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    Désaccord majeur

    Réunion : où sont les associations antiracistes ?

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    Enseigner l’histoire de l’esclavage devrait être interdit à des profs blancs, selon certains universitaires et associations de la Réunion, qui estiment que la tâche devrait échoir – es qualité – à un enseignant local. Vous avez dit racisme ? Mais non, la preuve, aucune association antiraciste ne s’est emparée de l’affaire.

    He Ho ! SOS Racisme, le MRAP, la LICRA, la Ligue des droits de l'Homme (LDH), Amnesty International, tout ça, ou êtes-vous, mais ou êtes vous pour dénoncer cet insupportable acte de racisme, assumé, revendiqué, clamé ?

    Que faites-vous contre ces propos nauséabonds, emprunts d'une idéologie de haine et d'exclusion, des propos rances et moisis, qui rappellent les heures les plus sombres de notre histoire ?

    Il est où votre communiqué de presse, ils sont où vos manifestants, ils sont où vos people, elles sont où vos banderoles et vos pétitions pour dénoncer l'attitude ouvertement raciste… d'une partie de la communauté universitaire réunionnaise ?
    Hein, ou ça ?

    Petit rappel des faits, donc. À l'université de la Réunion, une prof métropolitaine, enseignant à Nantes, est choisie parmi 10 candidats pour une poste de maître de conférences responsable des études sur l'esclavage et l'engagisme.

    Aparté pour nos lecteurs aussi peu cultivés que moi qui ne connaissait pas ce mot avant de m'intéresser à l'affaire, l'engagisme est une pratique qui consistait à proposer à des travailleurs étrangers à la colonie un contrat de travail avant l'abolition de l'esclavage. Fin de l'aparté et retour à la polémique.

    Donc, Mme Virginie Chaillou-Atrous, c'est son nom, est choisie. Branle-bas de combat des bonnes consciences et associations locales, pour qui une Nantaise, donc issue du premier port négrier au XVIIIe siècle, ne saurait parler de l'esclavage à des Réunionnais, dont une bonne part est descendante de ces mêmes esclaves. Mieux encore, une association locale, Rasin Kaf, exige qu'un Réunionnais obtienne le poste, allant jusqu'à dire qu'ils feront tout pour empêcher la non-Réunionnaise d'enseigner !

    Donc si je résume, cette universitaire ne saurait enseigner du fait qu'elle est nantaise et du fait qu'elle n'est pas réunionnaise. Es qualité, si vous voulez. Ce qui s'est passé à Nantes au XVIIIe siècle la disqualifie, le fait qu'elle ne soit pas descendante d'esclave la disqualifie. C'est un peu la définition même du racisme, ça, de juger quelqu'un a priori, sur ses origines et non sur ce qu'il a pu faire ou dire…

    « Au sein de l'Université, on m'appelle "La Blanche" » explique la prof, qui au passage n'est même pas nantaise, mais vendéenne. Elle rajoute aussi que le président de l'université de La Réunion l'accuse de bénéficier d'un réseau arabe, parce que son mari est d'origine maghrébine.
    Classe.
    Le fait qu'elle soit une spécialiste reconnue de l'esclavagisme avec thèse et publications à l'appui et que le candidat local ne puisse en dire autant n'émeut apparemment pas les défenseurs de ce dernier.

    Donc, SOS Racisme, le MRAP, la LICRA et toute la clique des bonnes consciences, vous en êtes où, à ce sujet ? Ahhh, mais on me souffle dans l'oreillette que vous ne vous occupez pas de ce genre de cas… la victime de racisme est blanche, alors ça ne compte pas.
    Désolé, au temps pour moi, je pensais que le racisme était une notion universelle, mais non, en fait. Erreur commune, en même temps, puisque même la victime, Virginie Chaillou-Atrous, se désole d'être victime « d'un racisme à l'envers ».

    Comme dans les affaires du « camp d'été décolonial » organisé à Reims ou une manifestation similaire à l'université Paris VII, comme d'ailleurs dans la vulgate des associations ci-dessus, subventionnées à grands frais pour nous mener sur le chemin du Bien, le racisme ne concerne que les actes des « dominants » ou supposés tels, contre les « dominés » ou affirmés tels, en clair, des blancs contre tous les autres.
    Et donc, quand ce sont des « dominés » qui commettent des actes de racisme contre des « dominants », c'est —au pire- du « racisme à l'envers ».

    Ben oui, mais on, en fait. C'est sûrement parce que je suis un peu bas de plafond que toutes ces finesses m'échappent, mais pour moi, soit on est raciste soit on ne l'est pas. En plus voyez-vous, en tant que chrétien je porte déjà le poids du péché originel (heureusement pour moi, Noël approche !), alors pas question de porter le poids des fautes réelles ou supposées de mes aïeux. D'ailleurs, la culture de l'autoflagellation et de la culpabilité à tout va, ça va bien aussi… 

    Et puis, pour en revenir à Mme Chaillou-Atrous et à l'université de la Réunion, j'ai encore la naïveté de croire que notre système éducatif, entre autres, ne se porterait que mieux s'il revenait à ses fondamentaux : le mérite et l'excellence, qui est la seule vraie notion d'égalité, plutôt que de se perdre dans les méandres du communautarisme pour faire plaisir à telle ou telle catégorie, minorité visible ou non ou groupe de pression plus ou moins militant. T'es bon, t'as le job, t'es pas bon, trouve autre chose plus dans tes cordes. Simple, non ?

    Sur ce joyeux Noël à tous !

    Tags:
    haine, racisme, Rasin Kaf, LICRA, MRAP, Ligue des droits de l'Homme (LDH), SOS Racisme, Amnesty International, Virginie Chaillou-Atrous, France
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