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    A qui profite la réunification de l'Eglise orthodoxe russe? (Vedomosti)

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    MOSCOU, 17 mai - RIA Novosti. La signature à Moscou d'un Acte de communion canonique marque la réunification officielle de l'Eglise orthodoxe russe qui s'était scindée lors de la guerre civile de 1918-1922.

    Nombreux sont ceux qui profitent de cet événement du point de vue politique. Il s'agit avant tout de la haute hiérarchie des deux Eglises, l'une relevant du patriarcat de Moscou et l'autre exilée à l'étranger. En effet, la situation au sein de l'Eglise orthodoxe russe est complexe: son organe suprême, le Concile national, ne s'est pas réuni depuis 19 ans. Au sein du clergé et parmi les laïcs il y a des mécontents libéraux et conservateurs. Mais l'Eglise n'encourage pas, pour parler gentiment, le débat interne et cherche à intérioriser les contradictions. Dans ce contexte, la réunification avec l'Eglise hors frontières est censée redorer le blason de l'institution religieuse en tant que telle, de façon que le mérite historique des acteurs du processus éclipse les erreurs et l'inaction observées dans d'autres volets de la vie ecclésiale.

    Les hiérarques de l'Eglise hors frontières n'avaient pas vraiment le choix: de par ses Statuts, l'Eglise hors frontières fait partie intégrante de l'Eglise orthodoxe russe et bénéficie d'une autonomie jusqu'à la disparition en Russie du "pouvoir athée". La chute de l'URSS a éliminé cet obstacle. Pourtant, à l'issue de presque 20 ans de tractations, les dignitaires étrangers ont fini par obtenir l'entière autonomie.

    Enfin, la réunification de l'Eglise profite personnellement à Vladimir Poutine qui s'est directement engagé dans le processus en rendant visite, en 2003, au primat de l'Eglise en exil, le métropolite Lavr. Mis à part la légitimation symbolique du pouvoir en place, qui se réclame héritier du pouvoir d'avant la révolution de 1917, la réunification de l'Eglise ne manquera pas de figurer, à l'avenir, parmi les mérites historiques du président.

    Le schisme de l'Eglise russe qui s'est produit dans les années 1920 était dû à des raisons politiques et non religieuses. Il n'est donc pas étonnant que la politique soit largement présente dans le processus de réunification.

    Les décisions politiques se répercuteront également sur la vie des paroissiens. La réunification officielle permettra de surmonter la méfiance réciproque conservée par une partie des fidèles et rendra tout simplement leur vie plus confortable, par exemple à travers une politique mieux réfléchie de répartition géographique des paroisses à l'étranger.

    La fin du schisme est aussi une expérience particulièrement importante pour la société. L'histoire russe ne connaît pas de négociations aussi respectueuses entre deux parties réciproquement hostiles de la société, parties qui avaient toutes les raisons historiques de se détester et qui ont réussi à harmoniser leurs vues et à se réconcilier.

    Cet article est tiré de la presse et n'a rien à voir avec la rédaction de RIA Novosti.

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