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    Le Désordre mondial avec Rachel Marsden

    Yasar Yakis, ancien ambassadeur turc: «Daech a profité de la tolérance de la Turquie»

    Le Désordre mondial
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    Rachel Marsden
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    Deux mois après l’opération Rameau d’olivier, les forces militaires turques sont aux portes de la ville syrienne d’Afrine tenue par les Kurdes. L’occasion de revenir sur les virages de la diplomatie turque depuis le début du conflit syrien avec Yasar Yakis, ancien ministre des Affaires étrangères de la Turquie.

    Les «Gülenistes» pourchassés à l'intérieur et les Kurdes pourchassés à la frontière turco-syrienne. Deux ans et demi après la tentative de putsch contre le Président Erdogan et deux mois après le début de l'opération Rameau d'olivier, l'État turc semble avoir repris le contrôle de la situation en menant de vastes opérations de «contre-terrorisme», la dernière en date visant quatre membres présumés de Daech*, suspectés de menacer l'ambassade américaine à Ankara.

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    Pour Yasar Yakis, ancien ministre turc des Affaires étrangères (2002-2003), il est clair que les Occidentaux et la Turquie ont soutenu les rebelles dès le début des soulèvements. Il s'est avéré rapidement pourtant que les armes que l'on fournissait à l'opposition tombaient dans les mains d'extrémistes. Cela toujours selon le diplomate, la communauté internationale s'en est aperçue, mais la Turquie a «été un petit peu en retard, ou a été un petit peu trop lente pour rejoindre ce mouvement» et a ainsi continué à soutenir ces rebelles radicaux.

    Ce qui explique ainsi que Daech* ait pu s'étendre autant sans craindre de représailles de la part d'Ankara. Le diplomate le dit lui-même: «Daech* a profité de la tolérance de la Turquie». Il ajoute ainsi en citant un sondage de l'institut de recherches américain, le Pew Research Center, selon lequel en 2015, 8% de la population turque, soit 6 millions sur 80 millions, avait des sympathies, à des degrés variés, pour Daech*.

    Et Yasar Yakis continue en déclarant que certains hauts responsables de l'État turc ont estimé que l'organisation terroriste ne présentait pas de danger pour leur territoire: «quand Daech* a commencé ses activités, certains preneurs de décision en Turquie ont pensé […] que Daech* ne pouvait pas nous faire du mal, c'est comme ça que la Turquie est tombée dans le piège». Il revient en outre sur les nombreux trafics de pétrole en provenance des territoires contrôlés par Daech*, qui ont transité via la Turquie durant la guerre.

    *Daech est une organisation terroriste interdite en Russie

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    Daech, Turquie
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