Valls et Cazeneuve, le bouclier sans le glaive… ni les tripes!

Désaccord majeur
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Les policiers gravement blessés à Viry-Châtillon ont été victimes d’un acte de guérilla urbaine. Réponse de l’État: rétablir l’ordre ? Non, mieux protéger les voitures de police. Un message d’impunité donné aux racailles par Valls et Cazeneuve.

Non, mais de qui se moque-t-on dans cette affaire ?

Attention, soyons clairs, je suis bien sûr tout à fait favorable au fait que les forces de l'ordre soient correctement équipées et protégées. Rien de plus légitime. Non, ce qui m'énerve, c'est que c'est le seul message clair qui soit envoyé aux criminels qui ont tenté d'immoler plusieurs policiers. Alors bien sûr, Hollande a dit que les coupables seraient punis. Bien sûr, Valls et Cazeneuve ont fait leur petit tour lundi dernier dans des commissariats de l'Essonne pour afficher leur soutien à la police. Bien, sûr, ils ont affiché toute la fermeté dont ils étaient capables quand ils ont déclaré que « que l'État ne reculerait plus ».

Non, mais, Valls et Cazeneuve, allez vous acheter une colonne vertébrale !

Face à des types qui tendent une embuscade, en mode guérilla urbaine, qui attaquent pour tuer, on n'arrête pas de reculer, bon sang ! On envoie un message clair : 150 cars de CRS, les hélicos, le RAID, LE GIGN, tout le tremblement. On visite tous les apparts, toutes les caves, on arrête tous ceux qui ont une cagoule dans leur placard et tant pis pour les skieurs ! On « n'arrête pas de reculer », on reprend le terrain perdu. On envoie un message clair aux criminels. L'état d'urgence, à défaut de servir à prévenir les attaques terroristes, facilite au moins ce genre de choses.

Je ne vous cache pas que quand on a évoqué le sujet ce matin en conférence de rédaction, j'étais aussi remonté que maintenant et je n'ai pas eu beaucoup de succès. Mes confrères me disaient : « mais il n'y a pas que des racailles en banlieue », « les banlieues sont abandonnées », « ça y est, tu te prends pour Sarkozy avec son Kärcher », « ça ne marche pas », tout ça…

Petit aparté, c'est ça qui est bien quand on travaille pour un organe de propagande russe, c'est le pluralisme des opinions. On a beau, selon certains de nos confrères, n'être que des marionnettes dans La Main Du Kremlin, c'est fou à quel point on a des avis différents. Il n'y a qu'à voir la tête que fait souvent Marie pendant que je parle… Fin de l'aparté.

Donc, je préconise le Karcher de Sarko ? Je ne vais pas revenir sur tout le bien que je pense de ce triste personnage. Je rappellerai juste qu'il a beaucoup vitupéré et peu agi. En termes triviaux : que de la gueule. Je voudrais simplement que force reste à la loi. Partout. Y compris dans les banlieues.

Banlieues abandonnées de l'État ? Personnellement, je voudrais bien être abandonné comme ça. En quarante ans, une vingtaine de plans banlieues, pour ne citer que les plus importants. Rénovation des habitats, construction d'infrastructures (gymnase, écoles, etc.), vacances pour les jeunes les plus « agités », parrainages d'entreprises, intégration par le sport, zones franches, subventions à l'emploi de jeunes de banlieues sans diplômes… l'argent consacré aux banlieues se chiffre en dizaines de milliards d'euros.

Policiers, pompiers, mais aussi médecins, assistantes sociales ou profs ne peuvent plus pénétrer dans certaines zones ou y travailler dans des conditions décentes. Caillassages, incendies, guet-apens sont leur quotidien. Ce que le même Valls, qui décidément n'en rate pas une, se refuse à qualifier de zone de non-droit, préférant employer la périphrase de « territoires particulièrement difficiles ». Je ne sais pas chez vous, mais chez moi, ça s'appelle noyer le poisson, dans le meilleur des cas, ou simplement une insigne lâcheté devant le réel.

Et de tout cela, qui en souffre ? Les habitants desdites banlieues, la majorité tranquille, souvent coincés là faute de pouvoir se reloger ailleurs, qui bosse dur pour gagner peu et qui voient sa bagnole cramée à Noël, juste pour rigoler. Car bien sûr, la racaille, les délinquants, les criminels sont une minorité qui fait souffrir la majorité.

Je dis bien les criminels et non les « sauvageons » comme Cazeneuve désignait les auteurs de l'embuscade qui a failli coûter la vie à un policier, mal inspiré sur ce coup là de copier Chevènement.

Et donc, quel message envoie-t-on à ces criminels, me demandais-je avant d'être assez grossièrement interrompu par moi-même ? Quel message quand Valls annonce vouloir blinder les voitures de flics sans envoyer la cavalerie —blindée, au besoin — les pourchasser ?

Simple : on a peur de vous, vous avez une impunité totale, mais prévoyez de vous munir de pavasses plus grosses. Les cocktails Molotov ne marcheront plus contre nos uniformes ignifugés ? Sortez les flingues !

Mais voilà, qu'il s'agisse de la violence dans les banlieues, de la lutte contre le terrorisme ou l'intégrisme islamique, de la Syrie, de la relation franco-russe, de la position de la France en Europe, de la dette et de que sais-je encore, les petites phrases, les postures, les éléments de langages et les mesures cosmétiques, ça ne marche pas. Non seulement ça ne sert à rien, mais personne ne s'y laisse plus prendre.

Quelqu'un peut expliquer à ces messieurs que gouverner, ce n'est pas seulement parler, c'est agir ? Parce que là, moi, je peux plus. 

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