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    Pourquoi le diplomate russe Vitali Tchourkine restera dans les mémoires

    Pourquoi le diplomate russe Vitali Tchourkine restera dans les mémoires

    © AFP 2017 TIMOTHY A. CLARY
    Russie
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    Décès de Vitali Tchourkine, représentant permanent de la Russie à l'Onu (18)
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    Lundi, la Russie pleure son représentant permanent à l'Onu Vitali Tchourkine, mort subitement la veille de son 65e anniversaire. Retour sur le parcours d'un diplomate qui a consacré sa vie à la protection des intérêts de la Russie sur l'échiquier mondial.

    « Pour la Russie, cette perte est dure et irréparable », a déclaré Piotr Ilitchev, représentant permanent adjoint de la Russie à l'Onu, à la suite du décès de Vitali Tchourkine à New York. « Il a consacré toute sa vie à la protection des intérêts de la Russie, a été sur les lignes d'avant-garde et a occupé les postes les plus difficiles. »

    En ce jour de deuil, revenons-nous sur les propos les plus forts de ce diplomate hors pair, qui occupait le poste de représentant permanent de la Russie à l'Onu depuis 2006, ainsi que sur sa carrière et sa vie privée.

    Les déclarations marquantes de Vitali Tchourkine

    Le diplomate russe a qualifié la discussion sur l'Ukraine au Conseil de sécurité de l'Onu en août 2014 de « royaume des miroirs déformants » :

    « Ce qui est survenu au Conseil de sécurité m'a fait penser au royaume des miroirs déformants, car certains membres du Conseil ne s'intéressaient pas à ce que dans l'est de l'Ukraine meurent des civils, se joue une catastrophe humanitaire, mais ils étaient préoccupés par le fait que la Russie dispensait de l'aide humanitaire aux gens sous les tirs. »

    A cette même époque, Vitali Tchourkine avait proposé d'envoyer le message suivant à Washington:

    « Cessez de vous ingérer dans les affaires des États souverains. Cessez de promouvoir des régimes indésirés. Modérez vos ambitions géopolitiques. Alors non seulement la Russie, mais plusieurs autres pays dans le monde pourront soupirer avec soulagement. »

    En réponse aux critiques à l'encontre des actions russes en Syrie, le représentant permanent de la Russie à l'Onu a rappelé les frappes aériennes de la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis contre le Manbij et le pilonnage du village de Hassadjek dans la province d'Alep par des avions belges:

    « Du coup, chers collègues, nombreux sont ceux qui devront laver leurs péchés tant sur la Syrie, que sur l'Irak, ou sur d'autres terrains dont nous avons tous ici connaissance. »

    En mars 2015, évoquant le sort de la pilote ukrainienne Nadejda Savtchenko, M. Tchourkine a estimé qu'il aurait été plus triste si elle s'était retrouvée aux États-Unis.

    « Si, dans les mêmes conditions, Nadejda Savtchenko s'était retrouvée aux USA, son sort aurait été décidé et triste. Elle n'aurait plus jamais vu la lumière du jour », a-t-il affirmé, ajoutant que ni la justice, ni le système pénitentiaire américain « ne sont connus pour humanisme ».

    Le représentant permanent de la Russie auprès de l'Onu a riposté aux déclarations de son homologue américaine Nikki Haley sur la Crimée en citant un extrait de la Constitution américaine.

    Lorsque la nouvelle ambassadrice des États-Unis à l'Onu Nikki Haley a ouvertement condamné « les actions agressives de la Russie » en Ukraine et a affirmé que les sanctions contre Moscou seraient maintenues « jusqu'à ce que la Russie redonne le contrôle de la péninsule à l'Ukraine », M. Tchourkine a rétorqué :

    « À cet égard, on ne peut se permettre d'oublier ces paroles historiques contenues dans la Constitution des États-Unis: "Nous, le peuple". Le peuple de Crimée a très clairement exprimé sa volonté lors du référendum. »

    De même, alors que le représentant britannique auprès de l'Onu avait pointé la responsabilité de la Russie dans la crise en Ukraine, son homologue russe Vitali Tchourkine a mis les points sur les « i » en conseillant à Londres de soulager sa conscience et de rendre les territoires annexés par le Royaume-Uni, qui sont nombreux.

    « En ce qui concerne la position du représentant du Royaume-Uni, j'ai un conseil: rendez les Îles Malouines, rendez Gibraltar, rendez la partie que vous avez annexée de Chypre, rendez l'archipel des Chagos dans l'océan Indien, que vous avez transformé en énorme base militaire. Alors votre conscience sera un peu plus claire et vous pourrez parler d'autres choses », a martelé M. Tchourkine.

    Carrière diplomatique

    Vitali Tchourkine est né le 21 février 1952 à Moscou, d'un père ingénieur en aéronautique. En 1974, il a terminé l'Institut d'État des relations internationales de Moscou (MGIMO). En 1980, il a obtenu un doctorat en histoire, sa thèse étant intitulée « La Chine et le Japon dans la stratégie de la politique extérieure des États-Unis dans les années 1969-1980 ».

    Sorti de son alma mater, Vitali a travaillé pendant cinq ans en tant qu'interprète au département de l'interprétariat du ministère des Affaires étrangères de l'Union soviétique, et a notamment participé à des négociations sur la limitation des armes stratégiques à Genève.

    De 1979 à 1982 il a occupé le poste de troisième secrétaire du département des États-Unis du ministère des Affaires étrangères de l'URSS.

    1982-1987 : deuxième et première secrétaire de l'ambassade soviétique aux États-Unis.

    1987-1989 : attaché de direction du département international du Comité central du Parti communiste de l'Union soviétique (CCPCUS).

    1989-1990 : secrétaire de presse du ministère des Affaires étrangères de l'Union soviétique.

    1990-1992 : directeur du département de l'information du ministère des Affaires étrangères de l'Union soviétique, puis de la Russie.

    1992-1994 : vice-ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie.

    1994-1998 : ministre plénipotentiaire et extraordinaire de la Russie au royaume de Belgique.

    1998-2003 : ministre plénipotentiaire et extraordinaire à l'ambassade de Russie à Ottawa, au Canada.

    De 2003 à 2006, Vitali Tchourkine était ambassadeur extraordinaire de la Fédération de Russie.

    Le 8 avril 2006, il a été désigné représentant permanent de la Russie au Nations unies et au Conseil de sécurité de l'Onu, succédant à Andreï Denissov.

    Le diplomate a été décoré de l'ordre de l'Honneur en 2009 et de l'ordre du Mérite pour la Patrie de 4e classe en 2012.

    Famille

    Vitali Tchourkine avait une femme et deux enfants. Ayant terminé l'Université d'État des langues étrangères de Moscou, son épouse Irina a une formation de traductrice en langue française.

    Les enfants de M. Tchourkine ont suivi les traces de leur père, étant tous deux diplômés du MGIMO. Sa fille Anastasia est correspondante sur la chaîne d'État russe RT.

    Vitali Tchourkine, représentant permanent de la Russie à l'Onu, est mort subitement ce lundi à New York à l'âge de 64 ans. Le décès du diplomate est survenu la veille de son 65e anniversaire.

    Vitali Tchourkine occupait le poste de représentant permanent de la Russie à l'Onu depuis 2006. La porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères Maria Zakharova a déclaré que le ministère avait perdu un grand diplomate et un proche.

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    Dossier:
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    biographie, décès, Conseil de sécurité de l'Onu, ONU, Vitali Tchourkine, Russie
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