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En Russie, l’assassinat d’une écolière de 9 ans a poussé des députés et de simples citoyens à plaider en faveur de la levée du moratoire sur la peine capitale pour les pédophiles et auteurs d’infanticides. La mère de la victime estime pour sa part que le nom de son enfant ne doit pas rimer avec peine de mort.

«Il ne faut pas mêler le nom d’un enfant et la peine de mort», dit aujourd’hui celle qui a perdu il y a moins de dix jours sa fille aînée, âgée de seulement 9 ans. Cette déclaration d’une mère endeuillée fait suite à toute une série d’appels à lever le moratoire sur l’application de la peine de mort en Russie. Ceux-ci s’enchaînent depuis que le corps inanimé de la petite Liza a été retrouvé dans un garage bordant la route menant à l'école.

Recherchée par des milliers de personnes

L’opération de recherche de l’écolière, qui a pris le 9 octobre au matin le chemin de l’école située à quelques minutes de son domicile sans jamais y arriver, a rassemblé des milliers d’habitants de la ville russe de Saratov. Outre les représentants des forces de l’ordre et les volontaires de Liza Alert, spécialisés dans la recherche de personnes disparues, plusieurs centaines de simples habitants ont passé la nuit à ratisser la ville dans l’espoir de retrouver la petite Liza Kisseleva encore en vie.

Le lendemain soir, la triste nouvelle a mis fin aux espoirs –le corps sans vie de l’écolière a été retrouvé non loin de sa maison. Comme le révéleront ensuite les forces de l’ordre, elle a été assassinée par un homme jugé à plusieurs reprises par le passé pour viols et vols. Lors de l’interrogatoire, le suspect reconnaîtra les faits.

Loin de rentrer chez eux après que cette amère révélation, des centaines d’habitants ayant pris part à l’opération de recherche ont mis le cap sur les lieux du meurtre, organisant un meeting sauvage et exigeant que l’auteur du crime leur soit immédiatement livré. Ensuite, ils ont pris le chemin du commissariat, réitérant leurs revendications et ne se sont dissipés que vers 4h00 du matin, après que les autorités ont confirmé que l’assassin présumé avait été arrêté.

© Sputnik . Alexey Koshlev
Des habitants déposent fleurs et jouets près des lieux de l"assassinat de Liza Kisseleva

Appels à réintroduire la peine de mort

Le 11 octobre, deux députés de la Douma d’État (chambre basse du parlement russe) représentant la région de Saratov ont soulevé la question de la levée du moratoire sur la peine de mort en Russie.

Le jour-même, un sondage anonyme a été mis en ligne sur la page de la Douma sur le réseau social VKontakte. Expliquant que les députés étaient divisés à propos de la peine de mort, il a été proposé d’y répondre pour donner son avis. À présent, plus de 152.000 personnes y ont participé, dont 78,59% se sont prononcés en faveur de la peine capitale pour les pédophiles et assassins de mineurs.

© Sputnik . Filipp Kochetkov
Adieux à Liza Kisseleva

Parallèlement, une pétition appelant à réintroduire la peine de mort pour cette même catégorie de criminels a été mise en ligne sur change.org. Actuellement, cette page est inaccessible.

Le 15 octobre, le leader du groupe parlementaire du parti Russie juste a fait savoir que, prochainement, un projet de loi sur la levée partielle du moratoire sur la peine de mort serait soumis au parlement.

Moratoire sur la peine de mort en Russie

Le moratoire sur la peine capitale en vigueur en Russie depuis l’adhésion du pays au Conseil de l’Europe. En effet, le protocole 6 de la Convention européenne des droits de l'Homme sur l'abolition de la peine capitale a été signé en 1997 et la dernière exécution remonte à 1996.

Des appels à réviser cette décision ont en effet retenti à plusieurs reprises, mais sans avoir de suite. Ainsi, en mai 2015, la Douma a refusé de réintroduire la peine capitale pour punir les terroristes.

Interrogé le 12 octobre à ce sujet, le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov, a répondu aux journalistes que la question n’était pas examinée au Kremlin.

Anna Kouznetsova, chargée de la Défense des droits des enfants en Russie, a pour sa part rappelé que le retour de la peine capitale n’était pas possible à ce stade, expliquant que la Russie se soumettait à une série de normes et engagements qu’elle assumait.

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Tags:
infanticide, Saratov, Russie, peine de mort
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