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L'UE est prête à sacrifier ses intérêts stratégiques pour ne pas être en retard sur les États-Unis dans ses tentatives de «punir» la Russie en lien avec l’affaire Navalny, affirme Sergueï Lavrov en ajoutant que les Occidentaux ont démontré qu'ils «n'étaient pas fiables» et que dans les relations avec eux il fallait un «filet de sécurité».

Dans une interview accordée à la chaîne de télévision Rossiya 1 et diffusée ce dimanche 13 septembre, le ministre russe des Affaires étrangères russe Sergueï Lavrov a révélé ce que sacrifiait l'Union européenne en désirant sanctionner la Russie à l'instar des États-Unis.

«À notre grand regret, l'Union européenne a opté pour sacrifier ses intérêts stratégiques géo-économiques à la tentation immédiate de ne pas être en retard sur les États-Unis en ce qui concerne "la punition de la Russie". Nous y sommes habitués», a signalé le ministre.

Nécessité d'un «filet de sécurité»

Il a signalé que dans ce contexte un «filet de sécurité» était nécessaire dans les relations entre la Russie et l'UE.

«Nous comprenons maintenant que tous nos projets d'avenir (je parle des possibilités du retour à un partenariat avec l'Union européenne en plein format) doivent être faits avec l'utilisation d'un filet de sécurité. En d'autres termes, si l'UE campe sur des positions négatives et destructrices, nous devons nous garantir la possibilité de ne pas dépendre de ses caprices et de pouvoir assurer notre développement en toute indépendance ou en partenariat avec ceux qui sont prêts à la coopération sur une base d'égalité en droits et en respect réciproque», a-t-il poursuivi.

Il a noté que Moscou ne laisserait pas sans réponse les éventuelles sanctions occidentales que l'UE et les États-Unis avaient menacé d'adopter en marge de l'affaire Navalny

«Nous allons voir quelles seront ces nouvelles sanctions. Il va de soi que nous réagirons. Cela ne doit pas être laissé sans réponse. D'abord, c'est incorrect du point de vue des lois de la diplomatie. Ensuite, nous voulons limiter l'influence négative de toute sorte de structures occidentales (des États et de nombreuses organisations dites non gouvernementales) sur les projets en place dans notre pays et chez nos alliés».

Nos partenaires occidentaux «n'étaient pas fiables»

Il a révélé que «l'histoire des sanctions occidentales a beaucoup appris à la Russie» et que celle-ci avait commencé bien avant les événements en Ukraine et le référendum en Crimée, mais par la présence sur le territoire russe d'Edward Snowden.

«La réaction géopolitique de principe consiste dans le fait qu'au cours de ces années nous nous sommes persuadés que nos partenaires occidentaux, les membres de l'Union européenne compris, n'étaient pas fiables à notre grand regret», a déploré le chef de la diplomatie russe.

Affaire Navalny

Alexeï Navalny a été hospitalisé et placé dans un coma artificiel le 20 août à Omsk, en Sibérie, après avoir fait un malaise à bord d’un avion.

Le 22 août, Navalny a été transféré dans un hôpital à Berlin.

Le 2 septembre, le gouvernement allemand a déclaré qu’il avait été empoisonné par une substance appartenant au groupe des agents toxiques dont fait partie le Novitchok.

Moscou a notamment demandé à Berlin de fournir une réponse substantielle et détaillée à la requête officielle du parquet général de Russie en date du 27 août 2020 avec toutes les données médicales.

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Tags:
sanctions, Sergueï Lavrov, Union européenne (UE)
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