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    Russie: l'Etat retire ses investissements des groupes publics (RBC Daily)

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    MOSCOU, 6 août - RIA Novosti. L'Etat russe réduit sa contribution au Fonds d'assistance à la reforme du secteur des services collectifs de 240 à 175 milliards de roubles (de 7,7 à 5,6 milliards USD), lit-on jeudi dans le quotidien RBC Daily.

    La somme libérée servira à combler le déficit budgétaire en 2009.

    Selon le fonds, la diminution de la contribution de l'Etat constitue une mesure anticrise: 65 milliards de roubles retirés (2,1 milliards USD) serviront à combler le déficit budgétaire en 2009, pour être reversés dans le fonds dans les deux années à venir. Les évaluations préliminaires du ministère russe des Finances indiquent qu'il pourrait restituer 50 milliards de roubles (1,6 milliard USD) en 2010 et les 15 milliards (482 millions USD) restants en 2011. La perte de 65 milliards de roubles a forcé le fonds à réviser les limites de l'aide financière aux régions: ces programmes ont reculé en moyenne de 16%. "Il s'agit en quelque sorte d'un retrait tactique", a déclaré à RBC Daily Grigori Volkov, directeur adjoint du service de presse du fonds. "Le plan stratégique de la reforme du secteur des services collectifs reste toujours en vigueur: le président et le premier ministre la considèrent comme un des éléments-clés de la politique de l'Etat qui sera réalisée dans sa totalité".

    L'attaché de presse du premier ministre russe, Dmitri Peskov, affirme qu'il s'agit d'une ponction d'argent libre que le groupe public ne prévoyait pas d'utiliser d'ici la fin de l'année. Selon lui, l'Etat envisage également de recouvrer une partie de ses versements dans deux autres corporations: Rosnano et Olimpstroï. Il ignore pourtant le montant des ponctions. Une source de RBC Daily au sein du gouvernement estime qu'il s'agit de 160,4 milliards de roubles (5,1 milliards USD): 71,4 milliards (2,3 milliards USD) d'Olimpstroï et 24 milliards (771 millions USD) de Rosnano.

    Les experts soulignent que le gouvernement a voulu ainsi de prendre des précautions supplémentaires: les perspectives de sortie de la crise restent floues, alors que le déficit budgétaire de 2009 se chiffrera, selon les dernières évaluations du ministère des Finances, à 8,9% du PIB (3.419 milliards de roubles (110 milliards USD). "Il est fort probable qu'il s'agit d'une mesure de réserve dans le cas où la charge budgétaire s'avèrerait plus importante que prévu", annonce Iaroslav Lissovolik, économiste en chef de Deutsche Bank. "On assiste de fait à une réorientation des dépenses d'investissement vers le secteur social, car toute la stratégie anticrise du gouvernement revêt un caractère social".

    Le vice-directeur du département analytique d'Arbat Kapital, Alexeï Pavlov, fait remarquer que les investissements dans l'infrastructure jouent un rôle important dans les programmes anticrise des pays industrialisés: "Leur réalisation permet de lutter contre la hausse du chômage et de préparer le terrain pour la relance économique". La situation réside dans les particularités nationales des fonds publics qui ont été incapables de digérer des sommes énormes octroyées à l'époque de la stabilité, affirme Ilia Iliine, analyste de NOMOS-bank. En retirant des fonds des groupes publics, l'Etat viole les droits de propriété privée, indique Igor Nikolaïev, directeur du département d'analyse stratégique de FBK. "La mesure est juridiquement inattaquable: les groupes restituent les fonds volontairement, mais tout le monde comprend qu'on les y a forcés", résume-t-il. "Comment peut-on donc parler de stratégie à long terme, si l'Etat a le droit de changer à sa guise les règles du jeu?"

    Ce texte tiré de la presse russe n'engage pas la responsabilité de RIA Novosti.

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