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    Désaccord majeur

    Débat de la primaire de gauche: l’abattoir des illusions

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    Primaire de la gauche en France (31)
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    Premier débat télévisé pour la primaire de gauche. Vous vous attendiez à être déçus? Eh bien, ça a été encore pire que cela! Les sept nains du PS et de ses supplétifs ont fait assaut de platitude. Le PS est mort, mais son cadavre bougeait encore hier soir dans le poste!

    Bonne nouvelle pour les amis des animaux ! Suite à plusieurs scandales révélés par l'association L214, l'assemblée nationale a voté la mise en place de caméras dans les abattoirs. Ainsi, on peut espérer que les bêtes mal étourdies ou faisant l'objet de cruauté gratuite de la part des employés feront bientôt partie du passé. Soyons optimistes. On n'a d'ailleurs pas attendu 2018, date de la prise d'effet de la mesure, pour lancer des expérimentations… et… comment dire ? Il est à craindre que la présence de caméras ne suffise pas. Mais si, vous avez peut-être vous-même visionné les images hier soir, c'était le débat télévisé pour la primaire de gauche.

    Cruel. Avant, les congrès du PS se passaient à huis clos, les motions étaient débattues sans trop de publicité, on comprend mieux pourquoi. Ils avaient encore un minimum de décence, de ne pas exposer leurs turpitudes, leur connivence et leur camaraderie en plastique sur la place publique.

    Voilà donc sept chevaux de réforme, sept vieilles carnes usées par des années à courir les portefeuilles et les mandats tout en fuyant les responsabilités — oui, même ceux qu'on n'a pas vus, on a l'impression de les avoir déjà trop vus —, sept vieilles carnes, donc, que l'on a mis dans une arène, sous les yeux complaisants de quelques téléspectateurs et les questions convenues des journalistes, afin de savoir qui aurait l'honneur d'aller se faire dézinguer par un âne fringuant, Macron ou une mule teigneuse, Mélenchon, sans même parler des candidats de droite, une autre sacrée ménagerie.

    Mais bon, avant tout ça, il faudra déjà arriver à convaincre les Français de se déplacer pour les départager, nos fringants pur-sang. Et ce n'est pas gagné, au vu des audiences : 3,8 millions de téléspectateurs, 18 % de parts de marché, deux millions de personnes de moins que pour assister à son pendant de droite. Et lors de la primaire de gauche première édition, en 2011, c'était 4,9 millions de téléspectateurs qui avaient suivi le show.

    Mais ça, c'était avant. Avant le drame. Avant que François Hollande ne soit élu et ne dirige la France avec le succès que l'on sait. Avant que cinq des sept prétendants aux faveurs des Français de gauche ne s'associent à cette improbable aventure, une tare sur leur CV qu'ils ont bien essayé de dissimuler, tel un chômeur trichant sur ses périodes d'embauche pour masquer les trous. Le bilan de Hollande, « difficile à défendre », a ainsi déclaré Montebourg, qui n'a par ailleurs même pas vraiment essayé.

    Le seul qui ait vaguement assumé, c'est Valls, il faut dire qu'il n'avait pas trop le choix, au vu de sa position. Mais rassurez-vous, ce qu'il a trouvé de mieux dans le bilan du… président… c'est lui-même ! « Je reste marqué par mon propre discours », nous a sorti Manu la frime, en faisant allusion à sa prestation du 11 janvier 2015 à l'Assemblée nationale, après les attentats à Charlie Hebdo. Bon, c'est bien, ça en fait au moins un.
    Parce qu'en ce qui me concerne, voyez-vous, M. Valls, les discours creux non suivis d'actes, ça ne me fait pas des masses frétiller…

    Tiens, sur le sujet du terrorisme, Montebourg nous en a sorti une bonne aussi « nous pouvons remercier François Hollande, car la France s'est tenue solidement sur ses pieds ». Quelle impudence !! Avec près de 250 morts en deux ans et aucun responsable qui n'aura eu l'élémentaire décence de présenter sa démission, si la France est effectivement restée debout, ce n'est certainement pas à Hollande et à son équipe qu'on le doit. Merci donc aux Français et à votre capacité de résilience, même et surtout quand l'exemple ne vient pas d'en haut.

    Bon, vous comprenez, faut bien que je m'emporte sur quelque chose, parce que sinon, ce débat convenu, aseptisé, ce catalogue de mesurettes aussi emballantes qu'une promo sur les fraises à béton au rayon perceuses chez Castorama, ça ne m'a pas plus bouleversé que mes collègues journalistes, bien obligés de se fader l'exercice, que voulez-vous, on fait parfois un dur métier. Et si aucun n'a dressé le parallèle entre nos sept nains et le chef du susdit rayon perceuses chez Castorama, c'est qu'ils sont trop bien élevés. Ça nous donne du débat « grave », « sobre », « sans grande aspérité », « aseptisé », bref, vous l'aurez compris de vous-même — si ce n'est constaté de visu —, on s'est bien fait suer.

    Les deux seuls qui ont aimé le débat, finalement, ce sont les deux vautours que l'on voit régulièrement dans les albums de Lucky Luke, l'air gourmand en attendant d'aller dépecer la charogne. Vous aurez bien sûr reconnu Macron et Mélenchon, prêts à se farcir le cadavre du PS, que l'on a vu se décomposer sous nos yeux affligés.

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