Brexit: «Les Britanniques auraient pour objectif de transformer Londres en Singapour de l’Europe»

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Le divorce du Brexit est acté et les parlementaires britanniques de l’Union européenne ont quitté Bruxelles. Mais les premières retombées n’ont pas tardé. Libre-échange, pêche, pression migratoire, fiscalité, Défense… Michel Taube, rédacteur en chef d’Opinion internationale, analyse cette première phase post-Brexit au micro de Rachel Marsden.

Le divorce du Brexit est officiellement acté et les membres britanniques du Parlement européen ont quitté le bâtiment à Bruxelles pour de bon. Les partisans du Brexit veulent comme preuve que leurs opposants avaient tort le fait que l’économie britannique ne s’est pas effondrée, contrairement à certaines prédictions alarmistes.

Michel Taube, rédacteur en chef d’Opinion internationale, explique que les Anglais savent bien ce qu’ils veulent et où ils veulent aller:

«Les Britanniques sont de redoutables négociateurs. Quand ils étaient membres de l’UE, ils étaient souvent hostiles à des directives européennes, il n’empêche que c’étaient les meilleurs pour préparer les directives et pour négocier pied à pied tous les termes de la négociation européenne. Et nous, Français, qui sommes très pro-européens, on était souvent les moins bons.»

Taube cite notamment l’expertise européenne du nouveau Premier ministre britannique:

«Il y a un journaliste britannique qui connaissait très bien l’UE. Il s’appelle Boris Johnson. Il a été journaliste en poste à Bruxelles pour de grands journaux britanniques. Les Britanniques, bien que sceptiques sur l’Europe, ont toujours été de grands connaisseurs de l’UE.»

Il risque quand même d’y avoir des turbulences entre les deux parties lors de la période de transition. Le commerce post-Brexit avec l’Union européenne a connu un début houleux, la Grande-Bretagne accusant Bruxelles de revenir sur l’accord de libre-échange. Y aura-t-il un grand gagnant ou perdant? Taube livre un exemple:

«Demandez aux pêcheurs français ce qu’ils en pensent. Depuis le 1er février, les îles Anglo-normandes ont décrété l’interdiction aux pêcheurs français d’aller pêcher sur les côtes britanniques. C’est un premier dommage collatéral de la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, mais la réalité c’est qu’effectivement, on n’est pas dans un cataclysme.»

Le rédacteur en chef explique que la France subit aussi une pression migratoire liée au Brexit:

«Pour le moment, c’est du côté français que l’on gère la pression migratoire avec Calais et des centaines, voire des milliers de demandeurs d’asile qui n’ont qu’un espoir, c’est d’aller en Grande-Bretagne; donc, c’est du côté français que l’on gère le problème. Et avec la sortie des Britanniques de l’EU, peut-être qu’il faudrait se demander si les Britanniques ne devraient pas faire plus d’efforts pour gérer, eux, cette pression.»

Taube explique aussi que la Grande-Bretagne pourrait mettre de la pression fiscale sur l’Europe en se rendant plus attractive que ses voisins aux yeux des investisseurs:

«Les Britanniques auraient pour objectif de transformer Londres en Singapour de l’Europe, c’est-à-dire une sorte de paradis fiscal britannique pour attirer un maximum de capitaux avec les autres capitales européens comme Paris et Francfort.»

Cependant, Taube croit que très peu changera sur le plan de la Défense, malgré le Brexit:

«Les Britanniques et les Français sont très proches, très liés à la fois au niveau de l’industrie de Défense et au niveau des relations politiques, diplomatiques et au niveau de l’armée. Et moi je dirais que le Brexit ne va rien changer à cette relation.»

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Boris Johnson, Brexit
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