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    Le Désordre mondial avec Rachel Marsden

    Le soft power américain concurrencé par l’Europe et la Chine

    Le Désordre mondial
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    Rachel Marsden
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    En parallèle avec le hard power, existe également le concept de soft power pour caractériser la puissance d’influence d’un État. Les États-Unis sont souvent cités en exemple comme des maîtres en la matière, mais ils ne sont pas les seuls à en user. Entretien avec David Vauclair, professeur de géopolitique et d’histoire contemporaine.

    Coca-Cola, Disneyland, le dollar, ces trois éléments reviennent souvent à l'esprit lorsque l'on évoque le concept théorisé par Joseph Nye, le soft power américain. Mais alors que l'image américaine est au plus mal dans le monde, aggravée par les extravagances de Donald Trump, quelles sont les puissances qui peuvent rivaliser avec les États-Unis dans ce domaine?

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    David Vauclair, professeur de géopolitique et d'histoire contemporaine, cite ainsi les différents soft power dans le monde:

    «D'autres modèles sont en train de concurrencer le modèle américain. On peut penser aux différents modèles européens, on peut penser au modèle russe, au modèle indien et bien sûr au modèle chinois.»

    Le très récent film chinois qui a fait un carton au box-office est Wolf Warrior 2 qui reprend tout à fait les codes américains, mais inverse bien évidemment les rôles:

    «Les héros sont évidemment chinois, le méchant est américain, qui représente une forme de pouvoir néo-colonialiste et effectivement les différents héros chinois viennent en aide aux différents pays africains. Il faut remarquer que le soft power chinois est particulièrement important en Asie du Sud-est et en Afrique. Pékin a décidé d'avoir une politique qui se concentrerait sur l'Afrique pour essayer d'augmenter la place que peut avoir la Chine au sien des différentes mentalités. Et ça fonctionne en particulier dans le centre et l'ouest de l'Afrique.»

    Le géopoliticien constate que dans plusieurs pays africains, la Chine investit largement, notamment dans le domaine de l'éducation:

    «Il y a un très gros effort pour amener des étudiants africains en Chine. Depuis 2017, la première destination pour les étudiants africains, c'est devenu la Chine.»

    Les États-Unis restent toutefois la référence en matière de soft power. Comment expliquer cette hégémonie? David Vauclair développe les spécificités du modèle américain:

    «Le modèle américain est un modèle extrêmement réceptif aux influences globales, et donc en conséquence s'adapte aux différents marchés sans trop de difficultés. Il y a une véritable volonté de s'adresser au plus grand nombre […] Il est à la fois très provincial […] et parallèlement c'est un modèle qui est profondément globalisant […] On peut penser bien sûr à l'ensemble des films Disney qui, la plupart du temps, sont des histoires qui viennent d'ailleurs».

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