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    La guerre contre la corruption aura-t-elle lieu? (Gazeta.ru)

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    MOSCOU, 20 mai - RIA Novosti. La mise en oeuvre du plan structurel de lutte anticorruption préconisé par le nouveau président russe conduira au démantèlement du système instauré par Vladimir Poutine, lit-on mardi dans le journal Gazeta.ru.

    Si Dmitri Medvedev fait preuve d'une réelle volonté de lutter contre la corruption dans le pays, nous assisterons, au lieu de la continuité, à un changement fondamental de politique.

    Dmitri Medvedev a fait des remarques très justes au cours de la réunion au Kremlin consacrée à la lutte anticorruption: "Il faut faire quelque chose. On ne peut plus attendre. La corruption est devenue un problème structurel auquel nous devons trouver une réponse structurelle".

    Ces paroles constituent la reconnaissance du fait que la corruption est devenue aujourd'hui un véritable système de fonctionnement de la machine d'Etat et - plus largement - des contacts de la société et des agents économiques avec l'Etat, qu'elle n'est nullement une exception à la règle ou un écart par rapport à la norme.

    Qui plus est, pour l'instant, il n'y a pas de raisons d'estimer que, dans la lutte contre ce mal qui représente, selon le président Medvedev, "une menace pour la sécurité de l'Etat" et qui "corrompt les milieux d'affaires", des changements réels puissent survenir. Par exemple, le chef de l'Etat a fait une déclaration sur "la transparence des procédures effectuées par l'Etat dans le domaine des travaux, des appels d'offres et des règlements administratifs". Cependant, Gazprom, dont Dmitri Medvedev a été de nombreuses années membre du conseil des directeurs, a reçu 9 gisements début mai sans appels d'offres, et, un mois plus tôt, l'immense gisement de Tchaïanda (Iakoutie), dont le monopole gazier n'entamera probablement pas l'exploitation avant une dizaine d'années.

    Il est également quelque peu naïf de parler d'un "ensemble de mesures destinées à lutter contre les prédateurs", alors même que le principal prédateur du pays n'est autre que l'ensemble des structures de force du pouvoir d'Etat, et que la conversion des pouvoirs des fonctionnaires en biens et en argent est devenue presque l'unique objectif de leur travail.

    Un conseil anticorruption dirigé par le premier ministre Mikhaïl Kassianov avait également existé au début de la présidence de Vladimir Poutine. Ce dernier, ses procureurs généraux et d'autres hauts fonctionnaires avaient employé les mêmes mots que l'actuel chef de l'Etat pour qualifier la corruption. Mais rien n'a changé. Par conséquent, beaucoup craignent que cette campagne anti-corruption ne se réduise à nouveau à une banale opération publicitaire, cette fois-ci, du faible président Dmitri Medvedev. Alors que le tout-puissant premier ministre Vladimir Poutine va "régler des problèmes" en réduisant par exemple l'impôt sur le secteur pétrolier, au sein duquel les postes de direction ont été occupés, non sans recours aux prédateurs et à des schémas de corruption, par des amis de l'actuel chef du gouvernement, à l'instar de l'affaire bien connue de Baikalfinancegroup.

    Cet article est tiré de la presse et n'a rien à voir avec la rédaction de RIA Novosti.

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