«S’il y a un pays qui n’a aucune leçon à donner» sur la gestion de la crise sanitaire, «c’est bien l’Amérique»

Le Désordre mondial
URL courte
Par
10658
S'abonner

Les gouvernements occidentaux critiquent l’assistance humanitaire de la Russie, de la Chine et de Cuba aux pays touchés par le coronavirus, la qualifiant de «propagande». Michel Raimbaud, ancien diplomate, commente la «diplomatie de masques» au micro de Rachel Marsden.

En pleine pandémie de Covid-19, des médecins cubains ont été invités en Italie, où ils ont construit un hôpital de campagne en Lombardie. Le département d’État américain s’en est ému, tweetant: «Cuba offre son assistance médicale internationale aux personnes atteintes de Covid-19 uniquement pour compenser l’argent qu’il a perdu lorsque certains pays ont cessé de prendre part à ses programmes violents.»

Et lorsque des images sur les réseaux sociaux ont montré un avion rempli de matériel médical russe à New York, l’État américain le plus durement touché par le coronavirus, Donald Trump a été contraint d’expliquer pourquoi il aurait autorisé cette opération.
Il n’a pas fallu longtemps avant que d’autres ne signalent que les respirateurs achetés par les États-Unis avaient été fabriqués par une entreprise russe sous sanctions américaines. D’ailleurs, divers reportages ont cité des responsables anonymes qualifiant les produits chinois, comme les masques de protection, d’inutiles. L’aide de la Russie, de Cuba et de la Chine est souvent qualifiée de néfaste ou de propagande. Quelle est donc la vérité?

Michel Raimbaud, ancien ambassadeur de France, dont le dernier livre «Les guerres de Syrie» est paru aux Éditions Glyphe, revient sur les critiques du département d’État vis-à-vis de l’aide médicale cubaine:

«Toutes les accusations américaines sur les conditions de travail qui seraient faites –les États-Unis accusent Cuba de pratiquement donner un travail d’esclave à leurs médecins–, je crois que c’est tout à fait de la mauvaise foi. Au lieu de regarder la paille dans l’œil des Cubains, il vaut mieux de regarder la poutre qui est dans l’œil du système médical américain.
Et s’ils reprochent à Cuba d’envoyer du personnel médical aux pays qui sont frappés par le coronavirus, c’est toujours beaucoup mieux que d’envoyer des bombardiers pour continuer des sanctions militaires et de poursuivre la guerre contre un certain nombre de pays au Proche-Orient et ailleurs.»

L’ancien diplomate explique l’histoire et l’origine de ce programme cubain, et comment la France en a aussi profité:

«Même la France, qui aurait pu être chatouilleuse sur la question, a demandé par exemple que le Cuba envoie des équipes médicales en Martinique, Guadeloupe et Guyane. C’est parce qu’il y avait une nécessité et que la France est consciente de la qualité de sa couverture médicale.»

Raimbaud commente expérience du terrain de ce personnel, pertinente face à la crise sanitaire actuelle:

«Les Cubains ont une grosse expérience sur le continent africain, pas seulement pendant les guerres de décolonisation, mais plus récemment contre la fièvre Ebola. Ils sont intervenus assez massivement. On avait demandé leurs compétences, car ils ont acquis une connaissance spécifique dans la lutte contre les virus exotiques.»

Raimbaud commente aussi les critiques adressées à l’assistance fournie par la Russie, qualifiée par certains de «propagande»:

«La Russie essaie de pousser une carte diplomatique. Ce n’est pas la seule carte. Ça n’empêche pas la qualité de l’aide médicale. Il y a des gens qui essaient de pousser des cartes diplomatiques sans offrir aucune aide... Je crois que s’il y a un pays qui n’a aucune leçon à donner sur la gestion de la crise, je crois que c’est bien l’Amérique.»

Lire aussi:

Cinq morts, dont un enfant, et des blessés en Allemagne où une voiture a foncé sur des piétons - images
Ces armes russes qui font de l’Algérie une puissance militaire régionale
Cette photo prise dans une unité Covid-19 devient virale
Macron indique à quelle période aura lieu la première campagne de vaccination en France
Tags:
Italie, Russie, Cuba, Covid-19, Chine
Règles de conduiteDiscussion
Commenter via SputnikCommenter via Facebook