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    Le Désordre mondial avec Rachel Marsden

    «Trump est dur avec ses meilleurs amis et il flatte les challengers potentiels»

    Le Désordre mondial
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    Rachel Marsden
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    Alors que Donald Trump a œuvré à renouer ses relations avec Pyongyang, comment expliquer sa position intransigeante vis-à-vis de ses plus proches alliés et voisins, comme le Canada et le Mexique? Un entretien avec Mathieu Arès, chercheur au Centre d’études sur l’intégration et la mondialisation de l’Université de Québec à Montréal.

    Ce mardi 12 juin, le locataire de la Maison-Blanche s'est déplacé à Singapour pour une rencontre historique avec Kim Jong-Un, le leader suprême de la Corée du Nord. Un sommet historique entre les deux protagonistes de la guerre de Corée, qui n'ont toujours pas igné de traité de paix. Paradoxalement, quelques heures auparavant, Donald Trump utilisait un ton bien plus vindicatif à l'encontre de ses partenaires du G7, notamment le Canada.

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    Afin de justifier la mise en place de nouvelles taxes sur l'acier et l'aluminium, le Président américain a invoqué la sécurité nationale, prétexte afin de passer outre le Congrès. Une décision insultante selon Justin Trudeau, alors qu'une rencontre tripartite entre les pays de l'ALENA aurait dû se tenir. Mathieu Arès, chercheur au Centre d'études sur l'intégration et la mondialisation de l'Université de Québec à Montréal, rappelle le lien militaire fort entre les deux nations:

    «Au-delà de l'Otan, le Canada fait partie de Norad, qui est le système de défense intégré d'Amérique du Nord au niveau de la surveillance aérienne et de la couverture aérienne de l'Amérique du Nord et on alterne généraux américains et généraux canadiens à tour de rôle pour assurer la sécurité.» Le politologue rappelle également que «la frontière n'est pas sécurisée sur une très grande partie.»

    Mathieu Arès soulève ainsi ce paradoxe majeur que constitue la politique étrangère de Donald Trump ces derniers mois. Alors qu'il tonne contre de proches alliés tels que le Canada et l'Allemagne, il se montre plutôt conciliant avec la Chine et la Russie:

    «Trump est dur avec ses meilleurs amis et il flatte les challengers potentiels, la Chine (il y a eu un accord il n'y a pas si longtemps), la Russie (on n'en parle même pas), donc il y a une certaine dérive un peu inquiétante. Est-ce que Trump veut démondialiser? Je pense qu'il n'y arrivera pas.»

    Au-delà de ces querelles diplomatiques, les relations économiques entre Washington et ses deux partenaires de l'ALENA sont extrêmement importantes et peuvent pâtir de ce contexte international. Par rapport au Canada et surtout au Mexique,

    «l'Europe est moins tributaire des États-Unis, c'est un partenaire majeur, mais nous, 70-80 % de notre commerce qui se fait avec eux, alors que pour l'Europe c'est essentiellement un commerce intra-européen qui est prédominant, mais ils se sentent quand même bousculés par l'allié.»

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    Kim Jong-un, Justin Trudeau, Donald Trump, Russie, Chine, Allemagne, Canada, Corée du Nord, États-Unis
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