Que faisaient en Libye 21 personnes titulaires de passeports étrangers y compris français?

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Marchands d’armes, mercenaires et factions rivales: la Libye est plus que jamais le théâtre d’affrontements sanglants et de coups bas. Rachel Marsden fait le point avec Jalel Harchaoui, chercheur à l’institut des relations internationales de Clingendael, aux Pays-Bas, et Michel Scarbonchi, ancien député européen, au micro de Rachel Marsden.

Un marchand d’armes maltais vient d’être inculpé pour avoir violé les sanctions de l’Union européenne contre la Libye. Selon le reportage du Times of Malta, l’homme d’affaires, James Fenech, qui réfute toutes les accusations, est désormais accusé d’avoir utilisé deux bateaux de qualité militaire pour transporter des mercenaires hors de Libye en juin 2019.
 

L’accusé affirme que le contrat en question a été passé avec une entreprise enregistrée aux Émirats arabes unis et que les bateaux militaires envoyés en Libye n’ont été utilisés que pour l’évacuation de 21 personnes titulaires de passeports britanniques, français, américains, australiens et sud-africains. Que faisaient-ils en Libye? Et qui étaient leurs contacts à l’intérieur de ce pays ravagé par la guerre?
Actuellement, deux factions principales se disputent le pays, celle du maréchal Khalifa Haftar d’un côté et celle du gouvernement de Fayez el-Sarraj, officiellement reconnu par l’Onu, de l’autre. Haftar a récemment déclaré une trêve pour le ramadan, un premier pas vers la fin de cette interminable guerre?
 
Jalel Harchaoui, chercheur à l’institut des relations internationales de Clingendael, aux Pays-Bas, met en perspective cette inculpation à Malte:

«Des deux côtés, surtout en 2019, où les deux grands faisceaux d’interférence étaient clandestins, il y avait des agissements clandestins à une très grande échelle. Et Malte a souvent été, au cours de la décennie qui vient de s’écouler, depuis la grande fracture de 2011, un petit peu l’endroit où les gens se font avoir.
Les grands incidents, on arrive à les camoufler quand on passe par l’Égypte ou d’autres canaux. En revanche, Malte, c’est un petit peu le territoire de l’Union européenne où il y a beaucoup d’infractions... Malte, c’est un prisme qui permet de découvrir beaucoup de choses.» 

Michel Scarbonchi, ancien député européen, relativise l’importance de cette affaire:

«Cela pourrait être des travailleurs dans le secteur pétrolier. On peut penser ça. Ou bien l’autre hypothèse serait que ce sont des mercenaires... Il y a eu tellement de violations du cessez-le-feu que ce sont des épiphénomènes... Quand on voit toutes les violations, des deux côtés d’ailleurs, et par les États qui les soutiennent, cette évacuation est un épiphénomène.» 

Scarbonchi souligne le rôle de la France dans cet interminable conflit: 

«Moi-même, qui étais présent en 2017 quand le maréchal [Haftar, ndlr] a déjà tenté en décembre 2017 de marcher sur Tripoli... C’est Le Drian et la France qui l’ont empêché de le faire en privilégiant la solution politique plutôt que la solution militaire. Au bout de cinq ans, entre 2015 et 2019/2020, le maréchal en a eu marre d’attendre la solution diplomatique, donc il a choisi l’option militaire.» 

Cependant, Harchaoui identifie une potentielle voie de sortie du conflit, qui pourrait effectivement jouer en faveur de Haftar

«On peut toujours faire valoir le caractère illégal et clandestin de l’intervention turque pour petit à petit confisquer la reconnaissance internationale dont Tripoli jouit et la transférer vers ce nouveau gouvernement.»

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Tags:
Fayez el-Sarraj, France, Libye, Khalifa Haftar
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