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    Désaccord majeur

    Quand Macron tacle ses propres ministres

    Désaccord majeur
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    Stanislas Tarnowski
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    Emmanuel Macron recadre à tout va. Après la polémique avec le général de Villiers, c’est au tour des ministres de subir les foudres jupitériennes. Car si le Président descend brutalement de son piédestal de popularité, c’est forcément de la faute du gouvernement.

    Après le recadrage du général, recardage général! Cette fois-ci, ce sont les ministres qui en ont pris pour leur grade. Parce que Macron, c'est lui le chef, qu'on se le dise! Et qu'est-ce que ça fait, un chef? Ça recadre. Et ça recadre sévère, même. Les ministres en sont encore tout tremblants. Alors, mes confrères nous donnent un aperçu assez différent du recadrage en question, c'est assez cocasse. Chez Marianne, ça donne, je cite:

    «"C'est du pipi de chat, ce qui me remonte actuellement de certaines de vos notes", leur prédisant un funeste avenir s'ils persévéraient dans cette voie.»

    En clair, arrêtez de faire des copier-coller des notes insipides de vos administrations, ou je vous vire. Vous m'accorderez que c'est assez trivial, voire pas olympien du tout, cette ambiance petit chef.

    Mais selon nos estimés confrères du Figaro, le recadrage serait plus… jupitérien. Ils précisent d'ailleurs bien, je cite, qu'il s'agit d'«un recadrage, prononcé dans un cadre solennel.» Et ça nous donne ça, je cite encore:

    «"Si on sait donner du sens, on évite les petites polémiques", a lancé le chef de l'État».

    En clair, si les Français ne sont pas contents de la hausse de la hausse de la CSG, de la baisse du budget de la Défense, du rabotage des allocations logement ou de la réforme du Code du travail par ordonnances, ce n'est pas que le produit est mauvais, c'est qu'il faut trouver un autre moyen de le vendre.

    Dans un cas comme dans l'autre, vous aurez noté que le président ne saurait se remettre en cause. Mieux que ça, il se donne en exemple à ses ministres: ils devraient s'inspirer de Jupiter quand il prend la main sur «les politiques industrielles et migratoires» pour citer encore Le Figaro.

    Ce qui nous donne donc la nationalisation de STX, alors qu'il expliquait à Marine Le Pen, qui proposait lors du débat présidentiel la même chose pour Whirlpool:

    «C'est à se tenir les côtes. Certains ont essayé, que vous condamnez, ils ont eu des problèmes.»

    ​Donc, Mesdames et messieurs les ministres, faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais, ou le contraire, on ne sait plus trop…

    Et pour la politique migratoire, c'est aussi «à se tenir les côtes», puisque Macron annonce à la presse la création de hotspots —pour trier les migrants- en Libye dès cet été et moins d'une heure plus tard, il n'évoque plus que dans son discours officiel que l'envoi de personnels de l'office français des migrations dans les pays africains sûrs —la Libye ne rentrant clairement pas dans cette définition- le tout sans calendrier.

    Donc, Mesdames et messieurs les ministres, faites de beaux effets d'annonce, ça doit être ça, je cite Castaner, le hipster porte-parole du gouvernement, quand «les Français nous comprennent toujours quand on les amène sur une logique de sens».

    Et combien de temps jusqu'à ce que ça se voit, les discours creux et ambivalents? À examiner la cote de popularité de notre autocrate en carton, qui a dévissé de 10 points en un mois ça a déjà commencé à se voir pas mal.

    Et si j'évoque l'autocrate en carton plutôt que le prince de la comm', ce n'est pas tout à fait par hasard. Parce que bien sûr, ce recadrage en rappelle un autre, celui du général de Villiers, lui aussi effectué dans un «cadre solonnel», comme dirait Le Figaro, en l'occurrence devant une brochette de militaires, avec le succès que l'on sait: classe politique choquée, Assemblée nationale inquiète de ne plus pouvoir faire son travail correctement, Armée sonnée par l'inutile brutalité du procédé… et hommage unanime au général démissionnaire.

    Il n'y aura eu que quelques suce —… lèche-bottes de service pour trouver que Macron faisait preuve d'autorité et non d'autoritarisme.

    Car voyez-vous, M. Macron, le respect ne se décrète pas, il s'inspire.

    Et il n'est pas sûr qu'avec vos recadrages à répétition, vous en preniez le chemin.

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