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    Désaccord majeur

    Terrorisme: les Autruches d’Or, suite du concours

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    Stanislas Tarnowski
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    Dans les réactions aux attentats de Las Vegas et de Marseille, l’émotion et la compassion dominent, mais certains commentateurs se sont aussi appliqués à minimiser le volet islamiste de ces actions. Comment évoquer des attentats djihadistes sans parler d’attentat ni de djihad? C’est ce à quoi s’appliquent les candidats aux Autruches d’Or.

    Mes chers auditeurs, Mme Obono, je vous demande bien humblement pardon. Hier, je terminais mon billet sur Danièle Obono en soupçonnant perfidement que celle-ci vécût dans le monde merveilleux des Bisounours, après avoir longuement supposé qu'elle concourût aux Autruches d'Or.

    Eh bien, c'est mon premier mouvement qui était le bon et si Mme Obono a plusieurs longueurs d'avance, ce ne sont pas les concurrents qui manquent, et de sérieux. C'est à la lecture des réactions sur les attentats de Marseille et de Las Vegas que je me suis rendu compte de ma grossière erreur. Comment parler du terrorisme islamiste en évitant le sujet? Comment se concentrer sur de faux problèmes? C'est en passe de devenir un sport national. Aura-t-on la discipline au JO 2024 à Paris?

    Tenez, pour Las Vegas, par exemple, ça commence en douceur avec Macron qui nous a tweeté ceci:

    ​Un tweet publié le 2 oct. 2017 à 15 h 8, donc à un moment où l'on connaissait déjà la revendication par Daech de ce massacre. Revendication certes controversée, plusieurs éléments ne cadrant pas avec le mode opératoire habituel des terroristes se réclamant de l'État islamique. Mais bon, déjà parler de «violence contemporaine», comme s'il s'agissait d'un état de fait ou, pire, d'une mode et pas de massacre (58 morts, 512 blessés tout de même), ne même pas évoquer l'hypothèse d'un attentat en dit long sur la puissance d'euphémisme, pour être gentil, d'Emmanuel Macron. 

    à ceux qui m'évoqueront les 140 caractères de Twitter, je rétorque:
    Pensée émue pour nos partenaires et amis américains victimes d'un massacre, peut-être terroriste à #LasVegas il y a quelques heures.

    132 caractères, exactement comme celui de Macron. Ou encore:
    Pensée émue pour nos partenaires et amis américains victimes d'un massacre, peut-être un acte djihadiste à #LasVegas il y a quelques heures.

    140 caractères tout rond.
    Mais, M. Macron, aussi intelligent, vivace, puissant physiquement, dixit Castaner soyez-vous, vous êtes battus à plate couture par cette brillante politologue qui pérorait sur France Inter:

    «Quelle que soit la forme du terrorisme, la question c'est celle du genre. Le rapport au patriarcat, à la masculinité hégémonique», explique la dame.

    Ah bah oui, c'est ça la question! je suggère de parachuter tout de suite les ABC de l'Égalité au Levant, histoire que les djihadistes déconstruisent leurs stéréotypes de genre, ça va les intéresser! Non parce qu'elle insiste, hein:

    «Orlando, qui était un attentat djihadiste l'année dernière c'était ça aussi, il y avait un problème avec la sexualité, avec le modèle de la virilité dominante.»

    Eh bien oui, en fait, tous ces terroristes sont des déséquilibrés, des camions fous, leurs motifs sont troubles et leurs antécédents psychiatriques sont lourds, on se tue à vous le dire depuis des années! Il n'y a qu'à leur payer une bonne psychanalyse et le tour est joué. Le djihadisme remboursé par la sécu en somme.

    Mais non, ma petite dame, le problème n'est pas «le rapport au patriarcat, à la masculinité hégémonique», le problème est l'idéologie mortifère qui inspire ces mecs… et ces femmes. Parce que si, comme vous l'affirmez à la suite de je ne sais quel sociologue américain 100% des tueries de masse aux USA sont le fait d'hommes (et c'est d'ailleurs le cas des attentats djihadistes en France), en Syrie et ne Irak, il y a pléthore de brigades féminines qui n'ont rien à envier aux individus de l'autre «genre», question atrocités.

    Et puis passons en France, ou un individu «genré masculin» a buté deux jeunes filles de 20 et 21 ans devant la gare Saint-Charles de Marseille au cri d'«Allahou Akbar» avant de se faire descendre.

    ​Alors, là, nous avons l'inénarrable Aurore Bergé, qui nous explique sur Sud Radio que

    «La République française n'a pas à cibler de manière plus particulière telle ou telle catégorie de population.»

    Bien sûr, ce n'est pas parce que tu es clandestin que tu es forcément terroriste, jeune fille, mais si, la République française a pour premier devoir de protéger ses citoyens et donc de cibler «telle ou telle catégorie de population» à risque de dérive islamiste et violente.

    Parce qu'encore une fois, je ne vois pas pourquoi au nom de la non-stigmatisation de «telle ou telle catégorie de population» on ne ferait pas tout pour protéger des terroristes la grande masse de ladite population.

    Que des mecs qui sont connus des services de police, fichés S ou pas, se baladent en liberté est choquant, comme le rappelle Alain Marsaud, ancien patron du service central de lutte antiterroriste au parquet de Paris dans les années 1980:

    «On n'expulse plus personne… C'est un problème d'idéologie.»

    ​Et je pourrais continuer ma litanie de candidats aux Autruches d'Or assez indéfiniment. Voyez-vous, je ne suis sans doute qu'un vieux con réactionnaire bas de plafond, mais ma réaction face à l'horreur terroriste islamiste qui nous frappe est plus proche de celle du Français moyen, à l'exemple de celles recueillies à Marseille juste après l'attentat au couteau. 

    «… de la tristesse forcément, un peu de colère aussi.
    "De la haine. Contre ces gens-là. Surtout que c'est deux femmes, ils n'ont même pas eu le culot de s'en prendre à des hommes. C'est très lâche."

    Ou de celle de Samuel Sandler, père et grand-père de victimes de Mohamed Merah:

    "… qu'il pourrisse dans un trou comme on laisse pourrir n'importe quel déchet"

    ​Et tant pis pour les belles âmes et les autruches que ça choque. 

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    Tags:
    terrorisme, fusillade, États-Unis
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