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    Service de lutte contre les corneilles au Kremlin de Moscou

    Les autours du Kremlin: la politique ornithologique du Kremlin dévoilée

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    Peu de personnes sont au courant de l'existence au Kremlin de Moscou d'un service, vieux de plusieurs dizaines d'années, spécialisé dans la lutte contre les corneilles. La protection biologique du territoire du Kremlin est assurée par des autours, des hiboux et des ornithologues.

    Le service de lutte contre les corneilles au Kremlin de Moscou a été officiellement créé au début des années 1980. Mais la lutte est menée depuis la révolution de 1917, a déclaré Kirill Voronine, ornithologue du Kremlin dans une interview accordée à Sputnik.

    Selon lui, il était important de créer ce service, vu le nombre de corneilles sur ce territoire. Ces oiseaux faisaient énormément de bruit en croassant, endommageaient les gazons et abîmaient avec leur fiente les façades des édifices, les toits, les coupoles dorées et les étoiles du Kremlin.

    Un autour lâché sur le territoire du Kremlin
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    Un autour lâché sur le territoire du Kremlin

    Le service a d'abord essayé de lutter contre les corneilles à l'aide de signaux spéciaux émis par une voiture munie d'un haut-parleur. Toutefois, il s'est avéré que le moyen le plus efficace était de se servir de rapaces. Le service s'est donc procuré d'abord deux faucons, puis encore d'autres les années suivantes. Cependant plus tard, ils ont été remplacés par des autours.

    Les faucons sont des oiseaux qui peuvent se perdre dans Moscou. Alors que les autours ont fait leurs preuves comme combattant multitâches. La corneille est leur proie naturelle. Leur tactique de chasse est de se cacher dans les arbres puis de foncer à toute vitesse sur leur proie.

    Un faucon au servicev du Kremlin
    © Sputnik. Ilia Pitalev
    Un faucon au service du Kremlin

    Concernant le procédé de chasse aux corneilles, l'ornithologue a précisé que les autours ne mangeaient jamais les corneilles qu'ils venaient d'attraper.

    «Lorsque nous faisons le tour du Kremlin et voyons des corneilles, nous lâchons nos autours. Si un autour attrape une corneille, nous nous approchons de lui pour proposer un bout de nourriture plus attrayante, une perdrix, par exemple. Les corneilles sont toujours porteuses de maladies infectieuses, comme la grippe aviaire ou l'ornithose. A la chasse, c'est toujours comme ça: si l'oiseau chasseur réussit à attraper sa proie, le propriétaire doit la reprendre pour donner une autre nourriture. Il s'agit d'habitude de poussins, de perdrix ou de souris blanches», a raconté l'ornithologue.

    Selon lui, chasser les corneilles n'est pas un but en soi, le plus important étant de les éloigner du territoire protégé. Dans ce but, on attache une minuscule clochette à la patte du rapace.

    «Avant le début de la chasse, on attache une minuscule clochette à une patte du autour. Lorsqu'il survole le territoire, les corneilles voient que celui-ci est sous la surveillance du rapace. Les corneilles ont un très bon système de signalisation sonore, par leurs croassements elles annoncent la présence d'un rapace», a expliqué l'expert.

    Récemment, le service a recruté un hibou grand-duc d'Europe. Selon l'ornithologue, il est destiné à lutter contre les corneilles la nuit. Le grand-duc est un gros rapace qui fait peur aux corneilles. Elles ne passent jamais la nuit sur un territoire habité par un hibou.

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    corneille, chasse, Moscou
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