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    Le Désordre mondial avec Rachel Marsden

    « Le Président Trump […] a accordé son soutien à la survie du régime »

    Le Désordre mondial
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    Rachel Marsden
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    La rencontre du 12 juin à Singapour entre Donald Trump et Kim Jong-Un soulève des interrogations : paix dans la péninsule, dénucléarisation, démocratisation à Pyongyang… Au-delà du satisfecit de la Maison-Blanche, quelles ont été les avances concrètes ? Entretien avec Pascal Dayez-Burgeon, ancien diplomate français en poste en Corée du Sud.

    « Le Président Obama déclarait que la Corée du Nord était notre plus grand et dangereux problème. Plus maintenant… Dormez bien ce soir ». Voici ce que disait Donald Trump dans un tweet du 13 juin suite à sa rencontre avec Kim Jong-Un, le leader nord-coréen. De nombreuses choses ont été évoquées lors de ce sommet historique, mais qu'a-t-il été décidé concrètement?

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    Pour Pascal Dayez-Burgeon, ancien diplomate français en poste en Corée du Sud, ce sommet n'a produit aucune avance tangible et ressemble surtout à un coup médiatique de l'ancienne star du show-biz, désormais Président des États-Unis:

    « Il est historique au sens où c'est effectivement la première fois qu'un Président américain en exercice rencontre le chef de la Corée du Nord. En revanche, la déclaration finale ne dit pas grand-chose. Des espoirs avaient été placés dans ce sommet pour des annonces sur un traité de paix par exemple, puisque depuis la fin de la guerre de Corée en juin 1953, il n'existe qu'un armistice. »

    L'ancien diplomate considère également qu'il y a quiproquo entre les positions américaine et nord-coréenne:

    « Le texte parle de dénucléarisation de la péninsule et non de la Corée du Nord. Donc pour les Américains, dénucléarisation ça veut dire dénucléarisation. Pour la Corée du Nord, dénucléarisation de la péninsule, ça veut dire retrait des Américains au sud. Ça, on en doute un peu. Il y a aussi un système antimissile au Sud, il n'a pas été question de le démanteler. Par ailleurs, le président Trump dans la conférence de presse a accordé son soutien à la survie du régime. »

    Pascal Dayez-Burgeon estime en plus que cette rencontre a enterré pour le moment les espoirs de réunification de la péninsule séparée par la guerre depuis plus de 70 ans:

    « La conclusion du sommet, c'est au revoir la réunification, car il y a une Corée du Nord officielle et une Corée du Sud officielle, on ne voit pas très bien comment la réunification serait possible, à brève ou moyenne échéance. »

    Qui donc est sorti victorieux de ce sommet? Pour Pascal Dayez-Burgeon, c'est évidemment la Corée du Nord:

    « Kim Jong-Un est le chef de rien, parce que la Corée du Nord c'est rien, c'est minuscule il n'y a aucun PIB, c'est un des pays les plus pauvres au monde; il est reçu d'égal à égal, mieux que Mme Merkel, par le président américain. Donc c'est une reconnaissance et une victoire diplomatique. »

    Quelle est la stratégie du dirigeant nord-coréen? Souhaite-t-il une démocratisation progressive de son régime? L'ancien diplomate en poste en Corée du Sud rappelle que les camps de concentration existent toujours dans ce pays.

    « On lâche sur la bombe, mais on garde les camps. Pourquoi les camps sont-ils importants? C'est la terreur, c'est un régime de terreur. Tout le monde a très peur de partir dans les camps. Or tout le monde à peu près y est allé […] Les rapports des Nations unies sont très clairs, il y a des photos satellites, on voit très bien, on parle de 160.000 à 200.000 personnes. »

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