«Après avoir profité de ses révélations, les médias occidentaux ont diabolisé Julian Assange»

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Arrestation de Julian Assange à Londres, 2019 (82)
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Le procès de Julian Assange a récemment démarré à Londres. Il pourrait déboucher sur son extradition vers les États-Unis, un pays où le fondateur de WikiLeaks sous le coup de 18 chefs d’inculpation, risque 175 ans de prison. Pepe Escobar, journaliste indépendant, revient pour le Désordre mondial sur les tenants et aboutissants de ce procès.

Il est recherché en Amérique pour 18 chefs d’inculpation, notamment de piratage et d’infractions à la loi sur l’espionnage, et pourrait encourir jusqu’à 175 ans de prison. Le sort de Julian Assange, fondateur de WikiLeaks, est en cours d’instruction par un tribunal de Londres, qui déterminera s’il sera extradé aux États-Unis.

Ses avocats affirment, éléments à l’appui, que les actions du gouvernement américain sont motivées politiquement. Pepe Escobar, journaliste indépendant, qui suit de près le dossier, se dit plutôt d’accord avec cette analyse:

«C’est un tribunal stalinien, un “tribunal kangourou” [terme ironique anglo-saxon pour qualifier un tribunal qui ignore les normes reconnues du droit ou de la justice, nldr] où le résultat est à peu près prédéterminé par le gouvernement britannique, par les torys, par le “deep State” anglais, par le juge principal. C’est une cour qui est l’annexe d’une prison de haute sécurité. C’est complètement hallucinant.»

Le journaliste, qui travaille dans la presse depuis 40 ans, s’en prend aux médias mainstream, dont la presse française, pour ce qu’il qualifie de «lâcheté» dans leur traitement d’un cas qui touche profondément à la liberté de la presse:

«Le Monde a profité des révélations de 2010 de Julian Assange, tout comme Der Speigel, El País, The Guardian et le New York Times. Après, ils ont fait un 180 degrés et comme les autres journaux, ils ont commencé un processus de dénigration et de diabolisation de Julian Assange.»

Escobar oppose à ce traitement de l’affaire Assange celui d’autres médias, dont Sputnik, parfois critiqués pour leur choix de continuer à la couvrir:

«Le récit que l’on trouve chez Sputnik, chez RT, c’est justement le récit qui essaie de briser ce consensus établi par la presse hégémonique anglo-américaine. Alors, c’est la même chose avec la presse chinoise. Si on lit les mêmes infos dans la presse américaine ou anglaise et après dans la presse russe, chinoise ou iranienne, ce sont tous des complotistes.»

Le gouvernement américain accuse Assange d’espionnage et soutient qu’il a manipulé sa source, Chelsea Manning, ancien officier du renseignement militaire américain, qui a volé des documents classifiés du système de gouvernement américain et les a livrés à Assange. Les États-Unis affirment que c’est ce rôle de pilotage d’une source afin d’obtenir des informations qui a fait qu’Assange a franchi la ligne rouge entre le journalisme et l’espionnage. Le journaliste réagit à l’accusation:

«C’était l’initiative de Chelsea Manning, d’abord. Chelsea Manning a cherché WikiLeaks parce qu’il avait tous ces dossiers absolument extraordinaires. Julian les a accueillis, les a publiés, et il n’y a pas eu d’opération de coercition ou d’influence sur Chelsea Manning. Le fonctionnement de WikiLeaks n’est pas comme ça. Il n’y a pas eu de contact direct du genre: “Tu me donnes ça, je te donne ça”. WikiLeaks ouvre une porte à tous les lanceurs d’alertes de la planète.»
Dossier:
Arrestation de Julian Assange à Londres, 2019 (82)

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Lenin Moreno, Dana Rohrabacher, Richard Grenell, Juan Branco, Julian Assange
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