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    Désaccord majeur

    Brigitte Macron et les abus du statut

    Désaccord majeur
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    Stanislas Tarnowski
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    Doter la «première dame» d’un vrai statut, c’était une promesse de campagne de Macron… mais destinée à satisfaire qui, au juste? Les Français n’y sont guère favorables, surtout au regard des coupes budgétaires et de la loi de moralisation de la vie politique, qui interdit les emplois familiaux.

    Bon, je vais y aller avec des pincettes, parce que je sens dans mon dos le souffle rauque de la meute des associations féministes prêtes à bondir… ça fait déjà deux jours que je vous entretiens du cas Sibeth Ndiaye et voilà-t-y pas que je vais m'attaquer à une autre femme, et pas n'importe laquelle s'il vous plaît, Mme Brigitte Macron.

    Oh, je vous rassure tout de suite, pas question pour moi de fustiger les tenues vulgaires de la dame, sa manie de faire du vélo ou d'assister à des enterrements en minijupe ou de la comparer à une cagole peroxydée. Non, pas de ça chez nous, je laisse ces viles attaques aux tabloïds anglais.

    Ce qui me choque, comme pas mal de français, je crois, c'est le statut que son jupitérien de mari compte donner à la Première Dame. Déjà parce que ce concept typiquement américain n'a rien à faire chez nous. Non, mais vous imaginez Yvonne de Gaulle first lady? Alors certes, entre Mme Pingot entretenue à nos frais par François Mitterrand, jusqu'à Valérie Trierweiler ou Julie Gayet vivant aux frais de la République, staff compris, sous prétexte qu'elles entretenaient une relation avec François Hollande, vous allez me dire que nous avons l'habitude et que c'est finalement assez français.

    Sauf que non. Si les exemples précités relevaient clairement de l'abus de pouvoir et étaient à ce titre tout à fait choquants, là, on veut nous faire passer la pilule d'un «vrai statut», avec frais de fonctionnement et tout le tremblement. Pour une personne qui n'a pas été élue, pas nommée, choisie par personne, sauf son mari voilà bien des années.

    Ça la fout particulièrement mal au moment où l'Assemblée nationale vient juste de voter l'interdiction des emplois familiaux. Les tartuffes de service auront beau me répondre que la dame ne touchera pas de salaire et qu'elle sera employée de l'Élysée et non de son mari, vous conviendrez avec moi que la ligne de défense est plutôt mince.

    Parce qu'au moment où l'on coupe dans des dépenses plus ou moins utiles —je pense naturellement aux 850 millions de l'armée, aux 300 millions des collectivités locales ou aux 5 € en moins sur les APL, le fameux statut de la First machin va tout de même coûter à l'État, c'est à dire vous et moi, la bagatelle de 200.000 euros par mois, selon un internaute qui a sorti sa calculette. Je le cite:

    • Équipe de 5 collaborateurs: 75.000 €, en prenant en compte les charges salariales. Ça nous fait du 7.500 € par personne en brut.
    • Voitures de fonction avec 3 chauffeurs (rotation de 3 chauffeurs pour disponibilité 24 h/24): 45.000 €, toujours en prenant en compte les charges salariales. M. Macron précise que les voitures seront partagées avec celles du président pour des économies de fonctionnement.
    • Une coiffeuse et une maquilleuse: 15.000 € pour les deux. Ce sera toujours moins que les 10.000 € pour le seul coiffeur de Hollande, et au moins ces deux-là auront un peu plus de boulot.
    • Frais de représentation: 50.000 €

    Bon, les exagèrent toujours sur Internet, disons que ses calculs sont exagérés et divisons la note par deux, ça nous ferait quand même 1,2 million par an, juste pour que Brigitte s'occupe dans son coin —de sujets certes importants, comme le handicap, l'éducation ou l'inclusion des différences- et laisse Emmanuel bosser.

    Ça fait un peu cher la garderie non? 

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