhabituelle pour notre été est due au grand cyclone stationnaire dans l'Oural. Ce qui signifie que tout le territoire européen de la Russie se trouvera pendant au moins 8-9 jours à l'arrière de ce cyclone, où s'accumuleront des masses d'air non pas du Nord-Ouest ou du Nord. Ce qui serait plus habituel, mais du Nord-Est», a expliqué Roman Vilfand, superviseur du Centre hydrométéorologique.

    Selon lui, les vents arrivent sur la Russie directement depuis la mer des Laptev, la mer de Kara et la Nouvelle-Zemble, c'est-à-dire de l'océan Arctique, des latitudes arctiques - et ce sont des masses d'air très froides.

    Le météorologue souligne que les estimations à long terme pour août indiquent que la première dizaine du mois sera plus froide que la deuxième. 

    Début août, il fera également plus froid que d'habitude dans la plupart des régions du District fédéral Nord-Ouest et au Nord du District Sud. Des températures inférieures à la moyenne sont également attendues dans le District fédéral de la Volga.

    Par contre, il fera plus chaud que d'habitude à l'Est des districts autonomes de Nénétsie et de Khanty-Mansiïsk, dans le District fédéral de la Sibérie, en Bouriatie, en Transbaïkalie et dans le Primorié. Une météo confortable attend les vacanciers sur les plages de la mer Noire. En Crimée et au large de la région de Krasnodar, les conditions météorologiques ne devraient pas sortir de l'ordinaire. Autrement dit, la température avoisinera +25-30°C la journée, en culminant parfois à +32°C.

    Une météo exceptionnelle

    Le scénario météorologique inhabituel de cette année résulte précisément des changements globaux dans l'atmosphère, remarque Roman Vilfand.

    «En période de réchauffement climatique, ce réchauffement se manifeste surtout dans les régions arctiques, polaires. Alors que dans les régions équatoriales la température ne change pratiquement pas. Cela signifie que la différence de températures entre l'équateur et les pôles diminue, ce qui entraîne une hausse du nombre ou une répétition des processus méridionaux», indique l'expert.

    Si la Terre était homogène, sans océans ni montagnes, les masses d'air se déplaceraient uniquement de l'Ouest vers l'Est. Mais comme que la surface terrestre est hétérogène on constate une méridionalité - en d'autres termes les masses d'air peuvent se déplacer du Sud vers le Nord est inversement.

    «Le territoire européen de la Russie n'a pas eu de chance, c'est le froid du Nord qui est venu jusqu'à nous. Alors que plus à l'Est, dans la région de Krasnoïarsk et en Iakoutie, au contraire s'est installé un temps chaud durable», ajoute le météorologiste. D'après lui, à l'heure actuelle il est seulement possible de prédire que les processus dans tel ou tel hémisphère de la planète seront plus méridionaux. Tandis qu'il est extrêmement difficile de prédire où et quel transfert d'air aura lieu - du Sud vers le Nord ou l'inverse.

    Selon le Centre hydrométéorologique, le 31 juillet 2019 la température journalière moyenne s'élevait à seulement +11,6°C, un record historique. La dernière fin juillet la plus froide avait été enregistrée à Moscou en 1968 avec une moyenne journalière de +13,1°C. Et la température la plus froide en journée avait été constatée dans la capitale russe en 1984 avec +16,1°C. La nuit, le minimum a été atteint en 1971 avec +6,1°C. Mais à l'époque il ne s'agissait pas d'un refroidissement durable.

    Le mois de juillet le plus froid a été enregistré à Moscou en 1956, avec une température moyenne de +15,2°C, et le plus chaud en 2010 avec +26°C. Autrement dit, en presque 70 ans le centre est confronté pour la première fois à une période de froid aussi longue. Mais il reste encore l'espoir de connaître un automne chaud.

    Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur de l'article repris d'un média russe et traduit dans son intégralité en français.

    Canicule à Paris et froid historique à Moscou, les fortunes diverses du mercure
    © Sputnik . Bruno Marty
    Canicule à Paris et froid historique à Moscou, les fortunes diverses du mercure
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    Traduction de la presse russe (août 2019) (54)
    Tags:
    chaleur, météo, froid, Russie
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