Trump VS. Clinton lequel des candidats serait mieux pour le reste du monde?

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Dans la course pour la Maison Blanche entre l’ancienne secrétaire d’état démocrate, Hillary Clinton, et l’homme d’affaires républicain Donald Trump, il y a deux profils très différents en ce qui concerne l’expérience internationale. Lequel serait mieux pour le monde en dehors des Etats Unis?

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Diana Johnstone est journaliste américaine résidant à Paris depuis 1990. Ancienne éditrice européenne de l'hebdomadaire « In These Times », elle fut aussi attachée de presse du groupe des verts au sein du Parlement Européen de 1990 à 1996. Elle est contributrice au journal «CounterPunch », spécialisée dans les politiques occidentales, et auteure du livre "Hillary Clinton: la reine du chaos".

Vincent Michelot est professeur de l'histoire politique des Etats-Unis à Sciences Po Lyon, et spécialiste de l'histoire politique des États-Unis, Il a co-rédigé « Le Bilan d'Obama ». Il est également auteur de « L'empereur de la maison blanche » et de « Le président des États-Unis: Un pouvoir impérial? »

Quel bilan donner à Hillary Clinton dans la politique étrangère?

Diana Johnstone: "Le bilan de Clinton est catastrophique; elle a planifiée sa carrière depuis qu'elle était mariée au président […]; elle s'est fait un curriculum vitae afin de dire aux gens qu'elle a de l'expérience, mais en regardant au détail, l'expérience est catastrophique: elle a encouragé les guerres qui créent le chaos, des états détruits et des réfugiés."

Vincent Michelot: "Le bilan de Clinton contraste avec celui de Trump, qui manque d'expérience dans les relations internationales. Lorsqu'elle devient Secrétaire d'état d'Obama, elle hérite de 8 années de politique étrangère d'une des pires périodes des USA. Son bilan peut être contrasté sur certaines régions, mais positif sur la promotion de l'égalité et la défense des libertés religieuses."

Peut-on blâmer George W. Bush pour la situation de la politique étrangère?

Diana Johnstone: "Je considère que Clinton représente le parti de la guerre, en continuation de Bush, plus que d'Obama; j'ai suggéré dans le passé qu'elle pouvait élue si le candidat républicain était mauvais. Le candidat républicain est ridiculisé par tout le monde, et évidemment je pense que le manque d'expérience dans le crime vaut mieux que de l'expérience."

Vincent Michelot: "Beaucoup ont commenté la continuité du premier mandat d'Obama par rapport aux mandats de Bush en matière de politique étrangère. Dans le cas de la Libye, on est dans le cas où on a inventé le terme de "leading from behind"; […] Clinton a agi dans un contexte précis, sans être indépendante d'Obama."

Hillary Clinton a-t-elle poussé à la guerre?

Diana Johnstone: "Il est bien connu qu'Obama n'était pas enthousiaste de cette guerre; les emails ont révélé que l'équipe de Clinton voulait utiliser son rôle dans la promotion de cette guerre pour devenir les champions du "regime change". Il y a cette scène où elle rit lorsque Kadhafi a été brutalement assassiné, et ses aides l'ont conseillé de prendre tout le mérite pour ce changement de régime. […] Elle se vante d'avoir fait cette alliance de pays arabes; selon des témoignages, elle a saboté des tentatives de compromis pacifique (militaires US, Afrique du Sud) pour que le vieillissant Kadhafi se retire. Elle a eu la tête de Kadhafi et c'est pour elle un atout politique."

Vincent Michelot: "Je suis sceptique: on voit circuler dans le camp de la droite et de Sanders des théories conspirationnistes sur Clinton; l'intervention en Libye a été coordonnée par trois pays; dans l'interview donnée par Obama à Geoffrey Goldberg dans "The Atlantic" montre bien qu'il était réticent sur ce dossier. […] Sur l'intervention en Ukraine, Clinton a laissé l'OTAN fonctionner de façon routinière, à l'heure actuelle cette institution est en crise, et cette élection doit permettre de redéfinir ses actions."

Les démocrates ont-ils tendance à faire campagne contre la Russie?

Diana Johnstone: "Ce n'est pas Clinton qui est responsable de la situation en Ukraine, mais son équipe, et les démocrates ont tendances à faire campagne contre la Russie; comme une campagne présidentielle contre Poutine. C'est comme un vote en faveur de la guerre contre la Russie."

Vincent Michelot: "Ce ne sont pas les démocrates qui ont invité Poutine dans le débat. C'est un débat surtout sur l'OTAN et sur le respect des grands équilibres de la diplomatie: la Russie n'est pas le grand Satan."

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Tags:
candidats, politique, Donald Trump, Hillary Clinton, États-Unis
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