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    Le Désordre mondial avec Rachel Marsden

    «Une alliance de Vancouver à Vladivostok» est un «vœu pieux»

    Le Désordre mondial
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    Rachel Marsden
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    Alors que les pays membres de l’Otan se réunissaient le 15 et le 16 février dernier à Bruxelles, Rachel Marsden et Jean-Baptiste Mendes se posent la question de la pertinence du Traité de l’Atlantique Nord en compagnie de leurs invités, l’amiral Alain Coldefy et le spécialiste de la Russie, Pierre Lorrain.

    14 février 2003: certains nostalgiques en France ont récemment commémoré les 15 ans du discours de Dominique de Villepin, alors ministre des Affaires étrangères de Jacques Chirac, dénonçant la future invasion américaine en Irak en 2003. Un discours de l'ancien diplomate aux accents très gaulliens: le Général de Gaulle avait lui-même retiré la France du commandement militaire intégré de l'Otan. Alors, comme le suggéraient plusieurs candidats à la présidentielle en 2017, la France doit-elle se retirer de l'Otan?

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    Pour l'amiral Coldefy, directeur de la revue «Défense Nationale», la question du retrait de la France de l'Alliance atlantique «n'a aucun sens».
    Au contraire, Pierre Lorrain envisage d'une autre manière cette interrogation. Le journaliste et écrivain, spécialiste de l'URSS et de la Russie, estime que la France doit rester dans cette alliance qui «jusqu'à présent n'a pas été totalement inutile, […], mais à une condition, c'est que l'on ouvre le dialogue avec la Russie».

    Il envisage ainsi une réforme de l'Alliance qui pourrait inclure la Russie: «on peut parvenir peut-être à un ensemble beaucoup plus large de défense, une structure de sécurité […] qui irait de Vancouver à Vladivostok». Mais selon l'amiral Coldefy, une telle modification au sein de l'Otan est essentiellement «un vœu pieux».

    Le 22 janvier 2018, trois cents soldats français de la mission Lynx ont été officiellement incorporés au sein du bataillon multinational de l'Otan, en Lituanie, c'est-à-dire à la frontière avec la Russie. Une mesure prise dans le cadre du renforcement des troupes de l'Otan dans les pays baltes. La Russie est-elle réellement une menace pour l'Europe? Pour l'amiral Coldefy, les sujets sur lesquels les ministres de la Défense de l'Alliance travaillaient à Bruxelles: «c'est les nouvelles menaces, pas du tout la Russie, c'est le terrorisme, c'est la Corée du Nord».

    Selon Pierre Lorrain, ce renforcement des troupes de l'Alliance atlantique a pour but principal de rassurer les pays baltes: «il semble que dernièrement, il y ait des tensions qui se développent, de mon point de vue, un peu unilatéralement, autour des frontières russes. À mon avis, les Russes ne font pas grand-chose pour attiser les tensions et c'est surtout les Occidentaux qui, dans le but de rassurer leurs alliés qui ont des frontières avec la Russie, qui font du brassage d'air, beaucoup de brassage de matériel militaire, très peu de brassage d'hommes». 

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    Tags:
    politique, OTAN, Vladivostok, Vancouver
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