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    Dans le métro de Moscou

    Une ligne de métro moscovite radioactive en construction?

    © Sputnik . Serguei Mamontov
    Russie
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    La découverte d’une pollution radioactive sur le tracé d’une nouvelle ligne de métro à Moscou alerte les écologistes. Les habitants du quartier craignent la contamination de l’air et des eaux lors du chantier. Les explications de Sputnik.

    Greenpeace a été la première à tirer la sonnette d’alarme en mai dernier. Pour l’ONG internationale spécialisée dans la protection de l’environnement, cette construction est un «Tchernobyl moscovite». Ces activistes ont annoncé la découverte de plusieurs sites de pollution radioactive à dix kilomètres au sud du Kremlin, sur la rive de la rivière Moskova et à quelques centaines de mètres du parc de Kolomenskoïe. Des représentants de l’ONGI ont déclaré que les Moscovites pouvaient se promener librement dans ces zones, qu'en dehors de quelques panneaux jaunes signalant un «risque radioactif», il n'y avait ni clôture de sécurité ni panneaux d'avertissement.

    Interrogé par Sputnik le ministère des Situations d'urgence russe assure «tout mettre en œuvre pour protéger la population et les territoires de l'exposition aux facteurs de contamination radioactive» et confirme tout faire pour «empêcher la propagation de matières radioactives pendant les travaux de construction dans la zone de passage de la corde sud-est [du métropolitain, ndlr] de Moscou»:

    «Le siège du ministère des Situations d'urgence de Russie à Moscou a été chargé d'interagir avec les divisions territoriales des organes exécutifs fédéraux concernés afin d'organiser des travaux de contrôle selon les informations contenues dans la demande,» précise à Sputnik le service de presse du ministère des Situations d'urgence russe.

    Dès les premieres révélations, des activistes russes se sont rendus dans la zone. Le blogueur Ilya, l'auteur de la chaîne Fiery TV channel, s’y est déplacé sans protection, à ses risques et périls il y a un mois, pour dénoncer la situation.

    La suspicion s’est portée naturellement sur l’Usine polymétallique de Moscou dont le territoire s’étale à côté. L’entreprise produisait autrefois du béryllium et ses alliages (utilisé dans la technologie des rayons X et le génie nucléaire), du thorium, de l’uranium, du lithium, de l’antimoine, du vanadium, du chrome et d’autres substances nécessaires pour l’industrie, mais nocives pour l'homme et l'environnement. Comme l'indique le site officiel de l'entreprise, toute la production nuisible est arrêtée… il reste néanmoins le site avec des sols radioactifs qui longe la rivière, où se trouvaient par le passé les installations de traitement des eaux usées

    On aurait voulu croire que cette information était le résultat d'une erreur, mais le ministère des Situations d'urgence et l'entreprise unitaire fédérale Radon, dont la responsabilité est le recyclage des déchets toxiques et dangereux, l'ont prise au sérieux et ont procédé à une inspection officielle du site. L’information révélée par les activistes a été confirmée: le débit de dose maximal de rayonnement gamma sur le site est de 6140 µR/h.

    Radon surveille la situation de radiation au sol et dans l’air en permanence.

    «Le niveau de la radioactivité sur le territoire de l'Usine polymétallique de Moscou (MWP), à côté duquel passera conformément au plan le tracé sud-est du métro, correspond au fond naturel de la capitale,» a déclaré aujourd’hui à Sputnik le service presse de la Société de combustible Rosatom TVEL, dont dépend l'entreprise en question.

    Pourtant, l’information sur la radioactivité ne date pas d’aujourd’hui. Le site qui se trouve désormais dans le quartier peuplé et où dans les années 1930-50 ont étés abandonnés les déchets radioactifs, est connu depuis la fin des années 1990. C’est dans les années 2000 que l'entreprise Radon s’est attelée aux travaux de décontamination sur le territoire en question. Par exemple, en 2002, on a retiré 57,5 tonnes de sols contaminés par des radionucléides.

    Le métro de Moscou hier et aujourd’hui
    © Sputnik . Boris Kavashkin
    Alors, pourquoi un tel regain d'intérêt pour un site visiblement sous surveillance?

    À cause d’un chantier d’envergure d’une bretelle de métro. Depuis plusieurs années, la ville a entrepris un aménagement à grande échelle de lignes tangentes du métro aérien et souterrain pour alléger la circulation dans le centre de la capitale et permettre une circulation plus fluide entre les quartiers voisins.

    Le passage possible du tracé de la nouvelle ligne près du parc de Kolomenskoïe, à travers le site où étaient entreposés les déchets de minerais de thorium a provoqué une résonance de taille dans les réseaux sociaux. Les habitants craignaient qu'au cours de la construction, les poussières radioactives se trouvent dans l'air et dans l'eau et se répandent à travers la ville.

    Comme l’a indiqué à Sputnik le Comité d'architecture de Moscou, ni la nouvelle ligne de métro, ni le pont sur la Moskova qui a été construit pour cette ligne, n'affecteront le site contaminé:

    «Le projet des installations de la corde sud-est [du métro, ndlr] n'affecte pas les zones mentionnées», a déclaré à Sputnik le représentant du Comité d’architecture.

    Il a noté cependant qu'une partie de l'Usine polymétallique se situe dans les limites du projet d'aménagement du territoire préparé pour la construction de la membrure et que «certaines zones présentent des conditions environnementales particulières».

    «La construction de la corde du Sud-est devrait commencer en 2020,» a déclaré en mai dernier Petr Aksenov, le premier chef adjoint du département de la construction à Moscou.

    Le comité d’architecture de la ville de Moscou assure Sputnik que lors de la préparation du projet de construction proprement dit, toutes les analyses nécessaires seront effectuées, y compris une évaluation du niveau de radioactivité sur les sites de construction et sur le territoire qui se trouvent à côté.

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