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    Léopold Tchape Sidjui, soliste du groupe Maroussia

    Les lettres russes Ы, Ш, Щ: "ça me rend littéralement fou!"

    © Sputnik . Ekaterina Yanson
    Russie
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    Ekaterina Yanson
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    Avez-vous jamais eu envie d'apprendre la langue russe? Voyons: des lettres imprononçables, des accords, il n'y a là aucune romance. Il n'y a que des efforts incessants dans ce combat face à la grammaire russe... Léopold Tchape Sidjui, soliste du groupe Maroussia, parle de tout ça et d'autres impressions sur la Russie dans un entretien à Sputnik.

    Maroussia est composé d'étudiants de différentes universités de la ville de Krasnodar (sud de la Russie), originaires du Cameroun, de la Côte d'Ivoire et du Congo. Ils ont voulu réunir les gens, les cultures dans le contexte politiquement et économiquement dur d'aujourd'hui, mais ils affrontent eux-aussi tant de défis à relever, ou au moins à surmonter, comme le climat russe.

    Non, la Russie ne l'a pas accueilli chaleureusement, confie Léopold, ajoutant que c'est contradictoire comme formulation.

    "Accueilli chaleureusement? C'est un peu contradictoire. Quand je suis arrivé en Russie, la première impression, le premier sentiment que j'ai eu, c'est la qualité de l'air. L'air a changé concrètement parce que l'air en Afrique est chaud, il est sec et quand je suis arrivé ici, l'air était plus frais, il faisait froid, il faisait moins quinze degrés. C'était un choc climatique pour moi", explique-t-il en riant.

    Léopold Tchape Sidjui, soliste du groupe Maroussia
    © Sputnik . Ekaterina Yanson
    Léopold Tchape Sidjui, soliste du groupe Maroussia

     

    Mais cela ne lui faisait pas peur parce qu'avant d'arriver en Russie il s'était préparé psychologiquement à affronter ces changements. Et hormis le temps lui lançant des défis jour après jour, le pays l'a très bien accueilli.

    "Le peuple m'a accueilli chaleureusement, sincèrement", avoue-t-il. "Dès que je suis arrivé dans la ville, dans mon université où je devais étudier, on m'a reçu, on m'a donné une chambre à loger, je ne parlais pas russe, je parlais anglais et français et il y avait quelques personnes qui parlaient légèrement anglais. Donc, la communication a été un peu difficile, mais l'entourage, tout le monde faisait l'effort pour que je ne me sente pas isolé".

    Ce qui ne lui a tout de même pas complètement épargné la chose la plus difficile en Russie: pas la langue mais le climat.

    "Il est difficile, le climat", frissonne Léopold. "C'est vrai qu'après quelques années de vie en Russie, j'essaie de m'y faire mais quel que soit le cas ce n'est pas facile de s'adapter à cela. Parce qu'il fait froid, il fait chaud, il faut un peu froid, il pleut. C'est différent!".

    Léopold Tchape Sidjui, soliste du groupe Maroussia, sur la place Rouge
    © Sputnik . Ekaterina Yanson
    Léopold Tchape Sidjui, soliste du groupe Maroussia, sur la place Rouge

    Mais la langue russe ne lui a pas donné non plus de laissez-passer. La grammaire, l'alphabet — il y a là tant d'obstacles qui rendent littéralement fou.

    "La lettre Ы. Ça me rend littéralement fou. Il y a des lettres encore, Щ et Ш. Je ne sais pas quand il faut dire Щ et quand il faut Ш, je ne sais pas quelle lettre écrire. Elles se ressemblent, il y a une petite virgule qui change la donne. Il y a trois lettres: la lettre Ы, la lettre Ш et la lettre Щ — et je ne sais pas si je prononce bien! J'ai de la peine à différencier!", déplore l'interlocuteur de Sputnik.

    Tout cela concerne l'alphabet, sur le plan de la grammaire, il existe encore plus de pièges.

    "Des accords, c'est difficile pour moi jusqu'à présent d'étudier la grammaire russe, elle est très difficile. Je fais des efforts certainement. Je pense que pour les Russes ce n'est pas facile non plus", ajoute ce brave homme.

    Léopold Tchape Sidjui, soliste du groupe Maroussia, à Moscou
    © Sputnik . Ekaterina Yanson
    Léopold Tchape Sidjui, soliste du groupe Maroussia, à Moscou

    Pourtant, la Russie propose non seulement des défis, mais aussi des plaisirs. Plaisirs gourmands, par exemple.

    Léopold vit depuis longtemps sur le sol russe et a eu le temps de pénétrer les mystères de la cuisine nationale. Le plat le plus étrange, le plus dégoutant — ça ne lui vient pas à l'esprit immédiatement, mais en ce qui concerne les délices…

    "Il y a le borchtch, le solianka, la soupe de pommes de terre à la russe. Il y a tellement de mets délicieux. Le chachlik, j'aime ça. Chez nous ça s'appelle autrement, ça se fait différemment — ici c'est plus consistant. Je m'amuse souvent à préparer les mets russes et ça passe bien, je les fais pas mal", sourit-il.

    La principale différence entre la cuisine russe et celle du Cameroun est que la cuisine russe est faite plus souvent en soupes, explique-t-il. La cuisine russe est plus légère et la cuisine africaine est plus grasse, c'est fait souvent avec de l'huile de palme. Et les ingrédients sont différents. Ici il y a plus de soupes, plus de plats légers comme le borchtch, qui est vraiment léger pour un Africain.

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    Tags:
    entretien, langue russe, cuisine, climat, Afrique, Cameroun, Russie
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