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    Le Désordre mondial avec Rachel Marsden

    «Israël ne cherche pas une confrontation directe avec l’Iran»

    Le Désordre mondial
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    Rachel Marsden
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    Une base militaire syrienne a été touchée lundi 9 avril par des frappes aériennes. La Russie et la Syrie ont accusé Israël, qui aurait ainsi envoyé deux avions de chasse pour tirer huit missiles sur cette base. L’occasion de revenir sur la politique israélienne avec David Elkaïm, chercheur au CF2R, spécialiste d’Israël.

    Quatorze personnes tuées, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme, dans les frappes lancées par l'aviation israélienne sur la base T-4, une importante installation militaire syrienne entre Homs et Palmyre. Moscou et Damas accusent l'État hébreu d'avoir commis cette attaque. Pour quelles raisons Tel-Aviv aurait-il décidé de lancer ces frappes sur le territoire syrien?

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    Quatre conseillers militaires iraniens auraient été tués dans cette attaque israélienne. Pourtant Israël n'a pas revendiqué cette attaque. Comment l'expliquer? Pour David Elkaïm, chercheur au Centre français de recherche sur le renseignement (CF2R), auteur de L'histoire des guerres d'Israël, publié chez Tallandier, il n'y a pas de doute, c'est bien Israël qui est à l'origine de ce bombardement. Il ajoute même que c'est calculé: «pour ne pas encore monter la tension. Parce que si Israël dit oui c'est moi, ça met l'Iran dans une position difficile s'il ne réplique pas».

    Quelle est la position de Tel-Aviv vis-à-vis de Téhéran? Sommes-nous proches d'un conflit direct entre ces deux puissances? Le spécialiste d'Israël estime que l'État hébreu «ne cherche pas une confrontation directe avec l'Iran. Les deux pays se sont mutuellement identifiés au moins officiellement comme adversaires voire des ennemis irréconciliables […] Aucun des deux n'a intérêt à déclencher une attaque, une guerre entre les deux pays. Parce que les répercussions seraient énormes, les destructions seraient énormes et surtout il y aurait un risque d'embrasement encore pire de la région que c'est déjà le cas actuellement».

    Israël reste relativement neutre dans ce conflit en Syrie, sauf lorsqu'il estime que ses intérêts vitaux sont en jeu. David Elkaïm détaille ces lignes rouges: «Pour Israël, les lignes rouges sont assez claires. Israël craint que l'Iran et le Hezbollah se constituent des zones quasi autonomes en Syrie. Là-bas entassent des missiles, des drones, éventuellement même des avions, et que ça devienne une place forte irano-Hezbollah et qu'à partir de là, les tensions à la frontière syro-israélienne repartent».

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    Tags:
    confrontation, Israël, Iran
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