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    Désaccord majeur

    Jeannette Bougrab contre l’islamophobie

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    Stanislas Tarnowski
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    Jeannette Bougrab, directrice de l’Institut français de Finlande et auteur de «Lettre d’exil, la barbarie et nous», est longuement revenue sur l’islamophobie en France au micro de Ruth Elkrief, sur BFMTV. Bien mieux que nous ne saurions le faire, elle a dénoncé ce qui s’apparente à un véritable délit de blasphème en France.

    Bonne nouvelle, chers auditeurs, aujourd'hui, je vais fermer ma bouche, ou presque.

    Je suis en effet tombé sur une interview de Janette Bougrab par Ruth Elkrief. C'est chez nos confrères propagandistes —pardon, journalistes- de BFMTV.

    Janette Bougrab, avec son sourire triste, sa voix posée, sa douce, mais inflexible détermination, dit ce que je pense bien mieux que je ne saurai le faire, et avec bien plus de légitimité que je ne saurai jamais en avoir —vous pensez, elle est femme, fille de harki, elle fut la compagne de Charb, l'un des dessinateurs de Charlie hebdo assassiné en 2015 par les djihadistes.

    Et de quoi parle-t-elle? De l'impossibilité de parler, justement. Chose promise, chose due, on l'écoute tout de suite:

    «Sur des sujets extrêmement difficiles, le pense à Kamel Daoud, l'écrivain algérien, qui est un des rares à défendre les droits des femmes, quand on voit comment il a été attaqué lorsqu'il a fait sa tribune pour défendre les femmes à Cologne…»

    Voilà un auteur et journaliste, algérien, ancien islamiste dans sa jeunesse, réduit au silence quand il parle des dangers de l'islamisme… et de l'islam en général, mais il n'est pas seul:

    Quand ont voit que Leila Slimani qui a le courage de faire une enquête sur la sexualité au Maroc est victime des pires injures, je me dis qu'il y a un problème. Il y a quelques courageux, comme Boualem Sansal et moi j'ai juste voulu me faire leur porte-voix, parce que si on n'y prend pas garde et je pense déjà dans une situation très difficile et je pense qu'il y a une génération perdue, voilà.

    Pour rappel, Leila Slimani, c'est tout de même la lauréate du Goncourt 2016. Et que leur arrive-t-il, à ces braves gens? écoutons encore Janette:

    Quand je vois que Kamel Daoud, qui était journaliste, se sent obligé de quitter son métier de journaliste parce qu'il est attaqué sans arrêt, qu'on l'accuse d'être d'islamophobe, qu'on l'accuse d'être raciste, que quelqu'un soit abandonné tellement les propos sont haineux, il y a un problème. C'est-à-dire qu'on reproche à des gens comme K, qui vit à Oran, à Boualem Sansal qui vit dans ses montagnes de Kabylie… Par exemple, en Algérie, vous savez ce qu'ils viennent de faire? D'interdire le voile intégral à l'école. Est-ce qu'on va dire aux Algériens «vous êtes islamophobes»?»

    Eh oui, chers auditeurs, même des musulmans se font traiter d'islamophobes! l'islamophobie, cette espèce de résurrection maladive du délit de blasphème. Délit, je le rappelle, qui a été supprimé du droit français par les articles 10 et 11 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789. Bon, soyons précis, en l'Alsace-Moselle, du fait de son statut particulier, le délit a subsisté jusque début 2017, mais autant dire qu'il n'était plus guère appliqué.

    Vous l'aurez compris, mon combat pour la liberté d'expression ne souffre aucune exception, et je revendique, comme Janette Bougrab, Kamel Daoud, Leila Slimani, mais aussi Éric Zemmour, pourquoi pas, le droit de critiquer l'islamisme et même l'islam si ça me chante. Et ce d'autant plus que l'exemple vient des pays musulmans eux-mêmes, comme nous le rappelle Janette Bougrab, à qui je laisse bien volontiers le mot de la fin:

    Quand je vois la polémique qu'il y a en France sur le burkini et qu'en Algérie, elles mettent à Annaba le bikini, quand je vois qu'à Science po, on fait la «journée du hijab» alors qu'en Iran elles enlèvent le voile, que des maris mettent un voile pour dénoncer la situation des femmes, je me dis «où est cette France que j'aime tant et que je chéris»?»

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    Tags:
    burkini, islamophobie, France
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