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«La fonte du pergélisol à long terme en Russie pourrait entraîner la destruction de certaines infrastructures et libérer du gaz à effet de serre à grande échelle dans l’atmosphère», a déclaré le 2 octobre à RIA Novosti le chercheur de l’Institut de l’Arctique et de l’Antarctique, Alexeï Ekaikine.

Le scientifique russe Alexeï Ekaikine, de l’Institut de l’Arctique et de l’Antarctique, a fait part à RIA Novosti des dangers que pouvait représenter la fonte des territoires gelés dans l’Est de la Russie: «La fonte du pergélisol à long terme en Russie pourrait entraîner la destruction de certaines infrastructures et libérer du gaz à effet de serre à grande échelle dans l’atmosphère», a-t-il confié.

Ekaikine est coauteurs du rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) publié fin septembre. Ce rapport suggère que le permafrost, ou pergélisol, pourrait dégeler de trois à quatre mètres d’ici 2100. Plus de 50% du territoire russe se trouvent dans cette zone qui restera gelée à long terme, composée de glaciers, de couverture neigeuse et de glace de mer.

«Peu de gens vivent dans cette région de Russie (environ 4% de la population) mais il y a une vaste infrastructure», selon l’expert. «Nous avons du pétrole en Sibérie occidentale. Des pipelines, notamment, sont construits sur des fondations en profondeur par rapport au niveau du pergélisol, explique-t-il. Maintenant que cette profondeur va changer, les fondations ne reposeront plus sur une surface solide».

Un problème multiple

«Un autre problème est l’influence du pergélisol sur le climat. Celui-ci contient beaucoup de dioxyde de carbone et de méthane, mais personne n’en connaît exactement le volume, les estimations varient grandement. Selon les données fournies par le rapport, ce sont entre 1,4 et 1,6 mille gigatonnes de carbone organique qui sont enfermés depuis longtemps dans le permafrost, soit deux fois plus de CO2 que contient l’atmosphère aujourd’hui», détaille Ekaikine.

«Un effet de cascade risque d’apparaître», prévient le scientifique. Le rejet du CO2 dans l’atmosphère provoquera «plus d’effet de serre, plus de réchauffement, donc un dégel plus intense du pergélisol». Il a également ajouté que «la fonte du pergélisol est un phénomène clair, c’est pourquoi des mesures urgentes doivent être prises afin de s’assurer qu’il ne fonde pas à une telle vitesse.» «Contrairement à d’autres phénomènes que ne peuvent être ralentis, la fonte du pergélisol peut être stoppée», a-t-il assuré à Ria Novosti.

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Tags:
dioxyde de carbone, Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), Sibérie, Russie, réchauffement climatique, climat, pergélisol
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