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    Moscou a perdu le contrôle de l'Ingouchie (Nezavissimaïa gazeta)

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    MOSCOU, 10 septembre - RIA Novosti. La république russe d'Ingouchie reste le principal foyer d'instabilité au Caucase du Nord malgré l'introduction de plus de deux mille militaires appartenant aux troupes russes de l'Intérieur, écrit lundi le journal Nezavissimaïa gazeta.

    L'application de "mesures préventives" par des militaires est souvent accompagnée d'abus de pouvoir et de recours non justifiés à la force, a déclaré au quotidien Kamil Maghichev, président de l'association de protection des droits de l'homme Svobodnoe slovo ("Libre Parole"). Ceci profite également aux provocateurs commanditaires d'assassinats d'instituteurs et de médecins, car les victimes d'abus de militaires adhèrent souvent à des groupements extrémistes, a-t-il affirmé. C'est pourquoi pour l'Ingouchie, les meurtres de femmes innocentes et les nettoyages grossièrement exécutés sont des provocations du même ordre. En affirmant à tout le monde, et avant tout à Moscou, qu'il contrôlait la situation, Magas (capitale de l'Ingouchie - ndlr.) s'est retrouvé de fait otage des circonstances.

    Plusieurs conditions ont été réunies, a déclaré à Nezavissimaïa gazeta Alexeï Malachenko, membre du conseil scientifique du centre Carnegie de Moscou. "Premièrement, les relations compliquées entre différents clans à l'intérieur de la société ingouche: Mourat Ziazikov s'appuie plus sur Moscou que sur ces clans et ne jouit pas d'une grande popularité au sein de la société ingouche... Deuxièmement, les islamistes, et autres personnages proches du mouvement, se sont installés en Ingouchie justement parce que le pouvoir y était faible. Et troisièmement, j'ai l'impression qu'il existe une certaine compréhension mutuelle entre les Ingouches mécontents de Ziazikov et ces islamistes. C'est cela qui fait leur force", a estimé l'analyste.

    Le niveau de l'instabilité est à peu près le même en Tchétchénie et en Ingouchie, a pour sa part avancé Oleg Koulikov, secrétaire du Comité central du Parti communiste russe (KPRF). Celui du fondamentalisme est également plus ou moins identique dans toutes les républiques nord-caucasiennes, et il s'agit d'un facteur contrôlé depuis l'extérieur, selon lui. Les autorités fédérales ont finalement prêté une grande attention à l'Ingouchie, mais elles l'ont fait un peu tard, ce qui s'explique sans doute par le fait que les responsables ingouches ont longtemps induit en erreur le Centre, en affirmant qu'ils contrôlaient la situation. Or, il s'est avéré que le contrôle de Magas était insuffisant, a expliqué M. Koulikov.

    Le député Franz Klintsevitch (Russie unie) est en accord avec ce point de vue: "A l'heure actuelle, l'ordre étant rétabli assez rudement en Tchétchénie et étant donné la forte concentration de forces et d'argent [dans la république], il est plus difficile d'y organiser des attentats. Pourtant, l'Ingouchie a été utilisée depuis le début des années 1990 par les extrémistes comme base où ils pouvaient se ressourcer, sans essayer d'y entreprendre quoi que ce soit et lorsque Ziazikov a souhaité y remettre de l'ordre, bien évidemment, il a rencontré une résistance... Enfin, nos "amis" étrangers ne cesseront jamais de trouver des moyens et des personnes prêtes à créer de tels foyers de tension. La vie est telle qu'il y aura toujours des gens prêts à être payés pour donner la mort aux autres".

    Cet article est tiré de la presse et n'a rien à voir avec la rédaction de RIA Novosti.

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