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    Le rapprochement de Moscou avec le monde islamique relève de la politique intérieure de la Russie

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    LA HAYE, 28 juin (par Marianna Belenkaïa, commentatrice politique de RIA-Novosti). Mercredi 29 juin, le ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, Sergueï Lavrov, va participer, à titre d'invité, aux travaux de la 32-ème session des ministres des Affaires étrangères de l'Organisation de la Conférence islamique (OCI). C'est à cette réunion que l'on doit justement apprendre quand la Russie se verra attribuer le statut d'observateur auprès de l'OCI - organisation qui regroupe à ce jour plus d'une cinquantaine d'Etats islamiques dont la population totalise un milliard d'habitants.

    Rappelons que la volonté de Moscou de se rapprocher de l'OCI avait été déclarée par le Président Vladimir Poutine en août 2003, au cours de sa visite officielle en Malaisie. L'initiative de Vladimir Poutine avait été bien entendue à l'OCI de sorte que déjà en octobre 2003, le chef de l'Etat russe avait été invité au Sommet de Kuala Lumpur. C'est alors également que Moscou avait déclaré son intention d'obtenir le statut d'observateur auprès de l'Organisation de la Conférence islamique. Quoi qu'il en soit, un problème d'ordre technique avait tout de suite surgi. C'est que jusqu'ici, par un seul pays n'avait reçu un statut pareil à l'OCI sans avoir l'intention d'en devenir par la suite un membre à part entière. Aussi, l'initiative de Moscou a-t-elle impliqué des amendements à apporter aux Statuts de l'OCI.

    Il y a un an à peu près, une commission spéciale a été formée pour définir le nouveau format du statut d'observateur auprès de l'OCI. On supposait alors que, déjà à la session ministérielle de l'OCI au Yémen, la Russie assisterait dans sa nouvelle qualité, celle d'observateur, mais on n'a pas réussi à régler ce problème avant la session. Selon des sources diplomatiques russes, "peu importe à la Russie la qualité dans laquelle elle est en train de dialoguer avec le monde islamique, le principal est qu'un dialogue constructif s'établisse entre les parties". "A l'issue d'étroits contacts, nous sommes enfin parvenus à une compréhension mutuelle sur les problèmes de la Tchétchénie. Résultat: de nombreuses filières de financement des organisations terroristes agissant sur le territoire russe se trouvent aujourd'hui bel et bien interceptées", ont indiqué les mêmes sources. Par conséquent, l'établissement d'étroits rapports entre Moscou et le monde islamique, c'est avant tout une question relevant de la politique intérieure de la Russie elle-même.

    La Russie est de plus en plus engagée dans l'espace islamique. C'est tout à fait naturel car le pays compte quelque 20 millions de musulmans et la communauté musulmane se développe assez dynamiquement. Somme toute, la renaissance religieuse en Russie a été suivie de près par le processus d'identification confessionnelle des musulmans russes, de leur affirmation en tant que force politique. Qui plus, les musulmans de Russie ambitionnent manifestement le rôle d'acteurs indépendants et influents sur la scène politique du pays.

    Nul doute que le dialogue entre Moscou et l'Organisation de la Conférence islamique sera utile pour les deux parties, car les problèmes auxquels se trouvent confrontés de nos jours les musulmans du monde entier sont aussi ceux des adeptes de l'islam en Russie. Il s'agit là en premier lieu de la radicalisation de l'islam et du discrédit jeté aujourd'hui sur l'image même du musulman.

    Signalons que la Russie a été parmi les premiers à déclarer haut et fort que, sans la participation des musulmans, il est impossible de combattre le terrorisme, ainsi que de faire taire ceux qui, tout en arborant le drapeau de l'islam, sèment la mort. Et cette même thèse est aujourd'hui des plus populaires dans les pays-membres de l'Organisation de la Conférence islamique.

    En plus, l'intensification de la coopération économique avec les Etats-membres de l'OCI intéresse aussi énormément la Russie. Il se peut que des projets tout à fait concrets d'une telle coopération soient examinés avec le chef de la diplomatie russe au Yémen.

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