L’objectif de Trump avec Jérusalem: «un containment vis– à-vis de l’Iran»

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La décision de Donald Trump, condamnée par l’Assemblée générale de l’ONU le 21 décembre, va-t-elle mettre le feu aux poudres au Moyen-Orient? Rachel Marsden recevait à ce sujet Karim Emile Bitar, spécialiste du Moyen-Orient à l’IRIS et de la politique étrangère des États-Unis et Emmanuel Dupuy, président de l’IPSE.

Le jeu en vaut-il la chandelle? Donald Trump a reconnu la ville de Jérusalem comme capitale de l'État d'Israël et a annoncé ainsi la décision d'y déménager l'ambassade américaine. Une mesure qui était demandée par la plupart de ses électeurs, évangélistes américains, mais qui risque de déclencher une nouvelle fois le chaos au Proche-Orient.

Malgré le vote de l'ONU qui lui a été défavorable, Donald Trump ne changera pas d'avis, selon Emmanuel Dupuy, président de l'IPSE (Institut Prospective et Sécurité en Europe), qui estime que le contexte international est très particulier: «cette décision n'aurait jamais pu se faire s'il n'y avait pas eu l'accord tacite de l'Arabie saoudite. En l'occurrence, le prince héritier Mohammed Ben Salmane avait initié le tir, puisque quelques jours auparavant, […] il avait proposé que la capitale de la Palestine ne soit pas Ramallah et encore moins Jérusalem-Est […], mais que la capitale palestinienne soit déplacée dans la ville d'Abu Dis, dans les faubourgs de Jérusalem». L'objectif plus profond de la création de ce front réunissant les Saoudiens, les Américains et Israël est le «containment vis- à-vis de l'Iran».

Pour Karim Émile Bitar, spécialiste du Moyen-Orient à l'IRIS (Institut de Relations Internationales et Stratégiques) et de la politique étrangère des États-Unis, la décision de Trump ne marque pas de rupture avec la politique étrangère américaine au le Proche-Orient, qui est d'assurer un «soutien quasi inconditionnel à l'État d'Israël». Et au contraire pour le chercheur de l'IRIS, cela peut avoir des conséquences à long terme dans la région et rendre «cette normalisation plus difficile, parce que les opinions publiques dans les pays alliés aux États-Unis restent très hostiles à cette idée, y compris en Arabie saoudite […] ça provoque des réactions nationalistes contre-productives et ça affaiblit les États-Unis».

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