Violences policières aux États-Unis: «ce n’est pas une question d’ethnie, mais plutôt de tactique de police»

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La police américaine subit le contrecoup de la mort de George Floyd à Minneapolis des mains de l’agent de police Derek Chauvin. Mais que pensent les autres policiers américains de l’incident et de la réaction d’une partie de la population? Décryptage de Marc Ruskin, ancien agent spécial du FBI, au micro de Rachel Marsden.

Les autorités policières américaines subissent le retour de flamme de la mort de George Floyd à Minneapolis, des mains d’un policier. D’importantes manifestations ont éclaté dans plusieurs villes des États-Unis pour protester contre les violences et les discriminations policières, jugées systémiques.
 

Certaines des manifestations ont elles-mêmes dégénéré. Des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc ont été tirés et des journalistes ont même délibérément été pris pour cible. Plusieurs généraux qui ont servi dans l’Administration Trump, dont Mark Esper, son propre Secrétaire à la Défense, se sont prononcés contre la suggestion du Président de recourir à l’armée pour réprimer les manifestations.
Pendant ce temps, l’extrême droite et l’extrême gauche s’accusent mutuellement de provocations au vandalisme et à la violence au sein des manifestations. 
 
Marc Ruskin, ressortissant français, a passé 20 ans en tant qu’agent spécial du FBI, carrière durant laquelle il a reçu cinq éloges. Également ancien Procureur de district adjoint à Brooklyn, New York, il est l’auteur du livre «The Pretender: My life undercover for the FBI» (Éd. Thomas Dunne Books). Il réagit aux actions du policier Derek Chauvin qui ont déclenché les émeutes:

«Ce sont les tactiques de ce policier en particulier […] on n’enseigne rien de tel dans les académies de police. Moi, j’ai fait l’académie du FBI, où on apprend à se défendre et comment traiter quelqu’un de violent, et ça n’a rien à voir du tout avec ce qu’il a fait.
C’est quelque chose qu’il a inventé et malheureusement, deux des autres policiers qui l’accompagnaient étaient en poste depuis deux jours. En plus, Chauvin était leur agent d’entraînement, alors ils étaient mal placés pour intervenir. Est-ce qu’ils auraient dû faire quelque chose? Certainement. Mais malheureusement, Chauvin n’était pas accompagné de trois policiers avec beaucoup d’expérience qui auraient pu intervenir et faire quelque chose.»

L’ancien agent de la police fédérale commente le mouvement actuel en faveur d’une baisse des crédits de la police:

«Les gens qui veulent définancer la police ont un agenda. Si on regarde les statistiques du ministère de la Justice, ils ont des chiffres sur les incidents de police et les gens qui sont blessés lors des arrestations, et ce n’est pas qu’il y a plus de noirs ou de blancs ou de jaunes ou plus d’Hispaniques qui sont tués.
Au contraire, d’après ce que je comprends, le nombre de blancs tués par la police est plus haut que le nombre de noirs. Alors s’il y a un problème, ce n’est pas forcément une question de race ou d’ethnie, mais plutôt de tactiques de police.»

Donald Trump, accuse pour sa part l’extrême gauche –les antifas– de violences lors des manifestations et a dit vouloir les inscrire sur la liste des groupes terroristes. Ruskin explique pourquoi: 

«Quand un groupe est qualifié de terroriste intérieur, ça permet des enquêtes et l’application de certaines lois fédérales qui, sinon, n’auraient pas pu être utilisées. Une fois que les antifas sont mis sur la liste de groupes terroristes, la police fédérale pourra enquêter pour voir qui les finance et avec qui ils ont des liens.»

L’ancien procureur explique que la situation est propice à l’exploitation de tous bords:

«Quand il y a des émeutes et du désordre civil, les extrémistes de tous côtés vont toujours essayer de profiter de la situation, qu’ils soient d’extrême gauche ou d’extrême droite.»

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États-Unis, George Floyd
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