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    Désaccord majeur

    Selon G. Collomb, la PMA, ce n’est pas pour demain

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    Stanislas Tarnowski
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    Remous au sien du gouvernement autour de la PMA pour toutes. Marlène Schiappa, secrétaire d’État à l’Égalité entre les femmes et les hommes, la verrait bien débarquer en 2018. Pour Édouard Philippe, il faut d’abord «résoudre le problème du chômage». Si on le suit, les célibataires et lesbiennes ne sont pas prêtes d’avoir des enfants.

    Y aurait-il un peu de bon sens au sein du gouvernement de Gérard Philippe, non Édouard Philippe, je n'arriverai jamais à m'y faire…

    C'est la réflexion qui me traversait fugacement l'esprit alors que je lisais les déclarations de Gérard Collomb —ah, je savais bien qu'il y avait un Gérard dans la bande — de ce week-end.

    Notre distingué ministre de l'Intérieur estimait en effet que l'ouverture de la PMA à toutes les femmes, annoncée voici presque une semaine par Marlène Schiappa, notre éminente secrétaire d'État à l'Égalité entre les femmes et les hommes pour 2018, que la PMA pour toutes, donc, n'était «pas une priorité», ajoutant qu'il proposerait «que l'on puisse résoudre le problème du chômage avant de s'attaquer aux problèmes civilisationnels».

    Ah bah oui, Gérard, en voilà du bon sens, les pieds solidement plantés dans la glaise! Le chômage, en voilà un truc prioritaire. Pendant cinq ans, l'autre andouille nous a seriné qu'il allait inverser sa courbe, avec un tel succès qu'il n'a même pas osé se représenter…

    Et à mon avis, s'il n'y a pas quelque chose qui se passe à ce niveau-là assez vite, les manifs contre la loi travail —le retour de la vengeance du numéro 3 ou 4, on finit par perdre le fil entre les versions Macron, El Kohmri, Macron à nouveau- ça pourrait finir par ressembler à un jour de Mardi gras dans une école primaire, si vous voyez ce que je veux dire.

    Et quand on regarde bien, les trucs sociétaux, comme il est convenu de les appeler —M. Collomb emploie le terme plus juste de civilisationnel- ça nous donne quoi? Si on en juge par l'expérience du mariage dit «pour tous», ça nous donne un groupe de pression ultra-minoritaire —désolé les LGBTI, mais en pourcentage de la population, vous ne pesez pas super-lourd-, mais qui sait oh combien se faire entendre, un groupe, donc, qui est content. Il a eu enfin le droit de connaître les joies du mariage, du divorce, tout ça…

    Et puis ça nous donne quelques centaines de milliers de vieux cons, réacs, bourgeois, versaillais, fachos sur les bords —et au milieu aussi si l'on en croit les gazettes-, qui battent le pavé pendant des mois et font un foin de tous les diables.

    Alors certes ça a été en vain, tous ces gens-là n'allant pas dans le sens de l'histoire telle que nous l'écrivent nos libéraux-libertaires de service, qui pullulent dans les allées du pouvoir et de rédactions parisiennes, mais entre les cortèges anti-réforme du Code du travail, ceux des vieux-cons-réacs, etc. qui vont débouler avec leurs sweats roses et bleus contre la PMA, les pistes cyclables de 15 mètres de large, les travaux, les pannes de RER, les grèves de métro, ça va devenir un brin compliqué dans Paris.

    Et en tant que ministre de l'Intérieur, donc qui donne ses ordres au préfet, notamment celui de la capitale, Gérard n'est peut-être pas insensible au casse-tête en question, pas plus qu'en fin politique, il n'est insensible au fait qu'un président en chute libre dans les sondages a peut-être mieux à faire que de multiplier les mécontents comme des petits pains.

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