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    Bouclier antimissile US: Moscou prêt à continuer le débat

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    OSLO, 27 avril - RIA Novosti. La Russie propose de poursuivre le débat sur le déploiement du bouclier antimissile américain en Europe de l'Est, a déclaré jeudi soir à Oslo le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov.

    "La Russie est prête à continuer le débat aussi bien dans le cadre de ses relations bilatérales avec les Etats-Unis que dans le cadre du Conseil Russie-OTAN, mais ce débat doit se dérouler sur la base de l'égalité en droits et dans le respect des intérêts de la sécurité de tous", a souligné le ministre russe lors d'une conférence de presse à l'issue de la réunion du Conseil Russie-OTAN.

    Les Etats-Unis envisagent d'installer dix missiles intercepteurs en Pologne et plusieurs radars en République tchèque, dans le cadre de leur programme national de défense antimissile, pour parer à d'éventuelles attaques venant des pays de "l'axe du Mal", dont l'Iran et la Corée du Nord.

    Pour Sergueï Lavrov, en revanche, rien ne menace les Etats-Unis dans un avenir prévisible. Le ministre russe a appelé à analyser la réalité des menaces avant de déployer le bouclier antimissile.

    A son avis, les relations entre la Russie et l'OTAN manquent de confiance. "Le potentiel du Conseil Russie-OTAN est sous-exploité", a-t-il déploré.

    Expliquant la position russe par rapport au traité sur les forces conventionnelles en Europe (FCE), M. Lavrov a insisté sur le fait que ce texte contredisait les intérêts de la sécurité russe. Il a souligné que la Russie était l'unique pays qui respectait le traité. "Aucun des pays membres ne le respecte, et nous ne voulons plus participer à ce théâtre de l'absurde", a-t-il dit.

    Dans un message annuel adressé jeudi à l'Assemblée fédérale (parlement), le président russe Vladimir Poutine a proposé de suspendre l'application par la Russie du traité FCE, voire de le dénoncer, tant que l'Alliance atlantique ne procéderait pas à une réduction des armements, propos qui ont mis en émoi les pays membres de l'OTAN.

    "Les Alliés ont accueilli avec inquiétude, grande inquiétude, déception et regret (cette décision), car le traité FCE est l'une des pierres angulaires de la sécurité européenne", a déclaré à Oslo le secrétaire général de l'OTAN, Jaap de Hoop Scheffer.

    Selon M. Scheffer, l'Alliance atlantique reste attachée aux principes du traité FCE et espère que le débat se poursuivra dans le cadre du Conseil Russie-OTAN.

    "L'équilibre des forces s'est déstabilisé depuis longtemps, et il favorise largement les pays de l'OTAN", a pour sa part constaté Sergueï Lavrov. "La logique même du traité FCE s'est dévalorisée, et le traité a perdu son sens", a-t-il dit.

    Dix ans après la signature de l'Acte fondateur Russie-OTAN et cinq ans après la création du Conseil Russie-OTAN, "nous n'avons pas oublié les promesses qui nous ont été faites après la dissolution de l'Organisation du traité de Varsovie, promesses concernant l'absence de projets d'extension de l'OTAN", a rappelé le ministre russe.

    Aujourd'hui, on préfère ne plus se souvenir de ces promesses, a constaté M. Lavrov. "Au contraire, a-t-il dit, la politique des portes ouvertes a été proclamée comme un des principes clés de l'Alliance."

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