Ecoutez Radio Sputnik
    Le fuselage carbonisé du Sukhoi Superjet 100 à l'aéroport de Chérémétiévo

    «L’avion fondait comme un gobelet en plastique»: un rescapé retrace l’incendie de SSJ100

    © Photo. Comité d'enquête de Russie
    Russie
    URL courte
    Incendie à bord du SSJ-100 ayant atterri d'urgence à Moscou (21)
    6118
    S'abonner

    Un passager survivant de l’incendie du SuperJet 100 à Moscou, interrogé par RT, a retracé les détails de l’accident, les actions de l’équipage et comment il avait réussi à s’échapper de l’avion en proie aux flammes.

    L’homme d’affaires Oleg Moltchanov et sa femme étaient à bord du SuperJet 100 qui a pris feu sur la piste après son atterrissage d’urgence à l’aéroport de Moscou-Cheremetievo. Dans une interview accordée à RT, l’homme a raconté ce qu’il s’était passé dans l’avion lors de l’incendie et comment ils avaient réussi à y survivre.

    M.Moltchanov a confirmé l’information que l’avion avait été frappé par la foudre en plein vol. Après quoi, l’avion a pris la direction de son aéroport de départ et le pilote a déclaré que l’avion devait y retourner pour des raisons techniques.

    Le processus de l’atterrissage se passait plutôt bien pour les passagers, affirme-t-il, sauf que la climatisation est tombée en panne et qu’«il semblait que la vitesse de descente était trop grande».

    «Tout était calme avant le premier heurt avec le sol, personne ne s’inquiétait», a déclaré M.Moltchanov. Cependant, il affirme que les gens n’ont pas ressenti le premier choc sur la piste d’atterrissage.

    «Ensuite, on a entendu le grincement, je ne sais pas si c’était le train ou la queue. Alors j’ai vu du feu parce que j’étais assis près de la fenêtre en face de l’aile gauche. Peut-être, la même chose a commencé du côté droit parce que les gens ont commencé à crier de peur. Même si l’équipage essayait d’avertir de quelque chose, il était presque impossible de l’entendre», a-t-il poursuivi.

    Répondant par l’affirmative à la question de si le personnel portait les passagers pour les évacuer, l’homme a précisé qu’il n’y avait pas de bousculade ni de panique: «Oui, il [le personnel, ndlr] évacuait, emportait et descendait [les passagers, ndlr] par les toboggans. Les filles étaient à l’intérieur jusqu’à la fin et elles sauvaient les gens».

    Il a donné le moment où l’évacuation des passagers s’est terminée et en a expliqué les raisons:

    «Je suis sorti le dernier, de la 12e rangée, après ma femme. Après moi, personne des rangées suivantes n’est sorti. Les gens qui étaient sortis de l’avion, occupaient des places latérales, mais pas à l’arrière de l’avion. […] Les trois dernières personnes que nous avons vues sortir de l’avion étaient déjà inconscientes. Lorsque nous avons descendu par les toboggans le dernier passager évanoui, l’équipage nous a dit qu’il fallait nous en aller. Il était impossible de s’approcher tellement il y avait de flammes à l’arrière de l’avion. L’avion faisait plus que simplement brûler, il fondait comme un gobelet en plastique».

    M.Moltchanov a également commenté les rumeurs selon lesquelles certaines personnes prenaient leurs temps pour sortir leurs bagages à main: «Je peux dire avec certitude qu’elles ne me dérangeaient pas, parce que je suis sorti le dernier avec l’équipage. […] Pour le bagage à main, nous avions pris un petit sac à dos que nous n’avons pas eu le temps de récupérer. Tout a brûlé. Les passagers qui sortaient les premiers avaient peut-être plus de temps pour saisir leurs sacs parce qu’il n’y avait pas encore une si épaisse fumée noire. Si tu respires cette fumée, tu commences à tomber dans les pommes. À ma place, des hublots fondaient. En tout cas, les masques à oxygène n’auraient pas pu sauver quelqu’un».

    Le 5 mai, un SuperJet 100 d'Aeroflot effectuant un vol entre Moscou et Mourmansk avec 78 personnes à bord, dont cinq membres d'équipage, est retourné à l'aéroport Cheremetievo 28 minutes après son décollage. Il a effectué un atterrissage d'urgence à 18h32, heure locale. L'avion n'a réussi à se poser qu'à la seconde tentative en raison du mauvais temps, son train d'atterrissage s’est cassé et ses moteurs ont pris feu.

    Selon un bilan provisoire du Comité d'enquête de Russie, 40 passagers et un membre d'équipage ont été tués dans l'incendie. Plusieurs blessés sont dans un état grave.

    Dossier:
    Incendie à bord du SSJ-100 ayant atterri d'urgence à Moscou (21)
    Tags:
    équipage, blessés, atterrissage d'urgence, Mourmansk, témoignage, survivant, Moscou, Russie, aéroport Cheremetievo de Moscou, SSJ-100, avion, incendie
    Règles de conduiteDiscussion
    Commenter via FacebookCommenter via Sputnik