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Ebrahim Raïssi prendra ses fonctions cet été à la tête de l’Iran, mais son passé fait déjà polémique. Décryptage de François Costantini, géopolitologue spécialiste du Moyen-Orient, pour Le Désordre mondial.

«Ebrahim Raïssi est un Président relativement mal élu parce que certes, il a obtenu 62% des voix, mais il y eu plus de 51% d’abstention. L’abstention ne touche pas seulement la France, elle touche même l’Iran. Il y a à la fois un désintérêt populaire des Iraniens pour cette élection, et également une reprise en main par l’aile la plus décidée du régime.»

François Costantini, auteur de Les relations internationales en fiches (Éd. Ellipses), se penche ainsi sur le résultat de l’élection présidentielle en Iran.

L’arrivée d’Ebrahim Raïssi au pouvoir intervient sur fond de négociations sur le retour de Washington dans l’accord sur le nucléaire iranien. Si le nouveau dirigeant de l’Iran approuve le principe de ces pourparlers, il aurait d’emblée exclu l’éventualité d’une rencontre avec Joe Biden, toujours d’après Reuters.

«Nous soutenons les négociations qui garantissent nos intérêts nationaux. […] L’Amérique devrait immédiatement revenir dans l’accord et remplir ses obligations en vertu de l’accord», déclarait-il en conférence de presse.

«Dans le cadre des négociations sur le nucléaire, on avait placé en 2013 Hassan Rouhani, plutôt modéré. Cette fois-ci, on a placé à la tête de l’Iran un homme plutôt issu de l’aile dure du régime pour montrer que le retour des négociations n’ira pas de soi, du moins du côté de Téhéran. Cette fois-ci, on attend une levée des sanctions –exporter le pétrole iranien, le transporter– pour continuer les négociations», explique François Costantini.

Naftali Bennett, le nouveau Premier ministre israélien, a pour sa part estimé que l’élection de Raïssi était «un signal pour que les puissances se réveillent, un signal de dernière minute peut-être avant de revenir sur l’accord sur le nucléaire».

François Costantini revient sur le choix d’Ibrahim Raïssi, «homme de confiance du Guide suprême Ali Khamenei et qui fera ce que ce dernier lui dit de faire»:

«C’est le Guide suprême qui est le véritable chef du pays en Iran. La charge de Président est une charge de secrétaire de l’État, un rôle d’intendant. Il ne contrôle ni l’armée, ni la justice, ni la diplomatie, et encore moins les Pasdarans. Certains considèrent que l’élection d’Ebrahim Raïssi est une marche pour accéder à la charge de Guide suprême, on connaît sa proximité avec Ali Khamenei, notamment dans le cadre du dossier sur le nucléaire iranien».

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Tags:
Iran, président, Ebrahim Raïssi, programme nucléaire iranien, sanctions
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